Il y avait de quoi à être surpris à la lecture des noms des joueurs convoqués par Lionel Scaloni en équipe d'Argentine ce jeudi. Pas forcément par rapport à la pléiade de jeunes figurant dans la liste du sélectionneur argentin pour deux chocs face à l'Uruguay et au Brésil en qualifications du Mondial 2022. Surtout pour la présence de Lionel Messi et Leandro Paredes, deux cadres blessés de l'Albiceleste dont le PSG doit actuellement se passer. Messi n'a manqué que le match à Leipzig (2-2) mercredi et sa convocation peut éventuellement se comprendre. Celle de Paredes, beaucoup moins, même s'il va finalement rester à Paris selon les déclarations de Mauricio Pochettino vendredi.
Le milieu argentin était rentré blessé du dernier rassemblement de sa sélection en octobre. Touché au quadriceps, il squatte l'infirmerie du PSG depuis un mois et n'a jamais fait partie du groupe de Mauricio Pochettino sur cette période. Si la blessure de l'ancien Romain a connu une évolution positive selon les communiqués médicaux publiés par le club de la capitale, elle devait cependant l'éloigner des terrains jusqu'à cette trêve internationale de novembre. Son forfait pour les prochains matches de l'Argentine semblait acquis. Scaloni en avait donc décidément autrement avant de se résoudre à laisser le joueur à la disposition du PSG.
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Le milieu le moins utilisé

Paredes est en effet l'une des pièces maîtresse du système mis en place par le sélectionneur argentin. C'est le cas depuis sa prise de fonction après la Coupe du monde 2018 et cela s'est confirmé depuis le début de la saison. Le milieu parisien a démarré quatre des cinq matches disputés par l'Albiceleste sur cette période (il était suspendu face au Venezuela) pour un temps de jeu total de 328 minutes. Il est plus de deux fois supérieur à celui qu'il a obtenu au PSG depuis la reprise. Sur les 17 matches joués par Paris, Paredes n'a disputé que 150 minutes.

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L'Argentin est tout simplement le milieu le moins utilisé par Mauricio Pochettino cette saison au PSG. Ander Herrera (1 007 minutes), Idrissa Gueye (875 minutes), Danilo Pereira (823 minutes), Georginio Wijnaldum (734 minutes) et Marco Verratti (526 minutes) ont tous eu un temps de jeu supérieur au sien parmi ses principaux concurrents pour une place dans l'entrejeu parisien. Mais même Rafinha (220 minutes), qui n'entre pourtant pas vraiment dans les plans de Pochettino, et le jeune Junior Dina Ebimbe (163 minutes), dans un rôle de "réserviste des réservistes", ont joué davantage que lui.

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Une évolution tactique défavorable

Le constat est d'autant plus troublant que Paredes s'était affirmé comme l'un des hommes de base du milieu du PSG depuis l'arrivée de Pochettino en janvier dernier. Le technicien argentin avait ainsi titularisé son compatriote pour tous les matches de Paris en Ligue des champions sur la deuxième moitié de la saison passée, à l'exception du déplacement sur le terrain du Bayern Munich (2-3) pour lequel Paredes était suspendu. Le joueur de 27 ans avait endossé un rôle bien plus important que sous les ordres de Thomas Tuchel. Sa disparition des radars n'en est que plus surprenante.

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Il y a éventuellement un paramètre tactique pour expliquer le phénomène. Au milieu, Pochettino mise davantage sur le volume de courses de ses joueurs, pour un pressing plus intense et une couverture du terrain plus importante, que sur la relation technique du binôme Verratti-Paredes comme c'était le cas sur ses six premiers mois à Paris. Même en pleine possession de ses moyens physiques, l'Argentin n'aurait pas forcément un temps de jeu aussi conséquent que la saison passée dans un secteur plus concurrentiel avec l'arrivée de Wijnaldum l'été dernier.

Un profil précieux… surtout en ce moment

Mais la raison principale de ce changement radical semble surtout liée à la méforme du joueur et aux blessures dont il a été victime cette saison. Ses sollicitations en équipe d'Argentine n'y sont pas étrangères. Comme beaucoup de joueurs parisiens, Paredes n'a entamé sa préparation que tardivement après avoir participé à la Copa America. Gueye et Herrera n'ont pas connu cette contrainte et Pochettino a pu s'appuyer sur le Sénégalais et l'Espagnol en début de saison. Performants, ils en ont profité pour gagner du temps de jeu au détriment de l'Argentin.
Paredes n'a ainsi pas été en mesure de trouver son rythme, ni ses automatismes dans une équipe qui a sensiblement changé l'été dernier. Et le PSG en souffre. Le profil de l'Argentin pourrait être précieux dans une période où l'équipe parisienne souffre dans les sorties de balles quand le pressing adverse se fait plus intense, surtout en l'absence de Verratti, lui aussi blessé. Il serait aussi un repère bienvenu pour son compatriote Lionel Messi, qui tarde encore à donner la pleine mesure de son talent dans sa nouvelle équipe. L'Argentine profite pleinement de cette connexion. Pas le PSG. Et c'est autant paradoxal que problématique.
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