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Madrid, le flop de la révolution oranje

Madrid, le flop de la révolution oranje

Le 13/02/2019 à 18:54Mis à jour Le 13/02/2019 à 19:21

LIGUE DES CHAMPIONS - L’Ajax reçoit le Real Madrid en huitième de finale aller de la Ligue des champions ce mercredi. Le club batave, souvent associé au Barça pour sa philosophie de jeu, a pourtant tenté de contribuer à une révolution de palais au Real à la fin des années 2000. Sans succès.

Selon le point de vue, qu’il soit axé sur l’histoire contemporaine ou sur des références plus anciennes, le lien de filiation entre l’Ajax et le Barça existe et l’influenceur d’hier est l’inspiré d’aujourd’hui. Les deux clubs sont liés par un même style de jeu et une façon identique de voir, concevoir et définir le football. L’impact de Johan Cruijff est fondamental. Son héritage est jalousement conservé et transmis de génération en génération.

L’autre géant d’Espagne, le Real Madrid, a un temps essayé d’incorporer par petites touches une influence oranje dans son effectif, mais elle a été rapidement sacrifiée sur l’autel du sacro-saint résultat. Une habitude culturelle pour un club plongé dans une vision court-termiste.

L’effectif madrilène a compté jusqu’à six joueurs néerlandais lors de la saison 2008-2009. Outre la présence des trois anciens de l’Ajax, Wesley Sneijder, Klaas-Jan Huntelaar et Rafael van der Vaart, le club merengue avait recruté Arjen Robben, Ruud van Nistelrooy et Royston Drenthe. Loin des paillettes et des Galactiques de Florentino Perez, le nouveau président Ramon Calderon, élu en 2006, décide de bâtir un effectif sur plusieurs saisons en recrutant notamment Marcelo (18 ans), Gonzalo Higuain et Fernando Gago (20 ans) et en y ajoutant une forte touche batave. Le changement de stratégie est radical.

2009-10 La Liga Real Madrid Rafael van der Vaart

2009-10 La Liga Real Madrid Rafael van der VaartEurosport

Instabilité, blessures

Tandis que Florentino Perez aimait recruter une star par saison à l’époque des Galactiques, Ramon Calderon poursuit sur le même rythme effréné en enrôlant un ancien joueur de l’Ajax par an. En 2007, Wesley Sneijder, convoité par toute l’Europe, signe en faveur des Merengue contre un chèque de 27 millions d’euros. Un an plus tard, il est rejoint par Rafael van der Vaart, auteur de prestations remarquées à Hambourg. Enfin, en janvier 2009, après la lourde blessure au genou de Ruud van Nistelrooy, le Real mise sur un autre néerlandais, Klaas-Jan Huntelaar, auteur de 105 buts en 136 matches sous le maillot ajacide. Les deux premiers doivent amener créativité et justesse technique, alors que le troisième est espéré à la retombée des ballons dans la surface.

Si Sneijder réalise une bonne première saison lors du titre décroché à l’issue de la saison 2007-2008, ce sera la seule éclaircie dans la ciel madrilène des anciens de l’Ajax. Le club ne remporte aucun autre trophée majeur entre 2007 et 2010 et les entraîneurs se succèdent : Schuster, Ramos et Pellegrini. Le président Ramon Calderon est lui poussé à la démission en janvier 2009 après avoir été accusé de fraude électorale lors d’une assemblée générale du club. L’instabilité est grande dans un club qui ne parvient plus à dépasser les huitièmes de finale de la Ligue des champions.

Les trois Néerlandais sont en perte d’influence et d’importance : Rafael van der Vaart n’est qu’un joker de luxe, Wesley Sneijder est régulièrement blessé tandis que la greffe ne prend pas avec Huntelaar, malgré 8 buts en 13 titularisations (pour 20 apparitions) en Liga. Il est également victime de la comparaison avec son homologue Van Nistelrooy, auteur de 60 réalisations en 89 matches toutes compétitions confondues avant sa blessure. Surtout, l’attaquant est témoin d’une politique sportive très aléatoire puisqu’il n’est pas inscrit sur la liste pour la deuxième phase de la C1, le Real ayant préféré y mettre Lassana Diarra, pour pallier l’autre grand blessé de cette saison 2008-2009, Mahamadou Diarra.

Wesley Sneijder avec le maillot du Real Madrid

Wesley Sneijder avec le maillot du Real MadridOther Agency

L’ère des Galactiques 2.0 de Perez

Le 1er juin 2009, Florentino Perez est à nouveau élu à la tête du Real Madrid. Et le nouveau président ne va pas tarder avant de reprendre sa stratégie galactique, lançant son opération 2.0 dès son arrivée. En moins de quatre jours, il annonce les transferts de Kaka (67 millions d’euros) et Cristiano Ronaldo (94 millions d’euros). Il poursuit son ambitieux plan en incorporant Karim Benzema, Xabi Alonso et Raul Albiol. Cet été-là, la Maison Blanche recrute pour 260 millions d’euros.

Il faut donc faire de la place dans l’effectif et les joueurs néerlandais vont en payer le prix. Ils sont tous mis sur la liste des joueurs pouvant quitter le club. Aucun n’est retenu comme indispensable à la poursuite d’un nouveau projet technique. A la fin de l’été, Huntelaar (Milan, 15 millions), Sneijder (Inter, 15 millions), Robben (Bayern, 25 millions) et Van Nistelrooy (Hambourg, libre) font leurs valises, tandis que Van der Vaart parvient finalement à sauver sa peau à la surprise générale.

La révolution oranje a été un véritable échec. Loin de leurs habitudes, d’un certain confort philosophique sur le terrain et au sein d’un Real Madrid des plus instables, les trois ajacides n’ont pas réussi à s’imposer dans la capitale espagnole. De quoi renforcer la thèse que les anciens de l’Ajax ont beaucoup plus de chances de réussir au Barça qu’au Real. Le club catalan leur correspond plus. Sans doute une question d’esthétisme de jeu, de points communs stylistiques et d’une conception très particulière du football. Tandis que les Blaugrana accueilleront Frenkie de Jong cet été, le Real Madrid, depuis ces multiples échecs, n’a lui recruté aucun joueur néerlandais. Tout sauf un hasard.

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