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Etoile Rouge-Paris (1-4), l'antisèche : Ce PSG n'est pas encore prétendant, mais il est différent

L'antisèche : Ce PSG n'est pas encore un prétendant, mais il est déjà différent

Le 12/12/2018 à 08:33Mis à jour Le 12/12/2018 à 08:39

LIGUE DES CHAMPIONS - Le Paris Saint-Germain a signé un éclatant succès dans l'antre de l'Etoile Rouge de Belgrade (1-4) pour se qualifier pour les huitièmes de finale et terminer à la première place de son groupe. Cette victoire a confirmé la montée en puissance de la formation de Thomas Tuchel dans la phase de poules. Et, surtout, des progrès évidents dans les domaines où il avait des lacunes.

Le jeu : Paris leur a fait vivre l'enfer

L'enfer était promis au PSG dans l'antre du Marakana. Mais c'est plutôt l'Etoile Rouge qui l'a vécu. Comme face à Liverpool, les Parisiens ont parfaitement négocié leur entame de match. Ils ont étouffé les Serbes avec ce pressing infernal qui avait déjà fait plier les Reds. Ils ont multiplié les mouvements à la récupération du ballon pour exploiter leurs qualités de vitesse et porter rapidement le danger dans la surface adverse. Et malgré un manque d'efficacité dans le dernier geste, ils ont su prendre un break d'avance pour concrétiser cette entame de rêve.

Paris a eu un creux dans le premier quart d'heure de la seconde période. Comme à Naples. Et il n'a pas su le gérer en concédant un but. Comme à Naples. Mais ce PSG a su faire le nécessaire pour que la suite de l'histoire ne soit pas la même qu'en Italie. L'équipe de Thomas Tuchel a repris le fil de son jeu pour signer un dernier tiers de match abouti, avec deux nouveaux buts pour se mettre définitivement à l'abri, et signer une large victoire qui lui donne la première place du groupe. Sur un terrain où Naples et Liverpool étaient restés muets. Ce n'est pas une mince performance.

Les joueurs : Signé Mbappé-Neymar

Il n'avait pas vraiment affiché son meilleur rendement dans les matches face à Liverpool et Naples. Kylian Mbappé était attendu à Belgrade. Il a répondu présent. Inarrêtable, l'attaquant parisien a été impliqué sur les deux premiers buts de son équipe avant d'inscrire le dernier. Cette victoire porte sa marque. Et celle de Neymar. Le Brésilien s'est offert un but plein de classe avant de peser de tout son talent sur la seconde période, pour conserver le ballon, obtenir des fautes ou délivrer une passe décisive à Mbappé. Ce duo est l'argument principal du PSG. Il l'a prouvé à Belgrade.

Kylian Mbappé et Neymar

Kylian Mbappé et NeymarGetty Images

Mais la performance parisienne ne doit pas être réduite au talent de ses deux attaquants. Elle est l'œuvre d'un collectif au sein duquel il ne faut pas oublier Edinson Cavani, auteur de l'ouverture du score et toujours irréprochable dans le repli. Ou Thiago Silva, déterminant sur de nombreuses situations chaudes. Ou Marquinhos, encore impeccable dans un rôle difficile à tenir entre la défense et le milieu, et récompensé de son match remarquable par un but. Ou encore Marco Verratti, infatigable au milieu et précieux dans la relance pour compléter la prestation aboutie des cadres parisiens.

Le facteur X : L'Etoile était bien pâle

Il y a eu une réaction d'orgueil, récompensée par un but, dans le premier quart d'heure de la seconde période. Mais il n'y avait rien avant et vraiment pas grand-chose après. L'Etoile Rouge n'a jamais affiché la solidité et la rigueur dont elle avait pu faire preuve face à Naples et Liverpool au Marakana. La performance du PSG y est certainement pour quelque chose. L'absence de Nenad Krsticic, si précieux de l'entrejeu serbe, a peut-être aussi plombé la formation serbe. Dans tous les cas, l'Etoile Rouge n'était pas dans un grand soir. Ce qui n'enlève rien au mérite du PSG d'avoir su en profiter.

La stat : 7

Le Paris Saint-Germain sera donc au rendez-vous des huitièmes de finale de la Ligue des champions une septième année consécutive. Seuls trois clubs ont fait aussi bien sur cette période : le Real Madrid, le FC Barcelone et le Bayern Munich. Soit les trois clubs qui se sont partagés tous les titres de champion d'Europe depuis 2012-2013. Ce qui rend la régularité du PSG assez remarquable.

Le tweet à ne pas négliger

La décla : Thomas Tuchel (entraîneur du PSG)

" C'est nécessaire qu'on ne rêve pas, mais nous nous améliorons à chaque match et c'est difficile de jouer contre nous."

La question : Ce PSG est-il mieux taillé pour aller loin en Ligue des champions ?

Cette campagne de qualification était différente. Le PSG était dans un groupe plus homogène avec deux adversaires de gros calibre, Naples et Liverpool. Il était en danger sur le papier et il l'a été sur le terrain. Il est allé chercher sa qualification dans la difficulté. Et il a su monter en puissance pour le faire. Depuis cette première période catastrophique face à Naples au Parc des Princes, il n'a fait que progresser. Pas sur son talent. Il l'a toujours eu. Mais sur sa cohésion collective, son caractère et son niveau tactique. C’est-à-dire ce qui lui manquait.

Paris a fait un pas en avant. Et Thomas Tuchel n'y est vraiment pas pour rien. L'entraîneur allemand a beaucoup de mérite. Il n'avait pas beaucoup de références en Ligue des champions. Il n'a pas le CV de Jürgen Klopp ou de Carlo Ancelotti. Mais l'Allemand a su sortir vainqueur de ses confrontations avec ces deux grands entraîneurs. Il a su mettre en place des plans de jeu auxquels ses joueurs ont adhéré. Il a su communiquer cette rage de vaincre qui faisait si souvent défaut au PSG. Il est parvenu à placer Paris en tête de ce groupe. En moins de six mois, c'est très prometteur.

Ce PSG est différent. Il est bien trop tôt pour dire s'il fait partie des prétendants pour le titre. Le tirage au sort sera comme toujours déterminant, et Paris l'a préparé de la meilleure des manières en s'assurant un huitième de finale retour au Parc des Princes. L'histoire que l'on raconte en décembre n'est jamais la même en février, quand tout se joue à quitte ou double. Les Parisiens devront prouver qu'ils ont appris de leurs échecs passés. Et s'il y a un enseignement à tirer de cette phase de poules, c'est qu'ils sont sur la bonne voie.

Thomas Tuchel avec Neymar, lors de l'Etoile Rouge - PSG , 2018

Thomas Tuchel avec Neymar, lors de l'Etoile Rouge - PSG , 2018Getty Images

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