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Avant Lyon - Barça : Battre des gros sur la scène continentale, c'est dans l’ADN de l’OL

Battre des cadors à défaut d’en être devenu un, ou l’ADN européen de l’OL

Le 19/02/2019 à 13:30

LIGUE DES CHAMPIONS - Face au Barça ce mardi (20h45) en 8e de finale aller, l’OL se présente dans la peau de l’outsider ultime. Si la montagne semble si haute, l’idée de voir l’équipe de Bruno Genesio réaliser un exploit n’a rien de farfelu, surtout à domicile. Parce que c’est dans l’identité européenne du club géré par Jean-Michel Aulas.

Les pages n’ont pas encore jauni, certes. Mais le livre européen de l’OL a clairement pris la poussière. On l’a ressorti, évidemment, de-ci de-là à l’occasion de certaines joutes en Ligue Europa. Mais le chapitre Ligue des champions dégageait une forte odeur de renfermé. Sept ans. Sept ans que l’OL n’avait plus mis les pieds en huitième de finale.

À l’époque, ses pieds, justement, s’étaient pris dans le tapis de l’Apoël Nicosie pour l’un des chapitres les moins glorieux de l’histoire lyonnaise récente. Mais s’arrêter au souvenir de cette triste nuit chypriote serait passer à côté de l’essentiel. Lyon en C1, c’est surtout des soirées hors du temps, souvent dans un Gerland incandescent. Des moments d’histoires, heureux ou tragiques, injustes ou miraculeux mais des moments sacrés où la magie de la plus belle compétition européenne opérait à plein régime.

On vous parle d’un temps que les moins de 20 ans peuvent presque connaître. Car avant l’avènement du PSG au sommet de la pyramide française, c’est bien l’OL qui représentait le modèle à suivre pour le football français, mettant la concurrence systématiquement dans le rétro. Essoufflé sur la fin, la faute à des investissements clairement décevants en terme de rentabilité, le schéma lyonnais a pourtant souvent rythmé à lui seul les soirées européennes françaises.

La joie des Lyonnais en Ligue des champions

La joie des Lyonnais en Ligue des championsGetty Images

Les "détails" de la C1

Certes, Monaco a réussi en 2004 ce que Lyon n’a jamais fait en atteignant la finale. Mais niveau régularité, personne n’a su égaler les performances des Rhodaniens. Entre 2004 et 2012, l’OL c’est cinq huitièmes de finale, trois quarts de finale et une demi-finale. Voilà pour la performance pure, statistique, preuve de la régularité, qui semble manquer aujourd’hui, du club dirigé par Jean-Michel Aulas. Mais si l’OL a marqué sa génération, c’est aussi - et surtout - grâce à l’émotion.

Les grands matches se jouent sur des détails. Ces fameux détails, je les ai probablement appris - comme beaucoup de (télé)spectateurs ayant grandi dans les années 2000 - en regardant l’OL se casser les dents saison après saison dans des matches restés dans la mémoire collective.

Ce PSV - OL où Nilmar était fauché dans la surface sans que l’arbitre ne daigne siffler penalty. Ce Milan - OL où l’importance d’avoir un buteur de la trempe de Pippo Inzaghi à ses côtés plutôt que dans le camp d’en face m'a frappé. Ce OL - Roma où j’ai vu l’un des défenseurs les plus réguliers de notre championnat prendre un bouillon pas possible face aux passements de jambes de Mancini.

Voilà pour les détails. Ceux qui ont constitué un frein quasi-définitif au rêve prononcé à haute voix par Jean-Michel Aulas, année après année, de soulever un trophée européen. Un rêve encore existant tant que l’OL est encore en course, mais dont la probabilité a clairement chuté ces dernières années.

Pippo Inzaghi jubile face à Grégory Coupet

Pippo Inzaghi jubile face à Grégory CoupetGetty Images

Lyon n’a pas réussi à devenir grand… alors il les a battus

Au fond, le boss lyonnais a raté son pari : celui de faire de Lyon un grand d'Europe. Personne ne vous dira au début de la Ligue des champions que l’OL fait partie des géants à surveiller. Mais la démonstration à l’aller à l’Etihad Stadium, face au Manchester City de Pep Guardiola (1-2) l’a rappelé : ce club a l’Europe dans le sang. Cette capacité à se hisser à la hauteur de l’événement, à oublier ses soucis domestiques pour se transcender au niveau supérieur. Un paradoxe eu égard au modèle économique si froid imaginé par Jean-Michel Aulas et à la réputation de la ville et de ses habitants, pas connus pour leurs excès. Mais la génétique, ça ne se s’explique pas.

Lyon en Ligue des champions, c’était ça : un coupeur de tête. Le Real Madrid, si souvent victime du bourreau lyonnais, ne dira pas l’inverse. Le club rhodanien n’a pas réussi à devenir grand, alors il les a battus. Le Bayern Munich, l’Inter Milan ou Liverpool en ont aussi fait les frais tandis que Manchester United ou même le Barça, même s’ils n’avaient pas perdu, n’avaient pas passé une soirée de tout repos dans un stade Gerland en fusion. Les coups francs de Juninho, les parades de Coupet ou Lloris, les interventions de Cris ou Caçapa, la talonnade de Carew, le but de Pjanic, les fulgurances d'Anderson, le flip-flop de Fred suivi de sa célébration tétine, la mi-temps exceptionnelle face au Real, le doublé de Govou face au Bayern ou le 7-2 face à Brême : Lyon en C1, c’est tout ça à la fois.

Renouer avec son ADN, voilà ce que l’OL doit avant tout faire ce mardi dans un Groupama Stadium qui va vivre son premier rendez-vous majeur en C1. Les Depay, Ndombele, Aouar ou Lopes savent dans quels pas ils doivent marcher : ceux des gloires lyonnaises passées. Ceux qui ont permis à Lyon de se faire un nom et une réputation sur la scène européenne. Mais tout cela, ça s’entretient. Histoire de pouvoir à nouveau sortir la plume et laisser respirer un livre qui n’aurait jamais dû être abandonné aussi longtemps.

Vidéo - Le Parc OL espère à son tour vibrer : notre Top 5 des soirées européennes à Gerland

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