Pour Pablo Longoria, il est déjà temps de (re)faire ses preuves. Patron de l'Olympique de Marseille depuis un peu moins d'un an, l'Espagnol avait passé un premier test, l'été dernier, au moment de faire jouer ses réseaux pour rebâtir l'équipe. Particulièrement attendu sur le plan du recrutement, sa spécialité, le dirigeant avait réussi son premier mercato. Corrects à défaut d'être brillants, les résultats sportifs du club ont, pour l'instant, validé la stratégie de l'ancien directeur sportif. Mais les semaines à venir et les prochains mois vont permettre de le juger sur un exercice différent. Et un peu plus périlleux.
Doué pour trouver des solutions à court terme et augmenter le niveau moyen de son effectif, Longoria va désormais devoir se montrer habile et créatif pour ne pas subir le revers de la médaille. Lors de son premier mercato avec les pleins pouvoirs, la patron de l'OM avait exploité tous les ressorts pour satisfaire son entraîneur, Jorge Sampaoli, avec lequel il communique très régulièrement.
Ligue 1
Onana, le gamin géant qui continue de grandir
IL Y A 13 HEURES
Financièrement, il n'avait gardé aucune marge de manoeuvre, investissant une cinquantaine de millions d'euros pour boucler des transferts secs (Gerson, Luan Peres, Konrad de la Fuente, Bamba Dieng), et lever des options d'achat (Pol Lirola, Leonardo Balerdi). Stratégiquement, il avait aussi et surtout largement profité des prêts, payants (Pau Lopez, Cengiz Ünder) ou non (Guendouzi, Saliba, Harit).

Ndombele intéresse-t-il vraiment Paris ? "Le PSG ne vise jamais des joueurs décotés"

À mi-saison, le champ des possibles apparaît plus restreint. La masse salariale et les indemnités de mutation du club phocéen sont toujours surveillées de très près par la DCNG, le gendarme financier des clubs professionnels. Frank McCourt, qui ne cesse de mettre la main à la poche pour combler une partie de l'important déficit structurel (60 millions sur l'exercice précédent) de l'entité phocéenne, a réclamé au président une entrée d'une trentaine de millions d'euros sur ce seul mercato d'hiver.

Un chantier en défense... et des trous cet été ?

Autrement dit, Marseille doit vendre à prix marchand et recruter à prix coûtant, tout en prenant soin de garder un équilibre, puisque Longoria comme son entraîneur, Jorge Sampaoli, tiennent à ce que tous les postes restent doublés. Sportivement, Marseille a des besoins urgents. "Derrière, on cherche pour le flanc gauche le pendant de Pol Lirola mais aussi un axial gauche similaire à Luan Peres", examinait le technicien espagnol. Jordan Amavi prêté avec option d'achat à Nice, la direction olympienne pourrait s'offrir l'expérimenté et polyvalent Sead Kolasinac si Arsenal se décide à le libérer à six mois de la fin de son contrat.
Alvaro Gonzalez poussé dehors selon nos confrères de L'Equipe, le secteur défensif devrait donc vite devenir un vaste chantier. En juin prochain, William Saliba - l'un des meilleurs Marseillais cette saison - retournera à Londres. Et Duje Caleta-Car a retrouvé une valeur marchande intéressante depuis qu'il bénéficie de la confiance de son entraîneur.

Saliba : "Je suis prêté à l'OM mais je fais comme si j'étais là pour de longues années"

Capitaux pour l'OM, les prêts risquent vite de laisser des trous dans l'effectif... et dans les caisses. Les options d'achat de Pau Lopez (12 millions d'euros), Mattéo Guendouzi (11 millions) et Cengiz Ünder (8,5 millions) étant quasiment automatiques, le club phocéen abordera l'été prochain avec une belle ardoise, de plus de 30 millions d'euros, même si tous ces montants pourraient être lissés sur plusieurs années afin d'alléger les bilans comptables. D'autres bonus, liés aux arrivées de Gerson (jusqu'à 4 millions d'euros selon L'Equipe) et de Lirola (6,5 millions d'euros) pourraient alourdir la balance.

Milik, le cas obscur

Longoria n'a donc pas droit à l'erreur de casting, et Sampaoli à l'accident de parcours. La qualification pour la prochaine Ligue des champions, via le championnat, a une nouvelle fois un pouvoir de vie ou de mort sur l'énième projet de l'ère McCourt. La gestion du cas Boubacar Kamara, qui n'a toujours pas prolongé son contrat à l'OM, et désormais libre de s'engager avec le club de son choix, pourrait être décisive.

Une opération à 180 millions : Vlahovic vaut-il toutes ces folies ?

Dario Benedetto sur le point de rentrer en Argentine pour une bouchée de pain, les autres prêtés Nemanja Radonjic et Kevin Strootman ne devraient pas remplir les caisses puisque leurs aventures au Portugal (Benfica) et en Italie (Cagliari) ont tourné court. Et hormis Caleta-Car, avec qui il sera de toute façon bien difficile de dégager une éventuelle plus-value (il avait débarqué pour 19 millions d'euros en 2018), seul Bamba Dieng dispose d'une valeur marchande intéressante.
Longoria a peut-être d'ores et déjà anticipé une future vente du Sénégalais, en se précipitant sur l'ancien Sochalien Cédric Bakambu. À moins que le Congolais soit en réalité le successeur d'Arkadiusz Milik, dont on ne sait toujours pas s'il appartient enfin à l'OM. Ou si son départ l'été prochain est déjà programmé. Garder le secret, c'est une autre spécialité de Pablo Longoria.

Pablo Longoria, le président de l'OM

Crédit: Imago

Ligue 1
Lopez, il n'y a plus vraiment de débat
IL Y A 13 HEURES
Ligue 1
"C’est un killer face au but" : Ekitike, la nouvelle bombe inattendue du foot français
IL Y A 13 HEURES