Pour la troisième fois de son histoire, l'OL mise sur un entraîneur étranger. Après Vladimir Kovacevic (1981-82) et Sylvinho (juillet à octobre 2019), Peter Bosz va donc s'assoir sur le banc des Gones. Sans pour autant arriver en terrain inconnu. Car l'entraîneur néerlandais de 57 ans a déjà foulé les pelouses du championnat de France. Entre 1988 et 1991, Peter Bosz, reconnaissable à l'époque par sa coupe à la Joël Bats, a porté le maillot de Toulon. Et s'y est même totalement imposé. Rolland Courbis, qui l'a eu sous ses ordres avec le SCT, n'en garde que des souvenirs positifs.
"A l'époque, on nous avait signalé deux bons joueurs aux Pays-Bas : John Lammers, un attaquant pas très technique mais agressif et combatif, et Peter Bosz, se souvient le consultant RMC. On avait pris les deux... Peter est arrivé avec une discipline exemplaire : jamais en retard, toujours à l'écoute, quand tu lui expliquais un truc, il comprenait mieux que certains joueurs français. Il s'est adapté de façon extraordinaire et exemplaire. Personnellement, j'étais époustouflé."
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Un vrai professionnel qui ne laissait rien au hasard en match, à l'entraînement et en dehors
Au bout de "3 ou 4 mois", l'arrière latéral néerlandais, qui pouvait aussi évoluer en défense centrale voire au milieu du terrain, maîtrise suffisamment la langue de Molière pour s'imposer en tant que leader du groupe toulonnais. "Ce n'était pas un grand déconneur dans le vestiaire, nous confie Frédéric Meyrieu, l'ex-milieu de terrain passé par la formation varoise (1990-1993). C'était plus un joueur discret avec une bonne mentalité. Il était toujours à encourager, à rassurer quand un joueur loupait un gesteet n'hésitait pas à se rapprocher des jeunes, dont je faisais partie à l'époque, pour les aiguiller sur le terrain. Il m'aidait sur le placement ou des choix tactiques. C'était un vrai professionnel qui ne laissait rien au hasard en match, à l'entraînement et en dehors. Quand je voyais ce type de joueur, ça me donnait envie de faire pareil."

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Peter Bosz, passé par Vitesse Arnhem et Waalwijk (Pays-Bas) avant d'enfiler la tunique Jaune et Bleu, a également réussi à appréhender le contexte toulonnais de l'époque. Un jeu dur, rigoureux, le tout porté par le public bouillant de Mayol. "Dans cette équipe, il fallait mouiller le maillot, et lui mettait tous les ingrédients pour ça", décrypte l'ex-Messin. Un avis partagé par Rolland Courbis. "Je le trouvais viril. Il voulait gagner, y compris les petits jeux à l'entraînement. Après, il était loin d'être le seul au sein du groupe", sourit le technicien.
Aux côtés des Antoine Kombouaré, Miguel Pineda, Franck Passi, Philippe Thys, Eric Péan, Jacques Songo'o ou Luc Borrelli, Peter Bosz n'arrive pourtant pas à hisser le Sporting Club de Toulon au-delà du milieu de tableau de 1re division. Miné par des problèmes financiers, le club varois est relégué en 1993. Deux ans auparavant, le Néerlandais avait déjà quitté le navire. "On n'a pas été payé pendant quelques mois. Lui ne comprenait pas que ça puisse se passer comme ça. Je pense que cela a pu peser dans son choix de partir", raconte Frédéric Meyrieu.
Si Peter n'était pas devenu entraîneur, ça m'aurait étonné
Trente ans plus tard, Peter Bosz revient en France dans le costume d'entraîneur. Une reconversion tout à fait logique selon Rolland Courbis. "Il se posait déjà toutes les questions que se posent un entraîneur : son positionnement, à quel moment effectuer le pressing, la position des latéraux quand on a le ballon... A chaque fois, il venait me voir en démarrant ses phrases de la façon suivante : 'Eh coach, vous pensez pas que ?' Et très souvent, ses questions étaient intéressantes", se remémore-t-il, avant d'établir un parallèle avec Zinédine Zidane.

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"Parmi tous les joueurs que j'ai entraînés, beaucoup sont devenus entraîneurs. Certains en avaient la vocation, d'autres non. L'une des plus grosses surprises pour moi, c'est Zizou, poursuit l'ex-technicien de Bordeaux. Je ne l'aurais pas vu entraîner une minute. Mais il s'est métamorphosé, il est devenu moins timide. Par contre, si Peter n'était pas devenu entraîneur, ça m'aurait étonné."

Peter Bosz lorsqu'il jouait à Toulon.

Crédit: Imago

Passé sur le banc de l'Ajax Amsterdam (2016-17), Dortmund (2017) et du Bayer Leverkusen (2018-2021), Peter Bosz est-il l'entraîneur qu'il faut à l'Olympique Lyonnais pour renouer avec la Ligue des champions ? "Je pense qu'il a les épaules pour s'imposer à l'OL, souligne son ex-partenaire toulonnais. S'il s'adapte comme quand il était joueur, ça devrait bien se passer. Les ego du vestiaire ? Il est intelligent, parle bien français. Il part déjà avec un avantage." "Jean-Michel Aulas m'a appelé pour me dire que c'était pratiquement fait et je lui ai confirmé que c'était une très bonne idée", révèle Rolland Courbis.
"Je ne vois pas pourquoi il ne s'imposerait pas à l'OL, renchérit-il. Il a quand même plus de chances de réussir que s'il avait un effectif moyen. Le connaissant, il a dû regarder des vidéos 24h/24, se renseigner sur le caractère de tous les joueurs et organiser des traditionnels tête à tête. Pour ça, je ne me fais pas trop de soucis." Place désormais à la vérité du terrain pour Peter Bosz.

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