Anthony Lopes est le gardien qui effectue le plus d’arrêts en Ligue 1. Seules quatre équipes encaissent plus de buts que l’Olympique Lyonnais après 13 journées de championnat. Ces deux statistiques sont intrinsèquement préoccupantes pour les Gones. Combinées, elles illustrent une problématique, plus encore qu’une inquiétude : Lyon jouit d’une assise défensive quasiment inexistante.
Dans le détail : l’OL, 7e de Ligue 1 à l'aube du 14e round, a pris 21 buts en 13 rencontres. Soit une moyenne de 1,6 but par match. C’est pire que tous les autres clubs de la première moitié de tableau. L’attaque rhodanienne, bonne sans être excellente, ne compense que partiellement cette carence. Résultat, avec une différence de buts à l’équilibre, les Lyonnais sont les plus mauvais en la matière dans le Top 10 [statistiques valables avant les matches du week-end, dont voici les résultats].
Ligue 1
L'un s'entête, l'autre se raisonne : Bosz-Sampaoli, faux jumeaux, vrai tournant
21/11/2021 À 00:09

En danger… avec le ballon

Comment expliquer une telle fragilité ? La philosophie de Peter Bosz offre une piste de réponse. A priori adaptée aux caractéristiques des artistes que sont Houssem Aouar ou autre Lucas Paqueta, elle réside dans une volonté assumée de maîtriser les événements par le biais de la possession. "J’aimerais avoir le ballon car, comme le disait Johan Cruyff, quand vous l’avez, l’adversaire ne peut pas marquer", déclarait ainsi le technicien néerlandais dans les colonnes de L’Equipe, en juillet dernier.
De ce côté-là, pas de problème. Avec le contrôle du ballon pendant 58% du temps, l’OL est 4e en la matière dans l’élite française (derrière le PSG, l’OM et Monaco). Mais pour que l’avantage ne se mue pas en inconvénient, il faut – outre faire bon usage de la balle – être efficace dans les phases de transition défensive. Un domaine dans lequel Lyon pèche collectivement. De quoi exposer le relatif manque d’explosivité de sa charnière centrale : Jérôme Boateng - Jason Denayer.

Jérôme Boateng lors de Lyon-Strasbourg.

Crédit: Getty Images

Rennes, un cauchemar à part ?

Pour éviter cet écueil, Bosz pourrait envisager de renforcer son milieu de terrain. De rompre durablement avec le 4-2-3-1 qu’il a mis en place à partir de la 3e journée. Mais le pas qu’il a fait en ce sens, disposant son équipe en 4-3-3 il y a deux semaines face à Rennes, a accouché d’un naufrage (4-1). "Cela n’a rien à voir avec la tactique, la stratégie, on était très mauvais", avait-il alors commenté.
Ce soir-là, la défaillance lyonnaise avait pris des proportions cataclysmiques : mauvais alignement, retard dans les duels, apathie des deux côtés du terrain. Sans compter l’état de grâce de l’adversaire. 25 tirs (dont 12 cadrés) à 6 (dont 4) pour le Stade Rennais de Bruno Genesio face à son ex-maison. Ce camouflet a mis en exergue certains défauts de l’OL, mais son ampleur suggère qu’il puisse presque être analysé en marge de ses autres revers.

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Avalanche de buts en fin de match

En revanche, la thèse de l’accident ne tient pas pour la défaite à Nice lors de la 11e journée, malgré son aspect rocambolesque. Lyon avait deux buts d’avance jusqu’à la 80e minute… et a réussi à perdre 3-2 face aux Aiglons. Un écroulement faisant écho à celui du début de saison, face à Clermont (de 3-1 à 3-3 dans le dernier quart d’heure). L’OL ne tient pas la distance.
Au Parc, cela a été moins spectaculaire, mais tout aussi cruel, avec le but de la victoire de Mauro Icardi à la 90e+3 (2-1). Dans le Chaudron aussi, c’est au bout du temps additionnel que les Lyonnais ont fini par céder, concédant le nul à leur grand rival stéphanois à l’issue d’un but sur penalty de Wahbi Khazri (1-1). Sept buts encaissés dans le money time, pour huit points envolés.

Mauro Icardi lors de PSG-OL / 6e journée de Ligue 1 21-22

Crédit: Getty Images

Record de rouges et de penalties

D’où provient cette incapacité à terminer le travail ? Bosz a pointé du doigt les expulsions à répétition de ses joueurs, alors que celle de Tino Kadewere a pesé sur l’improbable épilogue niçois : "Cela commence, à mon avis, avec les cartons rouges. C’est trop, je n’ai jamais vu ça." Avec cinq joueurs invités à rejoindre les vestiaires prématurément, l’OL est "en tête" de Ligue 1 dans ce secteur.
Autre classement dont Lyon occupait une peu enviable position de leader jusqu’à Monaco-Lille, ce vendredi : celui des penalties encaissés. Quatre, sur les quatre concédés à ses rivaux. Un double "facteur indiscipline" qui est, sans doute, autant une cause qu’une conséquence des maux lyonnais. Et qui sera d’autant plus scruté dimanche lors de la réception de l’OM (4e), tant l’"Olympico" s’est imposé comme un grand rendez-vous de la Ligue 1, avec l’atmosphère explosive qui va avec.

Les joueurs de l'OL contestent le carton rouge donné à Tino Kadewere lors de Nice-OL / Ligue 1

Crédit: Imago

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