Le souvenir est encore vivace, et cela risque de durer. Cela fait pourtant déjà deux ans depuis cette nuit stambouliote que Steven Gerrard n'est pas prêt d'oublier. Un rêve de footballeur qui avait pourtant démarré comme un cauchemar. Pour sa première finale de Ligue des Champions, il a d'abord assisté au naufrage de son équipe, Liverpool, menée 0-3 à la pause par une équipe milanaise remarquable de maîtrise et de réalisme. Les Reds étaient déjà sous terre, mais pas leur capitaine, remotivé par l'attitude des Milanais dans le tunnel menant aux vestiaires. "Des joueurs italiens saluaient leur famille dans les tribunes. Et puis ce rictus narquois sur le visage de Gennaro Gattuso... Je me suis dit "Va te faire f...", décrit le milieu anglais dans son autobiographie. En capitaine, mais surtout en "Scouser", nom donné aux habitants pure souche de Liverpool dont il fait partie, Gerrard sonne la révolte.
Il a passé le quart d'heure de la pause à regonfler ses troupes. A leur marteler que Liverpool pouvait encore remporter ce titre de champion d'Europe, qu'il fallait renverser cette situation pour toute une ville, une nation, dédiée au football. Au retour sur la pelouse, les Anglais sont transfigurés. Comme pour associer le geste à la parole, Gerrard réduit la marque à la 54e et relance les siens. Six minutes plus tard, les Reds avaient égalisé. Avant de remporter le trophée grâce à un Jerzy Dudek impérial lors de la séance de tirs au but.
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Deux ans plus tard, alors que Liverpool s'apprête à retrouver Milan en finale de la Ligue des Champions, le souvenir est forcément bien présent dans l'esprit de Gerrard, même si le joueur, qui fêtera ses 27 ans à la fin du mois de mai, a l'esprit tourné vers le match à venir. "Cette nuit à Istanbul était la meilleure de ma vie de footballeur. J'ai ressenti toutes les émotions possibles lors de cette finale, j'en ai regardé les temps forts un nombre incalculable de fois, écouté tous les commentaires. J'ai gardé tout ce que je pouvais, et j'ai aussi les photos des scènes de liesses à Liverpool quand nous sommes revenus avec le trophée. C'était vraiment une nuit fantastique. Mais c'est du passé. Maintenant je veux qu'on gagne à nouveau à Athènes. Peu importe la manière, même si c'est ennuyeux, même si on gagne 1-0, je prends", explique le milieu international anglais.
Au club depuis 1989
Steven Gerrard ne compte en effet pas en rester là. "C'est vraiment magnifique de gagner une finale, mais en remporter deux procure vraiment une sensation spéciale. C'est la Ligue des Champions, la plus prestigieuse des compétitions, et nous voulons la gagner encore une fois. Nous voulons entrer dans la légende, devenir des héros en rentrant à Liverpool en vainqueur. Nous voulons une nouvelle étoile sur ce maillot", martèle le capitaine de Liverpool, qui porte les couleurs du club depuis qu'il a neuf ans.
Car c'est peut-être ce qui fait d'abord sa force. Si Gerrard figure incontestablement parmi les meilleurs milieux défensifs de la planète, s'il a prouvé à maintes reprises ses facultés à se muer en passeur ou buteur providentiel au moment où son club en avait le plus besoin, c'est surtout son état d'esprit, son dévouement total pour son équipe et son incomparable capacité à fédérer ses troupes derrière lui qui en font un joueur exceptionnel. Au point de se faire couvrir d'éloges, même par ses adversaires. "Il est excellent. C'est la définition même du joueur moderne: il court, il défend, il est bon passeur, bon centreur, il marque des buts. Et surtout, c'est un leader sur le terrain pour Liverpool. C'est le genre de joueur que tout le monde aimerait avoir dans son équipe" , affirme le milieu milanais Kakà, lui aussi victime de la révolte des Reds lors de la finale à Istanbul. Un souvenir que Gerrard aura à coeur de raviver à Athènes.
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