Il est arrivé en terrain conquis. Après un Bruno Genesio contesté par ses supporters, un Sylvinho dépassé par les évènements et un Rudi Garcia jamais vraiment adopté, Peter Bosz avait le champ libre, le vent dans le dos et l'aval de tous en interne et en externe. Pour la première fois depuis des années, l'identité de l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais n'était plus un sujet. Bosz devait ramener la grande Europe en même temps qu'une certaine idée du jeu dans un club sevré de résultats et d'émotions.
Après 17 journées, et même si Lyon compte un match en moins dont on ne sait toujours pas s'il se rejouera un jour, le constat est très loin des attentes. Lyon est 10e à six points du podium et s'il ne faut jamais céder à la fatalité alors que l'hiver démarre tout juste, rien pour le moment n'annonce un printemps radieux.Jusqu'où se prolongera l'indulgence pour un coach qui a toute sa responsabilité dans ce début de saison raté ? Ses conférences de presse et interviews sont passionnantes, ses idées sont emballantes, l'OL est parfois enthousiasmant (notamment en Ligue Europa ou lors de la défaite ingrate au Parc des Princes en septembre) mais le tableau global dessine une équipe en insécurité qui subit plus qu'elle ne dicte.

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L'idée directrice de Bosz, le pressing intensif, n'est visiblement pas partagée par tous à Lyon et il n'y a rien de pire qu'un demi-pressing ou mal organisé. Parce qu'il expose alors tout le collectif. Mi-novembre, Lyon était l'équipe qui concédait le plus de tirs cadrés dans le top 5 européen. Ce ne fut pas le cas face à Reims mais Anthony Lopes, qui tient son équipe à l'endroit depuis le début de saison, a flanché au plus mauvais moment.

Des idées qu'il a visiblement du mal à transmettre

Bosz a plein d'idées mais soit il n'arrive pas à les transmettre soit ses joueurs ne sont pas convaincus. Ce qui revient à peu près au même. Le problème, c'est qu'il est un de ces entraîneurs dogmatiques dont la marge d'adaptation est très mince. Pourtant, quelque chose cloche, c'est une évidence. Lyon a concédé 23 buts en 15 matches joués en Ligue 1. Son pire total depuis… la saison 1982/1983, un temps où l'horizon de l'OL pointait plus vers la Division 2 que vers l'Europe. Toujours très honnête dans ses analyses, le coach n'a pas épargné ses joueurs et son équipe mercredi : "C’était très mauvais ce soir, on ne mérite pas de gagner, il faut être honnête là-dessus. Dès le début de match, on n’a pas bien joué et c’est un moment difficile."

Peter Bosz, entraîneur de l'Olympique Lyonnais

Crédit: Getty Images

Extrêmement difficile puisqu'il intervient quelques jours après une humiliation en prime-time à Rennes (4-1) et une victoire à Montpellier, privé de Savanier (ce qui diminue tout de même le pouvoir de nuisance du MHSC), au cours de laquelle l'ancien coach de l'Ajax lui-même avouait que son équipe avait "mal joué". "Bien sûr que ça m’inquiète, a-t-il lâché mercredi. Il faut être honnête, ce n’est pas qu’une question de prendre trois points. On doit mieux presser et mieux jouer." Si ce n'est pas qu'une question de points, Bosz affiche tout de même la deuxième pire moyenne de points pour entraîneur de l'OL au XXIe siècle (1,46/match). Seul Sylvinho (1 point/match) fait pire alors même que l'ambitieux recrutement de l'été malgré la perte de Memphis Depay laissait espérer beaucoup mieux.

Coup de canif vers le recrutement et soutien d'Aulas

Forcément, de telles situations sont sujettes aux premières fissures dans la belle harmonie. Et quand il a fallu parler de Shaqiri qui n'a plus joué le moindre match depuis Rennes hormis une titularisation face à l'OM, Bosz a mis un premier coup de canif au recrutement de l'été : "Là où je trouve qu’il joue le mieux, c’est dans l’axe. Là où on a Houssem et aussi Paqueta, qui jouent plutôt sur le côté droit. On a plusieurs joueurs avec les mêmes qualités." Une semaine après avoir vu son directeur sportif, Juninho, poser sa démission anticipée pour la fin de l'année, l'OL voit désormais son entraîneur sur la sellette.
Jean-Michel Aulas, très discret sur son cas et celui de son directeur sportif depuis le début de saison, l'a soutenu publiquement sur Twitter ce qui donne une idée du degré de crise à Lyon : "Je prends les paris : l'OL avec Peter sera au rendez-vous." JMA n'est pas un grand consommateur d'entraîneur et il n'est pas dit que l'avenir à court terme du coach de l'OL soit menacé. Mais la lune de miel n'aura pas duré bien longtemps et s'il ne redresse pas la barre rapidement, le divorce sera plus qu'une option.
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