Souleymane Diawara, quand on vous évoque le match Lyon-Marseille de novembre 2009 (5-5), quels sont les premiers souvenirs qui vous viennent en tête ?
Souleymane Diawara. : Le premier souvenir qui me vient est qu'on a mangé cinq buts dans la gueule. Ensuite, on s'est pris une soufflante par Didier Deschamps, qui n'est pas un coach qui parle beaucoup pour ne rien dire. S'il prend la parole, c'est efficace. Et là, c'était la première fois que je le voyais aussi énervé. Pour les spectateurs et les téléspectateurs, c'était un très beau match, le spectacle était magnifique même, mais en tant que joueurs, et surtout nous les défenseurs, quand tu prends cinq buts dans les dents, c'est tout sauf un spectacle.
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Quels ont été les mots de Didier Deschamps à la fin du match dans le vestiaire ?
S.D. : Je ne me souviens plus exactement des mots qu'il avait employés. Il nous avait un peu insultés et rentrés dedans. Les murs avaient tremblé. Il avait dit que c'était "un manque de professionnalisme", "une faute grave". Il a parlé à toute l'équipe mais quand tu es défenseur, tu te sens visé. Nous, on baissait la tête. Quand tu mènes 4-2 à Lyon jusqu'à la 80e minute, tu ne peux pas faire ça. On avait la maîtrise du match et au lieu de conserver le score, on a voulu en mettre un cinquième. Malheureusement, on s'est fait contrer.
C'est facile à dire maintenant mais je sentais qu'il allait se passer un truc en fin de rencontre
Certains observateurs disent que c'est le plus beau match de l'histoire de la L1. Partagez-vous cet avis ?
S.D. : Pour moi, en tant que défenseur, non. Après que ce soit ma famille ou mes potes, tous ont kiffé le match. Les buts s'enchaînaient, on gagnait, on perdait, on est revenu en fin de match... Il y avait du suspense jusqu'au bout et le but de Stéphane Mbia (ndlr : accordé à Jérémy Toulalan contre son camp). C'est facile à dire maintenant mais je sentais qu'il allait se passer un truc en fin de rencontre et là bim égalisation à la dernière seconde. A ce moment-là, c'était la folie. On arrachait un point à Lyon, un concurrent direct pour le titre. Honnêtement, les deux équipes auraient mérité de gagner cette rencontre. Après est-ce que c'est le plus beau match de l'histoire de la Ligue 1 ? Je ne sais pas. Je me souviens aussi du Marseille-Montpellier (5-4) de 1998 qui avait été pas mal du tout.
En face, il y avait de très bons joueurs avec Lisandro Lopez, Bafétimbi Gomis, Michel Bastos, Sidney Govou ou Miralem Pjanic. Lequel vous a mis le plus en difficulté ?
S.D. : Contre Lyon, c'était toujours compliqué. Après individuellement, Sidney Govou était "relou" parce qu'il courait partout et pressait tout le monde. C'était difficile pour les défenseurs. Bafé aussi car il avait une protection de balle de fou. C'est un joueur puissant. Lisandro, on connaissait sa malice. S'il récupérait le ballon dans la surface et qu'il le cadrait, tu savais que tu étais mort. Techniquement, c'était fort aussi.

Souleymane Diawara, au duel avec Lisandro Lopez, lors du match mythique OL-OM 2009 (5-5).

Crédit: Imago

En début de match, Lyon ouvre le score par l'intermédiaire de Miralem Pjanic (3e). Puis vous égalisez (11e) sur corner, à la suite d'une faute de main d'Hugo Lloris...
S.D. : Effectivement, je place ma tête après un corner et Hugo Lloris a du mal à bloquer la balle. Je ne sais pas s'il s'est troué mais l'essentiel était qu'on marque le but. Sur l'ouverture du score de Lyon, je suis mal placé et je devais me rattraper. Quand je marque, je suis plus rassuré qu'heureux d'avoir trouvé le chemin des filets.
Pensez-vous que ce match est un premier tournant dans la conquête du titre de champion de France de l'OM ?
S.D. : Non, pas encore. Ce match a eu lieu en novembre, c'était trop tôt dans la saison. Je dirais plutôt que le réveil après le match perdu face à Montpellier (0-2) en janvier 2010 a été un tournant.
Outre ce match de 2009, quelle rencontre face à l'Olympique Lyonnais vous a particulièrement marqué ?
S.D. : Il y a cette défaite (1-4) en novembre 2012 au Vélodrome. Ça avait été chaud. A Marseille, quand ça va pas et que les supporters commencent à te siffler, ce n'est pas pareil que si tu es dans un autre club.
Si Dimitri Payet continue comme ça, il n'y a pas de raison qu'il ne retourne pas en équipe de France
En mai 2014, vous avez encore trouvé le chemin des filets face à l'OL, au Vélodrome cette fois-ci, pour une victoire (4-2)...
S.D. : C'était un coup-franc excentré et j'ai coupé la trajectoire du ballon de la tête au deuxième poteau. Je m'en souviens très bien de ce match-là, c'était ma dernière saison avec l'OM. Sur cette action, c'était encore Dimitri Payet à la baguette. Son pied, c'est une main. Il met la balle où il veut. Je ne suis pas surpris de le voir encore performer à Marseille. Quand il est arrivé en 2013, il a eu besoin d'un temps d'adaptation, mais aucun joueur n'a douté de lui. A l'entraînement, il faisait des choses... c'était incroyable. Malheureusement, ça ne passait pas en match au début. Maintenant, qu'il est en confiance, il fait beaucoup de bien à Marseille. Depuis son arrivée, il a largement progressé techniquement, tactiquement. Là, il est au top du top. C'est un truc de fou ce qu'il fait.
Mérite-t-il de revenir en équipe de France ?
S.D. : Franchement, je pensais qu'il allait être convoqué pour les matches du mois de novembre. Mais bon, s'il continue comme ça, il n'y a pas de raison qu'il n'y retourne pas.
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