Ronald Zubar, est-ce que la date du Classique est la première chose que vous avez regardée à votre arrivée à l'OM à l'été 2006 ?
Ronald Zubar. : Oui, je pense. Ce Classique est toujours un match attendu. Tous les joueurs ont envie de le jouer, même si cette rivalité, c'est avant tout un enjeu entre supporters. Après à l'OM, tous les gens qui travaillent au club sont des supporters donc ils nous en parlaient souvent. Tandis que les entraîneurs restaient concentrés sur le match suivant. Car à Marseille, l'objectif est de gagner chaque week-end. Mais c'est vrai qu'à trois semaines, un mois de la rencontre, tout le monde ne parlait que du PSG.
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Pour votre premier PSG-OM, en septembre 2006, vous avez gagné 3-1 au Parc des Princes. Comment avez-vous vécu cette rencontre ?
R.Z. : Ce n'est pas donné à tout le monde d'aller gagner au Parc des Princes. A Paris, c'était toujours compliqué. A cette période, le PSG se cherchait. La saison d'avant, il y avait eu l'histoire des minots qui avaient arraché le nul (0-0). Les Parisiens s'étaient pas mal faits chambrer. Donc, forcément, on nous attendait au tournant, on nous prédisait l'enfer. Mais nous, on s'est pris au jeu. Personnellement, j'étais très excité surtout que ce match est arrivé rapidement dans la saison. En plus, l'OM avait bien commencé le championnat. Finalement, on réalise un gros match là-bas. C'était ma deuxième rencontre au Parc (ndlr : son premier match était PSG-Caen en août 2004, 2-2) et j'y restais invaincu. J'avais aussi ça dans un coin de la tête.
Ce soir-là, Franck Ribéry et Mamadou Niang ont réalisé une grosse prestation...
R.Z. : Franck, il faisait la différence quasiment tout le temps. Ce match-là a renforcé sa notoriété. Il avait franchi un nouveau cap. Les gros matches, Franck n'attendait que ça. Il répondait toujours présent d'ailleurs. Dans le vestiaire, avant la rencontre, il avait dit : "les gars, n'ayez pas peur de me chercher, donnez moi le ballon, je vais faire la diff'". Ce soir-là, Franck leur avait mis la misère. Il valait mieux l'avoir dans son équipe. En plus, il arrivait à se trouver les yeux fermés avec Mamad' (Niang), qui "drivait" les choses devant et montrait l'exemple.

En 2006, Franck Ribéry avait ébloui le choc PSG-OM par son talent.

Crédit: Imago

Six mois plus tard, par contre, le PSG a pris un point à Marseille (1-1, en 2007). Quels souvenirs gardez-vous de votre premier choc au Vélodrome ?
R.Z. : Je me souviens de notre déception à l'issue de ce match. Quand tu mènes face à Paris, tu es déçu de ne pas prendre les trois points. Surtout que le PSG n'avait pas eu beaucoup d'occasions ce jour-là. Dans l'environnement, on sentait la tension. Il fallait sortir les dents. Contre le PSG, il y avait toujours beaucoup d'engagement. Mais ça n'avait pas été haché non plus comme lors des années 90. D'ailleurs, ce n'était pas le jeu prôné par Albert Emon, puis Eric Gerets ensuite. Après, ça venait surtout des tribunes, avec certaines chansons...
Boudewijn Zenden était monté sur une boîte publicitaire et puis d'un coup, on l'a vu tomber
En tant que défenseur, quel joueur parisien vous a procuré le plus de difficultés ?
R.Z. : Pedro Miguel Pauleta. Il était très, très intelligent dans son jeu. Il se plaçait parfaitement entre les lignes. Il était toujours bien positionné et se faisait oublier comme il le fallait. Quand on est défenseur, on n'aime pas rencontrer ce genre d'attaquant. Lorsque le joueur d'en face arrive toujours à s'éloigner, se libérer, c'est toujours plus compliqué. Il y avait aussi Jérôme Rothen avec son pied gauche. Malgré son air nonchalant, quand ça partait, c'était souvent une galette.

L'OM peut-il accrocher le PSG en Ligue 1 ?

Quels joueurs marseillais arrivaient souvent à tirer leur épingle du jeu lors de ces matches face au PSG ?
R.Z. : Lorik Cana. Il avait vraiment une place à part à Marseille, par rapport à ce qu'il dégageait. Son histoire avec l'OM avait d'ailleurs démarré avec un but lors du Clasico (ndlr : en 2005). Je trouvais qu'il reflétait bien la mentalité marseillaise. Il arrivait à emmener tout le monde dans son sillage sur et en dehors du terrain. En 2009 aussi, Boudewijn Zenden avait marqué au Parc des Princes, il était monté sur une boîte publicitaire et puis d'un coup, on l'a vu tomber (rires). Je m'échauffais parce que j'allais rentrer. Ça nous a fait rigoler mais ça aurait pu être dangereux.
Si tu n'as pas le caractère et l'engagement avant de rentrer sur le terrain face au PSG, c'est sûr que tu perds le match
Quel est, en revanche, votre pire souvenir lors de ce choc de la L1 ?
R.Z. : La défaite 4-2 à domicile en 2008. En plus, ça faisait plusieurs années que le PSG n'avait plus gagné chez nous (ndlr : 2004, en Coupe de la Ligue). Ce revers a mis du temps à passer. A part ce match-là, je ne garde que des bons souvenirs face à Paris. C'était une période où les matches étaient relativement équilibrés entre les deux équipes. Aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de monde qui gagne face au PSG.
Entre Albert Emon et Eric Gerets, quel entraîneur prenait le plus ce Classique à coeur ?
R.Z. : Albert. Il est plus olympien, presque supporter dans l'âme. Il nous demandait particulièrement d'avoir de la grinta. Son discours était plus engagé. Quant au coach Gerets, il se basait plus sur un plan de jeu. Après lors de ces matches-là, forcément, la motivation, tu l'as. Si tu n'as pas le caractère et l'engagement avant de rentrer sur le terrain face au PSG, c'est sûr que tu perds le match.

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