Gianluigi Donnarumma a toujours été considéré comme un phénomène. Mais il a constamment agrémenté cette flatteuse réputation d'une jolie collection de boulettes. Depuis ses grands débuts chez les professionnels dès ses 16 ans jusqu'à aujourd'hui, le géant de Castellammare di Stabia a appris à grandir avec des toiles plus spectaculaires les unes que les autres. Face à Pescara en Serie A, face à l'Angleterre en Ligue des Nations ou face au Real Madrid en Ligue des champions, il a collectionné les erreurs. Avec un point commun : le jeu au pied.
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Son début de saison en général et ses deux dernières sorties à Haïfa et Lyon en particulier ont remis en lumière ses immenses qualités, sur sa ligne, et son évident défaut, avec le ballon. En Ligue des champions, il a envoyé plusieurs munitions directement en tribunes et, trois jours plus tard, au Groupama Stadium, son jeu au pied l'a contraint à des interventions parfois gaguesques. Comment un gardien de son envergure peut-il connaître de telles difficultés avec la balle ?

Gianluigi Donnarumma (PSG)

Crédit: Getty Images

Manque de maîtrise et de fluidité, problème de coordination et de… pointure

"Il a un problème de coordination, note Christophe Lollichon, ancien entraîneur des gardiens de Chelsea. Avant le dernier Euro, il avait beaucoup travaillé pour gommer ce problème et il était devenu un 11e joueur de champ. Il avait confiance, demandait la balle. Mais il a un problème sur son pied gauche avec un blocage au niveau de la hanche. Les équipes adverses le savent, il est mis sous pression. Le manque de maîtrise et de fluidité apparaît alors directement."

Gianluigi Donnarumma et Sergio Ramos

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"Être gardien du PSG réclame une maîtrise technique très haute parce que vos coéquipiers sont des joueurs de niveau international, rappelle Christophe Revel, ancien entraîneur des gardiens de l'OL ou du LOSC. Ça crée un rapport de force qui met en avant la différence de niveau qui existe. Et puis, sa morphologie n'aide pas. On est moins à l'aise quand on fait comme pointure du 48 plutôt que du 41. Et il faut une musculature adaptée. Or il est massif, pas vraiment svelte. Il faut une coordination générale corporelle. Aujourd'hui, il doit progresser dans le gainage, l'explosivité et la vivacité."
Mais est-ce qu'on demande à Verratti d'être aussi bon que Donnarumma dans les buts ?
Comprendre qu'il est difficile de faire 1,96m et d'avoir la dextérité de Lionel Messi balle au pied. Finalement, Donnarumma toucherait d'abord à ses limites physiologiques quand ses coéquipiers réclament qu'ils soient le premier relanceur. Le PSG peut-il dès lors être aussi ambitieux à la relance avec un gardien aussi inconfortable dans les relances sous pression ? Ou doit-il changer de façon de faire ? "Donnarumma peut progresser mais il doit s'entraîner, au cœur du jeu, au milieu des joueurs en étant mis sous pression dans des jeux de conservation pour améliorer sa première touche, sa prise d'information et de décision", préconise Christophe Lollichon.
Un entraînement spécifique et, peut-être aussi, un changement de mentalité qui s'impose pour Christophe Revel : "Le débat sur le jeu au pied du gardien parisien existe depuis longtemps. Parce que les joueurs ont une telle maîtrise technique… Mais est-ce qu'on demande à Verratti d'être aussi bon que Donnarumma dans les buts ? En L1, Donnarumma peut prendre des risques parce que les Parisiens ont une marge énorme. Mais en C1, cette prise de risque est trop importante."

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Ce fut le cas à Santiago Bernabeu la saison dernière. Une imprudence qui a coûté la qualification du PSG et sans doute sapé la confiance que pouvait avoir l'ancien Milanais en ces relances. "Bien sûr, le cerveau est la locomotive de tout, appuie Revel. Si la tête insère des moments de doute, peu importe le niveau du gardien, il y aura des conséquences."
"Parfois, une erreur peut se produire et pour nous, les gardiens de but, c'est difficile, a avoué Gigio cette semaine sur la Raï. Malheureusement, c'est arrivé en juin (ndlr : face à l'Angleterre), j'ai fait une erreur que je n'aurais pas dû faire mais j'ai travaillé dessus, c'est oublié." Au vu du début de saison, pas certain qu'il ait totalement retrouvé une confiance pleine et entière. La présence de Keylor Navas sur le banc ne doit pas l'y aider non plus. Il sait qu'à la moindre erreur, son statut peut très vite être remis en cause. Et comme, depuis ses débuts, il n'est pas avare en boulettes…
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