C’est l'histoire d’une couronne qui a la bougeotte. Aussitôt a-t-elle choisi un roi qu’elle prend un malin plaisir à changer de tête. A l’été 2019, elle semblait pour de bon avoir trouvé son élu : un Allemand au sourire ravageur et au mot magique, le "gegenpressing". Un an plus tard, Jürgen Klopp figure évidemment encore au casting de l’éternelle discussion autour du meilleur entraîneur du monde. Son titre national avec Liverpool serait même de nature à fixer durablement la tiare dorée sur son crâne.

Mais l’impitoyable Diego Simeone en a décidé autrement en éliminant les Reds en 8es de finale de Ligue des champions, laissant le champ libre à deux monstres sacrés qui visent une victoire en C1 pour inscrire un peu plus leur nom en haut de l’affiche. Et reprendre le trône symbolique : Pep Guardiola et Zinédine Zidane. Ça tombe bien, ces deux-là ont rendez-vous à l’Etihad ce vendredi pour un duel royal. Et le vainqueur de la joute aura bien plus qu’une qualification en poche au coup de sifflet final.

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Guardiola veut remonter sur son nuage…

Pourquoi ce 8e de finale est déterminant pour lui ? Parce que les doutes concernant sa capacité à gagner la Ligue des champions sans Lionel Messi commencent à devenir récurrents. Depuis son départ du Barça, en 2012 soit une éternité en football, le Catalan n’a jamais fait mieux qu’une demi-finale (2014, 2015 et 2016 avec le Bayern). Pire, depuis son arrivée chez les Citizens, il n’a jamais passé le stade des quarts. Être éliminé de nouveau en 8e, comme en 2017 lors de son arrivée à City, ressemblerait à un gigantesque pas en arrière.

De facto, son pouvoir à Manchester City pourrait être remis en cause. Car bâtir un effectif guardiolesque a un prix. Les Citizens ont toujours tout fait pour contenter Guardiola. Mais une saison sans titre national doublée d’une élimination trop précoce en C1 serait sans doute de nature à créer de la friture sur la ligne. Rien n’est trop beau pour monseigneur Guardiola ? Plus maintenant.

Deux entraîneurs aux statistiques affolantes : Guardiola/Zidane, le duel en chiffres

La stat à retenir : 47%. Comme le taux de possession de City à Bernabéu lors de la première période de la manche aller. Guardiola avait ainsi expliqué s’être adapté au Real pour mieux gagner. La fin du dogmatisme pour enfin plus de réalisme ?

L’homme clé : Kevin De Bruyne, évidemment ! Le cerveau de son City, c’est lui. Façonné à la sauce Guardiola, le Belge a la possibilité de s’inviter définitivement dans l’autre discussion éternelle : celle de meilleur joueur du monde actuel. Dans sa candidature, obtenir le scalp du Real de Zidane serait une sacrée ligne sur le CV.

La décla : "C'est toujours difficile de savoir ce que va faire Zidane. Quand tu penses qu'ils vont sortir d'un côté, ils passent de l'autre, c'est difficile de prévoir ce qu'ils vont faire parce qu'ils sont excellents"

Pep Guardiola

Crédit: Getty Images

Mais Zidane ne veut pas en descendre

Pourquoi ce 8e de finale est déterminant pour lui ? La normalité, très peu pour lui. Avant ce 8e de finale de C1, Zidane reste une anomalie statistique : 3 participations en tant que coach, 3 victoires finales… Forcément, la pression sur ses épaules est moins grande que celle ressentie par son adversaire du soir. Mais éliminer Guardiola, l’homme qui a tant fait souffrir le Real par le passé, serait de nature à l’asseoir un peu plus encore dans sa légitimité de régent à Madrid.

Avec lui, le débat semble éternel : est-il un tacticien hors-pair ou un manager d’exception ? Au fond, la réponse est déjà connue de tous mais une qualification vendredi écarterait durablement – encore que – les questions autour de son réel apport au Real. Pour prolonger encore un peu plus son état de grâce qui semble décidemment éternel…

La stat à retenir : 2/6, soit le bilan de victoires de Zidane entraîneur face à des clubs anglais. Il faudra impérativement rééquilibrer la balance au risque de prendre la porte. Chose encore inconnue à ZZ.

L’homme clé : Karim Benzema. Qui d’autre ? Le Real doit marquer au moins deux fois à l’Etihad s’il veut espérer le miracle. Homme fort du sacre en Liga, Benzema a désormais son trophée référence avec le Real, celui où il aura été l’alpha et l’oméga de la Casa Blanca. En Ligue des champions, malgré des stats folles (64 buts) et des coups d’éclats marquants comme son numéro de funambule face à l’Atlético ou son but de renard face à Liverpool, il lui manque encore cette performance personnelle d’exception, sur un match indécis, celle qui peut l’inscrire encore un peu plus dans l’histoire du club merengue. Ce 8e de finale à l’Etihad ressemble au décorum parfait.

La décla (avant la manche aller) : "Guardiola a toujours démontré qu’il était le meilleur entraîneur au monde : au Barça, à Munich, à Manchester. C’est mon opinion. Il y a beaucoup d’entraîneurs dans le monde du foot. Moi je dis que c’est lui".

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