C'est sûrement ça prendre un coup de vieux. Revoir des images vieilles de quinze ans, avoir l'impression que c'était hier, ou presque, céder à la nostalgie avant d'accepter ce qui s'impose à nous : ceci n'arrivera plus. Ce lundi de Pâques 2022 aura été un jour mélancolique où les souvenirs ressassés par les réseaux sociaux ont rappelé ce que le foot avait perdu. Voilà quinze ans que l'adolescent Lionel Messi s'offrait la réplique du but du siècle de Diego face à Getafe. Sept adversaires dans le vent, une chevauchée de cinquante mètres, des jambes de feu et l'impression que le monde lui appartient déjà.
Non, ceci n'arrivera plus. L'évidence existait déjà mais résonne un peu plus fort encore en cette année 2021-2022 franchement décevante pour la Pulga. Certains pourraient avancer que 8 buts et 13 passes décisives pour un joueur de 34 ans qui découvre un nouveau club est un bilan honorable. C'est trop vite oublié l'écart abyssal avec ses statistiques habituelles quand il portait le Barça au bout de ses pieds soyeux. La comparaison par rapport au Messi de la saison 2019-2020, pourtant moralement atteint en début de saison, illustre ce gouffre statistique.
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Dans toutes les catégories offensives, hormis les passes décisives, le Messi de Paris est en retrait assez net par rapport au Léo de Barcelone :
  • Buts marqués par match (0,27 versus 0,79)
  • Tirs tentés par match (3,1 versus 5,7)
  • Tirs cadrés par match (1 versus 2,8)
  • Passes clés par match (3 versus 3,7)
  • Centres réussis (25% contre 40%)

Rendez-vous manqués successifs

Mais ces chiffres si parlants ne disent pas tout. Pour toucher au cœur de ce que symbolise Messi cette saison au PSG, il fallait être au Parc des Princes dimanche pour le match face à l'OM (2-1). 22e minute : l'Argentin se joue de Gerson et obtient un coup franc parfaitement placé pour un spécialiste dans son genre. Jusqu'ici timide, le Parc se décide naturellement à pousser.
Des "Messiiiii, Messiiiii, Messiiii" dignes d'un Camp Nou qui attend son sauveur descendent des tribunes. Ce doit être, a minima, une grosse occasion. Au mieux, un moment à même d'embraser une soirée franchement ronronnante. C'est finalement une frappe qui s'envole dans le ciel parisien, un public qui se rassoit poliment, un joueur qui met sa tête dans son maillot de dépit et un nouveau rendez-vous manqué entre deux entités qui ne se sont pas encore trouvées.

Le dépit de Lionel Messi face à l'OM

Crédit: Getty Images

Alors que l'OM représentait le dernier match d'ampleur de sa première saison parisienne, quelle image retenir ? Quel match fondateur ? Son but sensationnel face à Manchester City (2-0) a longtemps agi en mirage sur ce que pourrait donner son association avec Kylian Mbappé. Pour le reste ? Son triplé de passes décisives à Saint-Etienne malgré un match franchement indigne de son talent ? Ses doublés face à Leipzig ou Bruges ? Ses multiples matches anonymes ? Non, ce qui restera, c'est ce penalty raté lors de l'aller face au Real Madrid et cette incapacité à peser sur le destin d'une équipe qu'il devait prendre en main vers les sommets.

Sans Mbappé, quelle place pour lui ?

Alors, la suite, c'est quoi ? L'enjeu de l'été parisien ne peut négliger la place laissée à Messi dans le futur onze, sans doute privé de Kylian Mbappé, à moins d'un retournement de situation inattendu. Cette saison, les meilleurs matches de la Pulga auront été dans l'axe, souvent en l'absence de Neymar qui sera lui encore là en août prochain.
Les deux amis n'ont que trop peu synchronisé leur niveau cette saison, laissant jaillir de réels doutes quant à leur complémentarité dans l'animation. Reste que sa relation avec Marco Verratti a parfois offert des sorties de balles ahurissantes de facilité au PSG et c'est sans doute dans cette voie que l'entraîneur parisien de la saison prochaine devra insister.
Pour le reste, ce sera à lui de retrouver ce qui a fait sa magie, ce qui constitue sa légende. Ce petit supplément d'âme, ce petit coup de rein envolé, ces gestes signatures jamais vraiment aperçus du côté du Parc. Car le temps a beau abîmer quelque peu ses capacités physiques, il ne l'empêche pas de régaler avec l'Albiceleste (5 buts en 9 matches). Quitte à être déjà nostalgique de Messi, autant l'être jusqu'au bout.

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