Les clichés ont la vie dure. Une étiquette collée sur le dos et c’est votre réputation qui est entachée à tout jamais. Pour Thiago Silva, impossible d’effacer l’écriteau accolé à son nom : trop sensible, pas assez leader, effrayé par les matches à enjeux, capitaine fantôme quand le bateau tangue et faible face aux forts. Pour lui, jusqu'ici, pas de droit à l’oubli.
Depuis 2014 et ce Mineiraço auquel - il faut encore le rappeler - il n’a pas participé, sa carrière n’est commentée qu’à travers ce prisme. Ses larmes lors des tirs aux buts face au Chili prennent presque plus d’importance que ses performances quotidiennes, elles-mêmes éclipsées par ses trous d’air passagers. Alors, à Lisbonne, à 35 ans, il a décidé de remettre tout le monde d’accord : on peut être sensible mais brillant. A fleur de peau mais exemplaire. Poussé vers la sortie mais plus impliqué que jamais.
Ligue des champions
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20/08/2020 À 15:24
Mardi, après la qualification de son PSG pour la première finale de C1 de son histoire, c’est un mélange encore paradoxal de soulagement et de détermination qui transpirait de ses propos au micro de RMC. Soulagement après avoir vécu autant d’épreuves, autant de déconvenues. Détermination à ne pas y voir une fin en soi. "Je suis venu en 2012 pour cet objectif-là, maintenant il faut mériter de la gagner", a-t-il notamment soufflé.

Les prestations de Marquinhos et Kimpembe, c’est aussi lui

Le mérite, c’est tout ce qu’il convient de souligner chez lui sur ce coup-ci. Leonardo a eu le mérite de la clarté même si Thiago Silva l’a regretté : le prochain PSG, qu’il soit sacré dimanche ou non, se fera sans lui. Fidèle à sa ligne de conduite concernant les trentenaires, le directeur sportif a décidé de trancher dans le vif et de tourner la page pour faire place nette à Marquinhos et Presnel Kimpembe.
À Lisbonne, le premier, futur capitaine désigné de la troupe a embrassé son destin avec entrain. Deux buts capitaux et le sentiment que ce leadership annoncé le stimule. Le deuxième a affiché une concentration et un niveau rarement entrevus depuis la Coupe du monde 2018. Mais si ces deux-là brillent, ils le doivent aussi, et surtout, au niveau d’un Thiago Silva impérial de maîtrise.

Presnel Kimpembe porte en triomphe Thiago Silva

Crédit: Getty Images

Les deux défenseurs parisiens savent aussi que sans Thiago, ils n’en seraient pas là personnellement. Il aura servi de modèle et de grand frère au premier. De complément tactique parfait au second. L’héritage d’un grand joueur se juge aussi à l’aune de ce qu’il laisse derrière lui. Ici, pas de terre brûlée mais un terreau fertile à l’avènement d’une nouvelle paire intouchable. Mais, au fond, des trois hommes, c’est encore l’aîné qui reste le plus incontestable.

La rédemption serait totale

Dimanche, c’est la chance d’une vie pour lui. Et l’espoir d’une carrière redorée après avoir été noircie par ses rêves nationaux de titres avec la Seleção. Face au Bayern, Thiago peut retrouver le fil qu'il avait commencé à tisser à Stamford Bridge en 2015. Celui du capitaine courage et de l’homme qui veut emmener le PSG, son PSG mine de rien, celui des échecs et des chutes qui font mal, à une rédemption finale.
Qui d’autre que lui pour symboliser ce changement de braquet de ce PSG construit à coup de millions mais où l’attachement de certains n’est pas feint ? Comme Marco Verratti, le Brésilien est désormais un membre à part entière de la famille PSG, du genre de ceux qui embrassent un logo en connaissant la signification d’un tel geste. "Ce n'était pas facile du tout, il y a eu des moments très difficiles ces dernières années", expliquait-il encore après la victoire face à Leipzig. Avant d’ajouter, fier, respectueux et conscient du chemin parcouru jusqu'à cette finale lisboète d’une année 2020 sans queue ni tête : "Mon cœur restera toujours ici, il est rouge et bleu pour la vie". L’histoire serait si belle. Et les pêchés passés amplement pardonnés.

Thiago Silva, leader contesté et contestable du PSG depuis 2012

Crédit: Getty Images

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