C'était à craindre. Avec une préparation très tendue, une méthode vraisemblablement contestée et des performances insuffisantes en présaison, Igor Tudor pouvait s'attendre à un drôle d'accueil du public marseillais. Cela n'a pas manqué. Quand le speaker a dit son nom à l'annonce de la composition des équipes, une bordée de sifflets assourdissante est descendue des travées du Stade Vélodrome. Pas de quoi mettre le successeur de Jorge Sampaoli sur le banc olympien dans les meilleures conditions pour sa première en Ligue 1 face à Reims.
Tudor, lui, n'a rien entendu. C'est du moins ce qu'il a assuré après la rencontre quand il a été questionné au sujet de cette bronca pourtant très bruyante. "Je ne les ai pas entendus, parce que j’étais intérieur, a affirmé le technicien croate en conférence de presse. Mais les supporters ont toujours raison, on joue pour eux. Il n’y a pas de football sans supporters." "Moi je fais mon travail, je donne le meilleur, avait-il déjà avancé quelques minutes plus tôt sur Prime Vidéo. Je suis heureux d'être ici. Le plus important, c'est le match et ce qu'il s'est passé sur le terrain."
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C'est bien sur la pelouse que son équipe a renversé le public marseillais, même si c'est surtout Tudor qui avait stigmatisé son hostilité avant le match. Intensité dans le pressing, engagement dans les duels, esprit de conquête, verticalité, largeur et talent individuel : l'OM a mis tous les ingrédients pour faire plier Reims dans une première période maîtrisée et ravir ainsi ses supporters. "Je suis content car c'était une victoire nette et méritée, s'est réjoui Tudor. La première période m'a beaucoup plu, on a bien pressé et c'était une bonne application de ce qu'on a travaillé à l'entraînement."

"La pression, c'est notre vie"

Tout n'a pas été parfait cependant. Marseille est apparu beaucoup moins fringant après la pause. Il a été davantage mis en difficulté par une équipe rémoise mieux organisée et moins passive. Et il lui a fallu le doublé de sa recrue Luis Suarez en sortie de banc pour se mettre à l'abri d'un retour des Champenois. Tudor n'a pas manqué de le souligner. "Je voulais que ça continue en deuxième période, j'aurais voulu qu'on marque encore des buts donc on doit travailler, a-t-il insisté. On doit avoir 90 minutes qui ressemblent à la première période mais on est contents, les joueurs ont vraiment donné ce que je voulais qu'ils donnent."
Que la prestation marseillaise ne soit pas totalement aboutie n'a rien d'illogique. Le club phocéen a dû composer avec la démission de Jorge Sampaoli et son remplacement par un technicien à la philosophie de jeu totalement différente. L'OM a encore du travail pour intégrer tous les principes du Croate. Mais cette entame réussie a donné des signes positifs dans cette optique. Surtout dans le contexte tendu qui accompagnait cette première. "La pression, c'est notre vie, que ce soit pour les joueurs ou l'entraîneur", a reconnu Tudor, qui avait connu celle de la Juventus Turin du temps où il était joueur.
C'est aussi par ses qualités mentales dans ces conditions délicates que son équipe a fait belle impression pour cette première. Elles ont été saluées par un public conquis, qui n'a pas manqué de pousser son équipe et de lui rendre hommage par des chants et des applaudissements nourris au coup de sifflet final. C'est surtout ça que Tudor a retenu du public du Vélodrome. "Je suis content pour l'équipe et pour les supporters, qui ont été extraordinaires aujourd'hui", a-t-il estimé. En espérant un meilleur accueil dans deux semaines face à Nantes. Possible. Mais si Tudor a quelque chose à retenir de sa première, c'est que tout peut changer très vite à Marseille.

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