"Mes que un club". Derrière ces quatre mots, un club qui fascine la planète. Sportivement, le FC Barcelone vit les plus belles années de toute son histoire, pourtant glorieuse. Mais cette équipe exceptionnelle n'est que la façade de l'institution qui s'était formée avant la mise en place de son projet de jeu fascinant. Il ne faut pas s'arrêter aux prodiges de Messi, au génie d'Iniesta, à la vista de Xavi, à la grinta de Puyol ou à l'expression collective unique du Barça. S'il a gagné ses lettres de noblesse, c'est grâce à ses valeurs. Celles que ce club connait depuis sa naissance, qu'il a toujours respectées, même dans l'adversité des dictatures qui ont marqué l'histoire du XXe siècle en Espagne. Celles de la Catalogne, dont il véhicule l'identité à travers le globe.
Le premier à avoir énoncé les valeurs du Barça, c'est son fondateur, Joan Gamper. Un club ouvert à tous, sans distinction, destiné à favoriser l'intégration sociale. Une société démocratique, gouvernée pas ses membres. Et une implication totale dans l'identité catalane, résumée dans les paroles de l'hymne du club : "Peu importe d'où l'on vient, un drapeau nous unit dans la fraternité". Au quotidien, cela consiste promouvoir des activités pour le développement de la culture et de la langue catalane. Cette unité se traduit aussi par les oeuvres dédiées au club d'artistes catalans comme Salvador Dali ou Antoni Tapies. Le travail, la solidarité, le respect et la tolérance sont les vecteurs de ces principes qui font du FC Barcelone un club universel, une notion encore renforcée par son partenariat avec l'UNICEF en 2006. Et par cette phrase inscrite au coeur du musée du club : "Ici, les joueurs ont conscience d'être des ambassadeurs d'une manière d'être et d'agir."
"Pour changer les choses, il faut changer l'histoire"
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L'universalité du FC Barcelone se lit aussi dans son football, teinté de culture néerlandaise. L'identité de jeu du Barça a connu ses prémices avec un joueur d'origine hongroise, Laszlo Kubala, dans les années 50. Mais elle a vraiment pris son envol avec  Johan Cruyff, joueur dans les années 70 puis entraineur à la fin des années 80. "Je connais ce club et je ne veux pas que l'histoire se répète. Pour changer les choses, il faut changer l'histoire", avait annoncé le Hollandais volant. Sur le modèle de son ancien club, l'Ajax Amsterdam, il a façonné le Barça qu'on connait à l'heure actuelle, avec des joueurs formés au club et des talents venus de l'étranger. Et un style qui trouve son essence dans le "football total" de Rinus Michels, un jeu ouvert tourné vers l'attaque, basé sur le mouvement, les passes courtes et l'exploitation des ailes. "Avant Cruyff, le Barça jouait en contre-attaque, comme la majorité des équipes. Si on jouait comme ça aujourd'hui, même en gagnant 4-0, le public serait mécontent", explique Francisco Xavier Moreno, employé au Camp Nou et membre des quelques 160 000 socios que compte le FC Barcelone à travers la planète.
La force du Barça, c'est l'ensemble de toutes ses convictions. Avec elles, le club fédère bien au-delà du football. Une idée résumée par Narcis de Carreras, alors président du FC Barcelone, quand il a lancé en 1968 le devenu mythique "Mes que un club." "Parce que ce club essaie de ne pas seulement rechercher les titres. Il essaie de gagner en jouant bien, avec un maximum de propreté et de sportivité, avec des joueurs formés au club qui connaissent les valeurs de cette philosophie. Un club propre qui suscite l'admiration du monde entier, et qui véhicule les meilleures vertus dans le football et dans la vie, entre autres choses", explique Cristian Pulina, blogueur pro-Barça sur yahoo.es. Parfois, les longs discours sont superflus. Une simple rencontre peut suffire. A la penya Collblanc-Sants, à proximité du Camp Nou, le penysta a pris une voix désolée : "On ne vous dira rien de très intéressant. Nous ne sommes pas des socios ici. C'est une penya du Barça, mais nous l'avons créée pour prendre en charge des enfants défavorisés." L'esprit Barça se vit sur et en dehors du terrain.
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