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Ligue des champions - Pourquoi Tottenham limite ses dépenses sur le mercato

Tottenham, l'Anglais devenu avare

Le 13/02/2019 à 17:47

LIGUE DES CHAMPIONS - Puissance majeure de Premier League, Tottenham s'est pourtant encore refusé le moindre écart lors du mercato. Ce malgré les blessures de Dele Alli et Harry Kane. Ce n'est, pourtant, pas si surprenant que cela.

En été ou en hiver, les clubs européens tremblent, fébriles, devant toutes les puissances de Premier League. Toutes ? Sauf une. Tottenham. Contrairement aux ultra-dépensiers Manchester City, United, Liverpool ou encore Chelsea, qu'ils challengent pourtant chaque saison en championnat, les Spurs ont appris à équilibrer la balance. Question de philosophie, bien sûr. C'est surtout une nécessité encore plus importante que son besoin de se renforcer, pourtant vital lui aussi, alors que le club londonien plafonne, tant en Angleterre, où le titre lui échappe saison après saison, qu'en Ligue des champions, où il n'a plus dépassé les huitièmes depuis 6 ans.

C'est la raison pour laquelle la direction du club n'a pas bougé le petit doigt, en janvier. Il le fallait, pourtant : son buteur Harry Kane est touché à la cheville, son meneur Dele Alli a les ischios qui grincent. Leur indisponibilité va durer jusqu'en mars.

Tottenham Hotspur's English striker Harry Kane (L) holds his leg in pain at the final whistle during the English Premier League football match between Tottenham Hotspur and Manchester United at Wembley Stadium in London, on January 13, 2019.

Tottenham Hotspur's English striker Harry Kane (L) holds his leg in pain at the final whistle during the English Premier League football match between Tottenham Hotspur and Manchester United at Wembley Stadium in London, on January 13, 2019.Getty Images

Ces deux-là ont beau figurer parmi les quinze joueurs dont la valeur de transfert est la plus élevée au monde - 198,6 millions d'euros pour l'attaquant, 148,6 pour le milieu, selon l'Observatoire du Football CIES - leur absence sera comblée par du bricolage de l'entraîneur Mauricio Pochettino. Et tant pis s'il doit titulariser, en pointe, l'ancien Parisien Lucas Moura, ou l'ex banni Fernando Llorente, proposé aux quatre coins de l'Europe l'été dernier pour tenter de rentrer quelques liquidités.

Cette année ? Aucune dépense et 5,5 millions récoltés

Car Tottenham compte ses sous. Plus que jamais. La politique n'a pas radicalement changé depuis 2001 et le début de l'ère Daniel Lévy. Mais elle est désormais appliquée sans le moindre excès. L'entité du Nord de Londres n'a pas le rayonnement international de Manchester United ou de son ennemi Arsenal. Sa marge n'est pas la même. Surtout depuis qu'elle a lancé, en février 2016, son projet de modernisation de White Hart Lane, justement pour assumer un peu plus un statut de prétendant plutôt que d'outsider.

Le nouveau White Hart Lane a quasiment coûté deux fois plus cher que prévu

Le nouveau White Hart Lane a quasiment coûté deux fois plus cher que prévuGetty Images

La construction du nouveau stade a creusé un trou colossal dans les caisses du club. Des failles dans le système de sécurité et le toit ont approché la note du milliard d'euros, alors qu'il devait, initialement, coûter moitié moins cher. Forcément, tous les moyens sont bons pour combler ce gouffre. Quitte à élever les prix des abonnements vers des sommets que la Premier League n'avait jamais connus - jusqu'à 2500 euros le "season ticket". Quitte, aussi, à ne pas recruter le moindre joueur malgré le départ d'une pièce importante, comme l'était Mousa Dembélé avant d'être transféré en Chine pour 5,5 petits millions d'euros.

Déficit à combler et mauvaises expériences du passé

La priorité, désormais, est de conserver la balance dans le vert, alors qu'elle avait été déficitaire lors des deux précédents exercices. Il est maintenant hors de question de participer aux habituelles surenchères qui font de la Premier League le championnat le plus dépensier au monde. Les sommes considérables investies sur Vincent Janssen (22,1 millions d'euros), Victor Wanyama (14,4 millions d'euros), Serge Aurier (25 millions d'euros), ou Lucas Moura (28,4 millions d'euros) n'ayant pas toutes été fructueuses, sportivement parlant, la direction de Tottenham a arrêté les paris qu'elle avait tentés lors des dix précédentes saisons.

Elle avait dépensé un peu plus de 688 millions d'euros au total alors qu'elle n'avait, dans le même temps, encaissé "que" 567 millions d'euros malgré la vente de Gareth Bale au Real Madrid pour plus de 100 millions d'euros.

Vidéo - Pochettino : "Ne déformez pas mes propos !"

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Ce mercredi soir (21h00), Mauricio Pochettino va donc aborder son huitième de finale face au Borussia Dortmund avec un effectif restreint et amoindri. Il en a l'habitude, puisqu'il ne compte déjà que sur une quinzaine de joueurs depuis le début de saison. Alors qu'il avait pris l'habitude de réclamer publiquement des recrues au début de son mandat, le technicien argentin s'est finalement plié aux exigences. Mais son point de vue n'a pas changé.

"Je vais être clair avec tout le monde, et ne déformez pas mes propos comme c'est si souvent arrivé, a-t-il récemment lâché en conférence de presse. Parfois, vous me faites dire : 'Oh, je suis si heureux de ne signer personne et de ne pas ajouter de qualité à mon effectif'. Allons, ça suffit. Je suis content de travailler avec mon équipe mais j'ai toujours été ouvert pour y ajouter de la qualité. En football, vous devez vous améliorer à chaque mercato". Ce n'est pas la doctrine de sa direction. Pour de très longues saisons encore, elle préfère croire que celui qui se contente de peu ne manque de rien.

Mauricio Pochettino, Manager of Tottenham Hotspur reacts

Mauricio Pochettino, Manager of Tottenham Hotspur reactsGetty Images

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