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Lyon et la dangereuse tentation du mirage

Lyon et la dangereuse tentation du mirage

Le 14/03/2019 à 16:11

LIGUE DES CHAMPIONS - Ce 8e de finale face au FC Barcelone (0-0, 5-1) a surtout dévoilé l'écart entre le très haut niveau et l'OL. Pour devenir très grand, Lyon doit arrêter de se raconter des histoires.

Ils y ont cru dur comme fer, paraît-il. Il faut dire que Manchester United avait maintenu l'illusion la semaine dernière : on peut se qualifier en quart de finale de la Ligue des champions en se faisant outrageusement dominé et en ne proposant pas grand-chose. Sauf qu'on a plus de chances d'y arriver en prenant le taureau par les cornes. Les Lyonnais l'ont sans doute oublié lors de la double confrontation face à Barcelone.

Perdre face au favori naturel de la compétition n'a rien d'infamant pour les hommes de Bruno Genesio. Mais il ne faudrait pas se bercer d'illusions et se cacher derrière son petit doigt. Contrairement à tout ce qui a pu se dire après la rencontre, contrairement au scénario des 180 minutes qui a longtemps pu laisser croire que Lyon pouvait y arriver, il faut constater que l'écart entre le très haut niveau et cet OL-là reste immense.

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Le VAR, Lopes, le scénario et excuses à foison

L'aller et Anthony Lopes ont entretenu le mirage. 0-0 après 90 minutes, Lyon a soutenu la comparaison. L'illusion est belle mais trompeuse. La façon dont le Barça, au Groupama Stadium, a exercé son emprise a dessiné un rapport de force que le score a masqué. Quand le meilleur joueur de l'équipe, le seul à son niveau sur les 180 minutes, est le gardien de but, c'est rarement une bonne nouvelle.

Au retour, la fessée infligée par le Barça a été, en partie, masquée par la polémique issue du VAR et du penalty très sévère accordé au Barça. C'est sur ce point qu'a insisté un Jean-Michel Aulas toujours très à l'aise pour jouer les victimes. Joueurs et coach n'ont pas tout à fait joué la même partition mais leur façon de se justifier ("on ne veut pas se réfugier derrière cette excuse mais…") est une manière de se dédouaner.

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150 minutes sans cadrer

De la même façon, le scénario ne rend pas justice à la domination catalane. Le but heureux de Tousart, très rare incursion sur la cage d'un ter Stegen au chômage technique, est une béquille facile. Oui, l'OL a eu une vraie réaction d'orgueil. Oui, le Barça a semblé sonné l'espace d'une grosse dizaine de minutes mais les 170 autres n'ont pas laissé le temps de respirer à Lyon et ce scénario est un cadeau tombé du ciel plutôt qu'une conséquence logique.

Entre la frappe d'Aouar à l'aller (9e minute) et le but de Tousart (58e) au retour, Lyon n'a pas cadré une frappe. Soit 150 minutes sans faire peser de menace réelle hormis une frappe détournée de Dembélé au Camp Nou. Comment imaginer atteindre les quarts dans ces conditions sinon en espérant un miracle à la Manchester United ?

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Des branches aux allures de brindilles

Son niveau technique indigne d'un 8e de finaliste de Ligue des champions, sa faible agressivité, sa démission totale lors de la première période au Camp Nou, la timidité de ses jeunes talents et la disparition totale de ses supposés grands joueurs : voilà les points sur lesquels doit se pencher l'Olympique Lyonnais pour grandir plutôt que se raccrocher à des branches aux allures de brindilles. L'écart était gigantesque face au grand FC Barcelone. Après tout, quoi de plus normal. Il suffit simplement de se l'avouer pour avancer dans le bon sens.

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