"Je sens qu’on progresse de match en match. J’ai presque vu notre match référence". Toute la nuance tient dans le "presque". En bon perfectionniste qu’il est, Peter Bosz ne peut définir une défaite comme un match à marquer d’une pierre blanche. Et pourtant. Dimanche, face au PSG, l’OL a sans doute livré son match le plus convaincant dans le contenu proposé, face à une opposition qu’il ne recroisera pas de sitôt, sans certains joueurs cadres (Dubois, Dembélé) ou d’autres encore en rodage (Boateng, Shaqiri voire Aouar). Bref, aucun point mais le début d’un quelque chose qui peut en rapporter beaucoup.
Parmi les satisfactions ? La perspective d'une charnière Boateng-Denayer franchement impressionnante quand l’Allemand tournera à plein régime, des jeunes qui ne dénotent pas dans le paysage (Gusto, Cherki, Diomandé) ou un arrière-gauche de métier qui change déjà beaucoup de choses. Mais c’est surtout le milieu lyonnais qui a impressionné. Ce trio Bruno Guimarães - Maxence Caqueret - Lucas Paqueta n’a rien de nouveau mais a tout pour souffler la concurrence en L1.

4 titularisations la saison passée

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Rien de nouveau et pourtant presque inédit. Car, sous Rudi Garcia, les trois hommes n’avaient que rarement été associés. Sur les 37 matches disputés la saison passée par l’OL avec Lucas Paqueta dans ses rangs, seulement 4 avaient démarré avec ce trio titulaire. La "faute" à un Thiago Mendes très utilisé l’an passé et à un Houssem Aouar souvent aligné dans ce milieu à trois.
L’arrivée de Peter Bosz combinée aux envies de départ de Thiago Mendes ont rebattu les cartes dans ce secteur riche en talents. Le grand gagnant s’appelle ainsi Bruno Guimarães. Le Brésilien, si brillant dans ses premiers mois lyonnais, avait laissé la place à son ombre la saison passée : un milieu neutre, souvent en retard et rarement influent. Depuis le début de saison, il est redevenu la plaque tournante de l’OL, l’homme qui oriente systématiquement les actions vers l’avant, qui sert de rampe de lancement (ce renversement pour Toko Ekambi…) et qui s’offre même des chevauchées dont il a le secret. "La saison dernière, j’ai été blessé, et il s’est aussi passé des choses que je n’ai pas aimées, avait-il expliqué après son match plein face à Strasbourg dans une allusion à peine voilée à son ancien entraîneur. Cette année, le coach me transmet beaucoup de confiance. Je sais qu’il compte sur moi".

Gameiro à la lutte avec Guimaraes

Crédit: Getty Images

Tellement que Bosz a décidé de placer le curseur très haut concernant son homme de base. Après la victoire face aux Alsaciens, il avait jugé sévèrement le match de son poulain malgré une passe décisive magnifique pour Moussa Dembélé. "Cette passe de Bruno est extraordinaire sur le but. Mais sinon, il n’a pas été bon en première période, avait lancé le coach lyonnais. Si des joueurs perdent le ballon, je peux l’accepter. Mais pas Bruno, car sa première touche de balle est sa principale qualité. Elle est toujours bonne, mais pas aujourd’hui en première période".

Paqueta, le patron quelle que soit la position

Seul face à la défense, Guimarães laisse ses deux compères de devant s’en donner à cœur joie au niveau du pressing, marqueur très net de la patte Bosz à encore accentuer. Dans ce registre, Lucas Paqueta a confirmé qu’il n’était pas qu’un simple créatif, artiste et buteur à ses heures perdues mais bel et bien un laborieux qui adore le combat. Face au PSG, il a gratté 11 ballons, gagné 23 duels, dont 11 défensifs, et s’est fendu d’un but aussi instinctif que magnifique. Depuis le début de l’année 2021, il est le Brésilien le plus influent statistiquement du Top 5 européen (11 buts, 5 passes). Il est surtout le vrai patron de cet OL, le leader technique et par l’exemple, quel que soit le poste que lui attribue Bosz, d’ailier droit à milieu offensif axial.

"Paqueta, c'est Kanté et Pogba à la fois"

Dernier larron du trio, Maxence Caqueret continue de gagner en épaisseur. Son sens du pressing, peut-être sa qualité première, et sa simplicité de jeu en font le joueur le plus complémentaire des deux Brésiliens de l’OL. Mais pas forcément le plus régulier, en atteste son déchet technique rare mais parfois dangereux face aux Rangers ou au PSG. Il n’empêche, s’il parvient à rester concentré sur 90 minutes, son style est 100% Bosz compatible, comme il l’expliquait en juillet dernier au Progrès : "C'est l'une de mes forces de ne pas lâcher, de répéter les efforts. On est une équipe qui se doit de presser, et pour un milieu comme moi, cela a son importance".

Le dilemme Aouar, l’inconnue physique

Si vous avez bien suivi, il manque un poids lourd au casting. De ce trio, Houssem Aouar est absent. Entré face au PSG, le Français souffre du rendement statistique de Paqueta qu’il ne peut égaler et de l’abattage de Caqueret qui n’a jamais vraiment été dans son ADN. Pourtant, il continue de beaucoup jouer. Car se priver de son potentiel créatif serait préjudiciable à long terme. Un Aouar qui carbure, c’est l’assurance de matches bien plus faciles pour l’OL.
Alors, Bosz tâtonne, comme à Glasgow où il a tenté Aouar en troisième milieu et Paqueta ailier droit. Point fort : la connexion entre les deux se fait naturellement. Point faible : elle limite la zone du Brésilien, bien plus impactant dans l’axe. Alors, dans un effectif dépourvu d’ailier de métier, la solution de voir Aouar sur l’aile gauche pourrait faire sens, surtout avec Emerson dans son dos.

Aouar

Crédit: Getty Images

Reste à tenir la distance dans une saison où la Ligue Europa sera énergivore et où les solutions au milieu sont rares. Bruno Guimarães et Lucas Paqueta vont avoir les mêmes problèmes que les stars du PSG dans leur gestion des trêves internationales, Maxence Caqueret est un membre important de l’équipe de France Espoirs tandis qu’Houssem Aouar rêve de revenir chez les grands.
La mission du Néerlandais se jugera aussi sur cet aspect. Car en termes de qualité, de quantité et de complémentarité, le milieu lyonnais n’a pas grand-chose à envier au reste du championnat. Comme au temps de sa grandeur passée, l’OL a décidé de baser à nouveau son jeu sur son empreinte au milieu de terrain. Et, vu les premiers signes, il y a fort à parier que c’est une bonne idée.
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