MANCHESTER UNITED - CHELSEA : 1-1 (6-5, a.p.)
Buts : Cristiano Ronaldo (27e) pour Manchester - Lampard (45e) pour Chelsea
Le stade Loujniki de Moscou est entré mercredi 21 mai 2008 dans l'histoire de la Ligue des Champions. Pas pour son architecture ou pour sa pelouse, toute neuve et vite glissante pour les vingt-deux acteurs engagés sur le pré. Non, tout simplement parce que l'enceinte russe a assisté à une véritable bataille, digne de celle qu'avait imaginé la presse internationale. Avec du suspense. De la tension. Des pleurs et de la joie. De l'injustice aussi mais au final un seul vainqueur. Quarante ans après son premier sacre et neuf ans après son deuxième titre en C1, Manchester United a remis le couvert. Dans la douleur mais avec hargne et abnégation.
Car c'est bien là le lot des grandes finales, des grands matches, de l'histoire du football en général. Il ne suffit pas de dominer pour être heureux. Le ballon rond ne récompense pas le vainqueur aux points. Pis, les futurs héros d'un soir ne sont pas forcément ceux que l'on pouvait imaginer. En effet, difficile de concevoir une montée des marches vers la Coupe aux grandes oreilles sans voir le maillot des Blues de Chelsea flotter dans le vent russe. Compliqué en effet lorsque l'on se penche sur le film du match, sur ces 120 minutes de combat livrées sur le pré par les protégés d'Avram Grant. Essien, impliqué dans l'égalisation de Lampard (45e), Drogba, initiateur de la mainmise londonienne en seconde période ou encore Terry, sauveur décisif sur une frappe à bout portant de Giggs (101e), avaient tous la possibilité de se hisser au rang de légendes, marquant de leurs crampons souillés et mouillés l'histoire de Chelsea.
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Manchester au coeur
Au lieu de cela, ces Blues-là devront se contenter de voir leurs adversaires aller soulever le trophée encore si proches d'eux lorsque Drogba (79e) et Lampard (96e) faisaient vibrer quelques instants plus tôt les montants du but de Van der Sar. En guise d'apothéose, c'est la pluie mêlée aux larmes ininterrompues de Terry qui raccompagnera le capitaine londonien, si grand au moment d'enlever ce but tout fait à Giggs, si petit au moment de glisser sur son tir au but décisif. L'international anglais, tout comme Nicolas Anelka d'ailleurs, devra-t-il pour autant se flageller à vie pour avoir failli ? Non. Vu la mainmise de leurs petits camarades, il serait injuste d'imputer la faute à ces deux joueurs-là. Le coaching peu réactif de Grant, pourtant conscient de la domination insolente des siens en seconde période, sera un des axes d'étude sur lequel les dirigeants londoniens pourront se pencher pour analyser ce cruel coup du sort.
Cruel oui car Chelsea a eu les munitions dans le jeu et dans les situations de vérité (Essien, 57e, Drogba, 111e) pour prendre son destin en main. Et ceci en dépit d'un manque de soutien arbitral sur certaines phases de jeu (Malouda, 77e). Inconcevable, non. Manchester, certes dominé passé les quarante-cinq premières minutes, a eu le mérite de s'accrocher à son rêve, conscient des quelques opportunités que pourrait lui laisser son adversaire au fil des minutes. Même lorsque Cech et Terry, tous deux sur leur ligne de but, y allèrent de leur petit exploit. Rester en vie a donc été salutaire pour les Red Devils, bien mieux lors de la prolongation mais incapable d'exploiter l'expulsion pour geste d'humeur de Drogba (116e). Le mental mancunien a été le plus fort et pourtant, il aurait très bien pu craquer suite au tir au but manqué de Cristiano Ronaldo lors de la loterie finale. Au lieu de cela, on a vu des Diables Rouges toujours concentrés, proches de leur prodige portugais, consolant ce dernier au bord des larmes. Nicolas Anelka aurait probablement aimé avoir un tel soutien après avoir failli dans sa tâche.
C'est isolé, dans son coin sur la pelouse russe que l'international français verra MU filer vers le doublé. Cinquante ans après le crash de Munich. Neuf ans surtout après son deuxième titre en C1, finalement assez similaire sur le plan du jeu. Comme quoi, il y a des lois que même le mérite ou l'argent en football ne peuvent régir. Celle du coeur et de la rage. Deux notions qui ont permis à Manchester de rafler l'essentiel cette saison (Premier League et Ligue des Champions). En attendant le sacre doré et individuel annoncé de sa pépite lusitanienne dans quelques mois...
LA DECLA : Avram Grant (entraîneur de Chelsea)
"C'est vraiment très difficile de perdre aux tirs au but. Je ne sais quoi dire, surtout après avoir dominé le match, sauf dans la première demi-heure. Nous avons frappé sur un poteau, sur la transversale, nous avons plus tiré au but qu'eux. Même aux tirs au but, nous avions la victoire en mains mais elle nous échappe. La différence entre la joie et la tristesse tient parfois à un tir au but. John (Terry) n'a rien dit. Il était très triste, a pleuré, mais il est aussi celui qui nous a conduit ici. Il a toujours été présent en vrai capitaine, et a pris la responsabilité de frapper le tir au but."
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