À Marseille, le terrain donne toujours une idée assez claire de ce qui se passe en coulisses. Dimanche dernier, face à Lille (1-1), l'OM a encore démontré qu'il n'avançait pas aussi vite qui le devrait. La veille, la direction olympienne apprenait qu'il lui serait impossible de recruter des joueurs durant les deux prochaines fenêtres de mercato, ce qui donnerait un sérieux coup de frein au projet mis en place sous l'ère McCourt. Encore un.
Sanctionné en raison d'un différend avec Watford, où Pape Gueye avait signé un pré-contrat quelques semaines avant de s'engager à l'OM, le club phocéen va désormais devoir jouer aux équilibristes, bien que les dirigeants olympiens laissent filtrer beaucoup d'optimisme autour de cette affaire.
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Rappelons, tout de même, que Pablo Longoria n'avait même pas débarqué au club lorsque l'arrivée de l'ancien milieu de terrain du Havre a été nouée. Précisons, aussi, que le recours déposé auprès du Tribunal arbitral du sport ne sera pas obligatoirement suspensif. Et que s'il l'est, le problème pourrait être repoussé aux deux fenêtres de transferts suivantes. Ce qui n'arrangerait pas forcément les affaires marseillaises.

L'OM a soigné sa pelouse avant de réparer ses fondations

Depuis cinq ans et demi et l'arrivée de Frank McCourt aux commandes de l'entité phocéenne, l'OM n'a cessé de payer les mauvais choix de son passé proche. Les grands investissements réalisés pour attirer de grands noms (Payet, Strootman, Luiz Gustavo, Rami), avant même de corriger le déficit structurel du club, ont finalement coûté plus cher qu'ils n'ont rapporté.
Longtemps mené par une direction trop inexpérimentée pour assumer un projet de cette envergure, l'OM a confié sa stratégie sportive à des entraîneurs influents qui, par définition, ne pouvaient offrir une vision à long terme. Rudi Garcia a guidé Marseille vers une finale de C3. André Villas-Boas a ramené l'OM en C1. Mais contrairement à de rares exceptions parmi quelques autres clubs des grands championnats européens, ni l'un ni l'autre n'était destiné à s'installer durablement sur le banc olympien.

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Il y a tout juste un an, après le départ d'Andoni Zubizarreta et au moment d'annoncer le sien, AVB avait annoncé un "nettoyage total" : "L'année prochaine sera l'année zéro pour le club, il faudra recréer de bonnes bases pour la suite."
Après quatre ans d'argent dépensé - 221 millions d'euros au total - pour une stratégie floue, le club phocéen doit désormais vivre avec le processus inverse. La compétence est montée d'un cran, et même de deux, puisque Pablo Longoria, dont la connaissance du terrain et du marché est déjà prouvée, a rapidement pris la tête du club après en avoir été le "directeur du football".

Longoria, pieds et poings liés... avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête

Sa relation avec Jorge Sampaoli, entraîneur qu'il a choisi, est intacte, et la complémentarité des deux hommes permet de répondre aux besoins de l'effectif : l'Argentin pointe les manques, l'Espagnol les comble. Tant bien que mal. Rapide et efficace pour boucler les dossiers, comme il l'a de nouveau démontré cet hiver en signant Cédric Bakambu et Sead Kolasinac en quelques jours, Longoria bricole pieds et poings liés. Il était déjà contraint de négocier au millier d'euros près - on force à peine le trait - pour pouvoir inscrire de nouveaux joueurs sans se faire taper sur les doigts par la DNCG.

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Le gendarme financier du foot français encadre depuis plusieurs mois la masse salariale et les indemnités de mutations de l'OM, après l'explosion du déficit, passé de 42 millions d'euros en 2017 à au moins 100 millions d'euros - voire 150 selon certaines estimations, les bilans officiels n'ayant pas encore été publiés - la saison dernière. Ce fut notamment l'une des raisons pour lesquelles Amine Harit a dû patienter avant de pouvoir être inscrit, en septembre.
Comme si la tâche n'était pas encore assez complexe, Longoria doit désormais anticiper les besoins de l'OM, afin d'éviter que l'interdiction de recrutement à venir ne paralyse encore le club. Certains paramètres, capitaux, sont encore illisibles : la manne financière de la qualification pour la Ligue des champions est très loin d'être acquise. Et les 10 millions d'euros de préjudice réclamés par Watford pourraient également peser lourd, même si le montant finira probablement par être négocié. Le président marseillais, qui a convaincu Arsenal de libérer Kolasinac de ses six derniers mois de contrat avant d'engager le Bosnien, est donc très loin d'en avoir fini avec les négociations serrées.

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