Jorge Sampaoli charrie avec lui tout un tas de légendes. Ses équipes seraient loco, irrationnelles, elles auraient le sens du spectacle et le déséquilibre comme point commun. Sauf qu'en se penchant sur la saison de l'OM, on se rend bien compte que la caricature n'a pas toujours grand-chose à voir avec ce qu'il se passe sur le terrain. Marseille a traversé des phases furieuses et excessives certes. En début de saison et depuis quelques jours notamment. Mais entre les deux, en schématisant, Marseille s'est assagi et a gagné ses galons de candidat sérieux au podium en tempérant sa fougue. La bascule s'est opérée après la trêve d'octobre, quand le technicien argentin a revu ses plans : "Il nous a dit: 'ce n'est pas normal qu'on prenne des buts. Quand les gens disent qu'on en prend beaucoup, ça m'énerve.' Depuis ce discours, on en prend beaucoup moins", a raconté William Saliba fin janvier sur RMC.
Depuis une dizaine de jours donc, le carcan a de nouveau volé en éclats. Pour le meilleur, avec la soirée de timbrés face à Angers (victoire 5-2 après avoir été mené 0-2 en 15 minutes). Et pour le pire, avec la défaite renversante contre l'OL (2-1) et l'humiliation subie à Nice (4-1), deux matches où l'OM avait ouvert le score avant d'être enseveli par l'ardeur adverse et d'être pris, en somme, à son propre jeu. Au coeur de ce double OM, un secteur déclenche tout : la défense. Longtemps meilleure arrière-garde de Ligue 1, Marseille s'est appuyé sur cette solidité pour arracher des matches avec les dents à Bordeaux (0-1), à Strasbourg (0-2), à Nantes (0-1) ou face à Troyes (1-0) par exemple. Mais quand sa défense explose, généralement, Marseille implose. En encaissant huit buts lors de leurs trois dernières sorties, les hommes de Sampaoli se sont rudement compliqués la tâche.
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Galtier : "Je savais qu'il y avait des failles"

Comment expliquer que Marseille ait replongé dans ses errements du début de saison ? Jorge Sampaoli est forcément coupable. A Nice en Coupe de France, l'Argentin avait opté pour une composition aussi inédite que déconcertante, alignant quatre défenseurs centraux (Saliba, Caleta-Car, Balerdi, Peres). "Je savais qu'il y avait des failles dans la défense de l'OM, a expliqué le coach des Aiglons, Christophe Galtier, après la rencontre. J'ai vu ce qui s'est passé lors de la première période contre Angers. J'ai travaillé sur les points faibles de Marseille et sur nos points forts. Après, la défense de Marseille, c'est le problème de leur entraîneur."
Il ne fallait pas être devin ou sortir de Saint-Cyr pour appuyer sur les côtés où Peres et surtout Saliba, latéraux de fortune, ont souffert le martyr, mangés par la vitesse de Justin Kluivert notamment. "L'idée était de neutraliser leurs attaquants. Mais les absences de Boubacar Kamara et Pape Gueye (l'un suspendu, l'autre de retour de la CAN gagnée avec le Sénégal, ndlr)... Cela a été une difficulté face à une équipe comme Nice qui met beaucoup de pression", s'est défendu Sampaoli vendredi. Ajoutez à cela les quelques erreurs individuelles de Balerdi à Nice, de Caleta-Car à Lyon et de Saliba lors des trois dernières sorties pour comprendre la fébrilité retrouvée des Marseillais.

William Saliba devant les joueurs de Lyon, dépité

Crédit: Imago

Des analyses de café du commerce
"Ces trois derniers matches, nous avons fait des erreurs, et ils ont profité des occasions que nous leur avons données. Ce n'est pas une question de système, c'est juste une mauvaise période pour nous. Mais je ne pense pas que ce soit inquiétant", a tenté de relativiser Duje Caleta-Car, le défenseur croate de l'OM. Simple mauvaise passe ou vieux démons qui ressurgissent ? Jorge Sampaoli a préféré ironiser : "il y a une semaine nous étions la meilleure défense d'Europe, aujourd'hui nous serions la pire. [...] Tout ça, ce sont des analyses de comptoir au café du commerce. En fait, tout dépend du jeu. Quand on a le contrôle, l'équipe s'impose, et quand elle ne s'impose pas, ne met pas de pression, le résultat est là." Il semblerait que le technicien argentin n'aime pas être confronté à sa caricature…
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