Lille traverse la fin de l'automne dans un curieux paradoxe. Les Dogues ont trouvé tout le mordant qui leur faisait défaut sur la plus grande scène, celle de la Ligue des champions. Leur succès mardi face à Salzbourg (1-0), le deuxième d'affilée après celui brillamment acquis à Séville (1-2), les a replacés à la 1re place de leur groupe et en position de force pour une qualification en 8es de finale. Le contraste n'en est que plus saisissant avec la scène nationale, où le champion de France reste sur cinq matches sans victoire. Sa pire série de la saison, sanctionnée par une 12e place au classement.
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Au moins, le défi des Nordistes est assez simple à définir avant la réception de Nantes samedi : réaliser en Ligue 1 les mêmes performances en Ligue des champions. "On peut et on doit surfer sur ce succès (face à Salzbourg, NDLR), résumait l'entraîneur Jocelyn Gourvennec vendredi. Quand on est capable de faire un match aussi solide que mardi, on doit montrer qu’on peut le rééditer. On a des prestations complètes en Ligue des champions. On doit faire la bascule en Ligue 1, on doit être capable d’être solide, dur défensivement et efficace sur toute la durée d’un match. C’est ce qui nous manque."

La défense : deux scènes, deux ambiances

La solidité défensive, c'est le symbole du paradoxe lillois. Contre Salzbourg, les Nordistes ont préservé leur cage inviolée pour la deuxième fois sur leurs trois dernières sorties en Ligue des champions. Ils n'ont concédé qu'un seul but sur cette période, lors de leur victoire à Séville (1-2). En championnat, Lille ne parvient pas à afficher la même imperméabilité. Le LOSC a encaissé 7 buts sur ses 5 dernières sorties et n'a pas réussi de "clean-sheet" depuis le 16 octobre dernier et la réception de Marseille (2-0).

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Cet écart de performance explique en grande partie les difficultés lilloises en championnat. Le club nordiste n'a que la 12e défense de Ligue 1 cette saison avec 21 buts encaissés en 14 journées. Alors qu'il avait justement bâti sa réussite de la saison passée sur la solidité de son secteur défensif, avec 23 buts concédés en 38 matches. Ce qui faisait sa force hier fait aujourd'hui sa faiblesse. Et le départ de son dernier rempart, Mike Maignan, n'explique pas à lui seul le phénomène. Car Lille est encore capable de bien défendre sans lui. Il le prouve en C1, avec seulement 2 buts encaissés en 5 matches.

L'autre défi : tenir la distance

Ce n'est pas rare quand un club doit s'employer sur plusieurs fronts. La Ligue des champions est une compétition énergivore, tant sur le plan physique que mental, et les conséquences se font régulièrement sentir en championnat. "On sait que la C1 est un très haut niveau, reconnaît Gourvennec. Mais il ne faut pas croire que la Ligue 1 nous permet d’être plus relâchés. C’est un championnat exigeant, tous les matchs sont durs. On a besoin de retrouver, sur la durée d’un match, le mental et l’efficacité."

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Tenir sur la durée, c'est l'autre problème de Lille en championnat. A Paris (2-1), comme contre Angers (1-1) ou Monaco (2-2), les Dogues ont concédé des buts dans les dix dernières minutes de chaque rencontre. Ils ont ainsi abandonné cinq points sur leurs trois derniers matches pour ne pas avoir tenu la distance. Et cela n'est pas sans conséquence au classement. Car avec ces cinq points, le LOSC serait aux portes du Top 5 et totalement impliqué dans la course à l'Europe. Et pas dans le ventre mou, avec seulement… cinq points d'avance sur le premier relégable.

Exigence et concentration

Si le contraste lillois entre la Ligue des champions et la Ligue 1 paraît si criant, il repose surtout sur ces détails qui font une si grande différence. C'est d'abord une question d'état d'esprit. Des vertus que les Dogues n'ont manifestement pas oubliées en Ligue des champions, et dont ils ont beaucoup plus de mal à se souvenir quand il s'agit de revenir au quotidien du championnat. "L’exigence et la concentration sont fondamentales, souligne Gourvennec. On doit les avoir pour profiter de nos bonnes périodes. On a besoin de ça pour retrouver des points."
C'est peut-être tout ce qu'il manque aux Lillois. Tout ce qui peut leur permettre de faire fructifier un secteur offensif en progrès. Si l'ensemble reste encore perfectible, les Dogues commencent enfin à montrer un peu de mordant à l'image de Jonathan David, meilleur buteur de L1 avec 10 réalisations et encore décisif mardi face à Salzbourg (1-0). Le Canadien est le meilleur guide possible pour conduire Lille vers les hauteurs du classement. Comme en Ligue des champions. Mais seulement si les Nordistes affichent enfin les mêmes vertus en Ligue 1 qu'en Europe.
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