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L’antisèche : Le coupable est idéal mais le crime est ailleurs

L’antisèche : Le coupable est idéal mais le crime est ailleurs

Le 24/10/2019 à 00:20Mis à jour Le 24/10/2019 à 07:27

LIGUE DES CHAMPIONS - Au terme d’une triste prestation et après une grosse boulette d’Anthony Lopes, l’OL s’est incliné sur la pelouse d’une équipe de Benfica loin d’être irrésistible (2-1). Il serait facile de se cacher seulement derrière l’énorme erreur du portier lyonnais. Mais les Gones ont bel et bien failli dans tous les autres domaines. Notre antisèche.

Le jeu : Le néant lyonnais

L’OL tournait en rond avec Bruno Genesio ? Il ne tourne plus du tout depuis le départ de l'ancien technicien lyonnais. Comme lors des derniers matches de Sylvinho et lors du premier de Rudi Garcia, les Rhodaniens ont eu un mal fou à faire quelque chose avec le ballon. Aucune idée, ou presque, des carences techniques rédhibitoires à ce niveau et une incapacité chronique à créer un semblant de décalage. Alors, quand les cadres ne répondent pas présent comme actuellement… Le 4-4-2 de Rudi Garcia, ultra-offensif, a finalement ressemblé à un 4-2-4 coupant le bloc en deux et empêchant la moindre relance constructive.

Si la seconde période des Lyonnais a été meilleure, c’est aussi parce que Benfica n’a quasiment rien montré. Alors, l’OL a poussé, de manière désordonnée même si l’entrée de Thiago Mendes a apporté un semblant d’organisation. L’OL a égalisé. Mais l’OL a perdu. Logique au vu du contenu, mais cruel dans ces circonstances.

Les joueurs : Si même Lopes plonge…

C’est le joueur le plus régulier de cet OL sinusoïdal saison après saison. Ce mercredi, c’est lui qui a enterré les espoirs lyonnais avec cette relance à la main qui a atterri directement dans les pieds de Pizzi. Avant cela, il n’a pas été aidé par une défense lyonnaise attirée comme un aimant vers le ballon sur le premier but.

A Lyon, seul Houssem Aouar crée des étincelles. Transparent pendant de longues minutes, Memphis a sauvé son match en marquant. Tout l’inverse d’une ligne offensive inexistante, de Cornet à Terrier en passant par Dembélé et le fantôme de Traoré, dont l’entrée en jeu a été catastrophique. Avant sa sortie, Rafa Silva avait été le meilleur Portugais sur le terrain. Ruben Dias, lui, peut s’estimer heureux de ne pas avoir couté un penalty aux siens pour un tacle sur Dembélé.

Bertrand Traoré face à Benfica

Bertrand Traoré face à BenficaGetty Images

Le facteur X : Le penalty oublié sur Dembélé

75e minute, Lyon est dans un "temps fort" et pousse pour prendre l’avantage. Sur un débordement de Traoré côté droit, le ballon est contré et reste en l’air. Au sol, Dembélé est fauché inexplicablement par Ruben Dias alors qu’il n’est plus en position d’intervenir. Les arbitres vidéo ne font pas remonter l’info. Et l’OL laisse filer sa chance.

Le tweet qui résume le match de Rudi Garcia

La stat : 27 ans

Trois victoires en treize matches. Le bilan est - attention euphémisme - léger à Lyon en ce début de saison. Pour trouver trace d’un tel départ, il faut remonter à la saison 1992-1993 avec Raymond Domenech comme entraîneur.

La décla : Rudi Garcia, entraîneur de l'OL

" Les erreurs ça arrive dans toutes les équipes, je n'en veux pas du tout à Antho, je dirais même qu'il a été victime du fait qu'il a voulu jouer vite pour qu'on aille marquer un deuxième but. Il y a du positif dans ce qu'il a voulu faire, il avait tellement envie de gagner qu'il s'est un peu précipité dans sa relance. J'ai toute confiance en lui pour nous faire gagner plein de points comme il le fait chaque saison."
Anthony Lopes (OL) lors de la défaite à Benfica

Anthony Lopes (OL) lors de la défaite à BenficaGetty Images

La question : Pourquoi l’erreur de Lopes est une fausse excuse ?

Oui, c’est l'erreur du gardien lyonnais qui coûte des points à l’OL ce mercredi. Mais Lopes n’est pas le seul à blâmer. Déjà car il a souvent fait des miracles à lui tout seul et que sa balance de points penche nettement vers ceux qu’il a rapportés. Ensuite parce que cette équipe lyonnaise n’aurait pas dû être dépendante d’un coup du sort.

Le contenu de son match n’a longtemps été qu’une bouillie de football face à une faible formation portugaise. Garcia, comme Sylvinho avant lui, a cédé à l’appel guerrier. En situation de crise, selon la légende, il faut des soldats, à même de se battre pour récupérer le ballon. C’est vrai. Mais il faut aussi des créateurs, capables de faire quelque chose de la gonfle quand elle est passée dans les bons pieds. L’OL n’en a pas assez. Et commence à payer ses choix du mercato (absence d’une sentinelle au profil technique, d’un ailier droit de niveau international, par exemple).

Avec un Memphis transparent, seul Aouar semble être à la hauteur technique d’une telle affiche de C1. Face à Leipzig, les Lyonnais avaient compensé par un engagement sans faille. Pas cette fois. Et, tout d’un coup, c’est le niveau inquiétant de cet effectif qu’il convient de mettre en avant. Et ce n’est pas la tentative tactique de Garcia qui y changera quoi que ce soit.

Houssem Aouar et Rudi Garcia

Houssem Aouar et Rudi GarciaGetty Images

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