Il y a des années qui ressemblent à des siècles. Cet exercice 2019/2020 du FC Barcelone s'étire à n'en plus finir et son commencement est un souvenir des plus lointains. Pourtant, souvenez-vous, au balbutiement de cette fichue saison, le Barça, fort d'un recrutement incroyablement ambitieux (Antoine Griezmann, Frenkie De Jong), s'avançait comme le favori en Espagne et en Europe. A l'orée des quarts de finale de la Ligue des champions, et après avoir laissé échapper la Liga au Real Madrid, une victoire finale en C1 serait considérée comme un exploit et les Blaugrana s'avancent dans leur confrontation face au Bayern Munich comme un fragile outsider.

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Et pourtant, cette Ligue des champions peut tout gommer et maintenir l'illusion. Le Barça a longtemps couru derrière des mirages : il s'est contenté de mener, parfois confortablement la Liga, malgré des prestations très poussives avant de s'effondrer lors de la reprise du championnat. Ce Final 8 est sa dernière bouée. Le fil sur lequel évolue les Catalans depuis des mois est de plus en plus mince et le vide, à leur pied, de plus en plus effrayant. Messi les maintient dans un équilibre précaire. Ce vendredi, tout menace de s'écrouler. Face à eux, ce qu'ils n'ont jamais réussi à atteindre durant cette maudite saison : une musique collective réglée au millimètre, des individualités en pleine confiance et une machine qui broie tout ce qui se présente devant elle.

La bénédiction du Final 8

Le Bayern a réussi là où son adversaire du soir a échoué : installer une nouvelle dynamique avec un nouveau coach. Hansi Flick a ressuscité les laissé-pour-compte de Niko Kovac (Thomas Müller, Jérôme Boateng) et tissé un lien de proximité avec son groupe qui est redevenu ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : le patron incontesté de la Bundesliga. La révolution Quique Setien n'a, elle, pas eu lieu et les errements de l'époque Ernesto Valverde n'ont jamais disparu. Bien au contraire. Le Barça a forcé sa caricature : celle d'une équipe sans liant qui se repose sur les exploits de Ter Stegen et, bien sûr, Messi.

Le format du Final 8 devient, dès lors, une bénédiction. Parce qu'il augmente les chances de ceux qui en ont le moins. Trois masterclass de Messi pourraient suffire même en cas de bouillie collective. Ce fut déjà le cas, en 8e de finale retour, face à Naples. Mais le Bayern est autrement mieux armé. Il s'avance comme le grand, et l'unique, favori du tournoi de Lisbonne. Autant dire que Barcelone joue sa saison en 90 ou 120 minutes. Une victoire et les désillusions accumulées depuis de longs mois s'envoleront comme par magie. Une défaite et tout resurgirait : la saison ratée de Griezmann, les vieilles cannes de Piqué et Busquets, les erreurs de casting au mercato, les tensions extrêmes entre la direction et le vestiaire et même l'omnipotence de Lionel Messi. Personne ne serait épargner, surtout pas Quique Setien dont l'avenir est déjà scellé.

Tsunami et… statu quo ?

C'est un tsunami monumental qui guetterait la vénérable institution blaugrana qui n'a plus connu de saison blanche depuis 2014. Mais l'été qui vient ne résoudra rien. D'abord parce que les finances sont exsangues et il n'existe pas de grand chamboulement à venir sans trésorerie. Et surtout parce que Xavi, qui incarne la filiation avec Pep Guardiola et porte les espoirs des supporters catalans, ne viendra pas tant que le président Josep Bartomeu sera aux manettes. Il lui reste un an de mandat. Un an à patienter. Pour que l'année ne dure pas un siècle, le Barça serait inspiré de renverser le Bayern ce vendredi.

Lionel Messi und Quique Setién im Gespräch

Crédit: Getty Images

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