Il y avait plein de bonnes raisons de se réjouir de cet OL – OM. Le duel Paqueta-Payet, l'affrontement tactique entre deux entraîneurs aux intentions délicieuses (Bosz et Sampaoli), la réaction de Lyon après l'humiliation à Rennes, celle de l'OM après le nul face à Metz et puis, cette rivalité incandescente. Après trois minutes et cinquante-huit secondes de jeu, tout a été balayé par la bêtise d'un supporter. La belle affiche du dimanche est devenue un mauvais remake. Encore une fois, Dimitri Payet fut pris pour cible. Une bouteille remplie d'eau lancée à pleine vitesse et sur la tête du Réunionnais, bras en croix durant de longues minutes, a fait basculer la soirée dans le dégoût.

Quelles sanctions après OL-OM ? "Cette fois, la Ligue n'a pas le droit de se tromper"

Ce dimanche à 20h48, la Ligue 1 a touché le fond, une première fois. Elle a atteint un point de non-retour. Un joueur a été empêché d'exercer son métier, son intégrité physique a été atteinte et personne ne sait quelles seront les conséquences à court, moyen ou long terme pour le capitaine marseillais. C'est aujourd'hui l'incident de trop dans une escalade qui mènera nécessairement la Ligue 1 dans le mur. D'abord parce que l'événement est, cette fois, trop grave. Sur l'échelle de la bêtise, les supporters de l'OL - même si tous ne sont évidemment pas responsables, loin de là - ont décroché le pompon. Ensuite parce qu'il touche l'une des trois plus grandes affiches de la saison et qu'il faut, de fait, en faire un exemple. Parce que l'image a déjà fait le tour de l'Europe et que la Ligue a, là, l'occasion d'en faire un cas de jurisprudence.
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3'58" après le début du choc OL-OM : Payet reçoit une bouteille sur la tête et s'effondre

Soirée grotesque

Trop, c'est trop. En trois mois, de Montpellier à Nice, de Saint-Etienne à Lens, ce sont cinq matches qui ont dû être interrompus pour des jets de bouteilles, de fumigènes et/ou des envahissements de terrain. L'agression de Dimitri Payet est la goutte d'eau. La LFP aura-t-elle les reins assez solides et les idées assez claires pour prendre les sanctions qui s'imposent et arrêter l'escalade ? Le déroulé de la soirée laisse assez peu d'espoirs. La gravité des évènements nécessitait une forme d'union sacrée. Quand un joueur subit une pareille agression, c'est ainsi que cela aurait dû se passer.

Dimitri Payet touché par une bouteille

Crédit: Getty Images

Mais les atermoiements de ce dimanche ont ajouté du grotesque et de la confusion à une soirée interminable. Un joueur a été touché dans sa chair mais les acteurs de la soirée ont hésité, deux heures durant, pour savoir s'il fallait reprendre la rencontre. Le match n'aurait jamais dû reprendre mais le speaker a annoncé le contraire à 22 heures. Les Lyonnais ont même redémarré leur échauffement alors que la LFP, dans le même temps, accouchait d'un communiqué où elle condamnait cette décision tout en prenant grand soin de s'affranchir de toute responsabilité dans cette affaire. On se souviendra que le laxisme, voire la lâcheté, de la Ligue et de sa commission de discipline depuis le début de saison a diffusé l'idée d'un pouvoir faible qui laisse le champ aux pires bêtises. A elle, désormais, d'être exemplaire.

Laxisme, lâcheté et pas d'union sacrée

Quand, finalement, tout est rentré dans l'ordre, Jean-Michel Aulas a plaidé, chez nos confrères de Prime Video, l'"acte isolé" avant de s'en prendre à l'arbitre de la rencontre Ruddy Buquet, qui a pris "seul la décision de ne pas faire reprendre la rencontre", et de s'étonner de la réaction "vigoureuse" des Marseillais de ne pas vouloir reprendre la partie. Plus tard encore, la préfecture s'en est mêlée dans des tweets qui ont remis en cause les déclarations de Ruddy Buquet ("Ma décision sportive a toujours été de ne pas reprendre le match").
Ni la LFP ni les pouvoirs publics ni l'arbitre ni l'OL n'ont voulu endosser la responsabilité de cette soirée ubuesque, se renvoyant la patate chaude. Au fond, peu importe le(s) coupable(s) dans cette affaire. Pour l'union sacrée, on repassera. Le boss de l'OL a défendu sa chapelle dans un soir qui réclamait de la prise de hauteur. Mais depuis quelques mois, dès qu'elle sort de la pelouse, la Ligue 1 vole au ras des pâquerettes alors même qu'elle offre peut-être son meilleur spectacle depuis bien longtemps. Quel gâchis…
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