Il paraît que l'histoire n’est qu'un éternel recommencement. Que tout se répète et que rien ne change, vraiment. Dans ce scénario, Paris est condamné. Pour filer la métaphore grecque, les hommes de Thomas Tuchel - ou Unai Emery, Carlo Ancelotti ou Laurent Blanc, au fond peu importe - ont subi un châtiment similaire aux Danaïdes. Chaque année, souvent bien plus tôt dans la saison, les Parisiens finissent par comprendre que le cycle est sans fin, que le tonneau est toujours percé et qu’il faudra recommencer la saison d'après. Encore et encore.
Ce sentiment de copier-coller d'année en année, les supporters du PSG le connaissent mieux que quiconque. Chaque saison donc, l’histoire bégaye au moment où elle ne devrait pas, sur la plus belle scène possible, l’Europe. Un Messi sur une jambe mais décisif, un pion de Demba Ba en toute fin de match, un Luis Suarez en feu au Parc, un 3-5-2 malheureux à l’Etihad, une remontada surréaliste au Camp Nou, un Cristiano Ronaldo affuté comme jamais, une main discutable de Kimpembe, des prestations systématiquement décevantes et le(s) grand(s) soir(s) qui se dérobe(nt). Toujours le même refrain. Même les blessures récurrentes, avec Marco Verratti, Keylor Navas et Idrissa Gueye qui ont pris la place d'un Kylian Mbappé remis sur pieds en deux temps trois mouvements, semblent destiner le PSG à la fatalité.
Mais 2020 n’a rien à voir avec l’histoire habituelle. Cette année folle a voulu s’extirper du calendrier pour devenir inoubliable, du genre de celle qu’on saura dater précisément dans 50 ans. Et Paris a su saisir sa chance pour réparer son tonneau. Provisoirement ? C’est tout l’enjeu de cette demi-finale européenne.
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Une équipe de stars mais une équipe quand même

Aussi fou que cela puisse paraître, il n’y a rien qui transpire d’autre que la sérénité au PSG. C’est tellement nouveau que ça fait presque froid dans le dos. Oui, Paris a des absents. Oui, Paris est déséquilibré. Oui, Paris s’est qualifié miraculeusement. C’est justement ce qui fait sa force. Avoir (re)vu le vide de tellement près qu’il n’effraie plus. Et avoir le sentiment que, pour une fois, ce Paris-Saint-Germain là à une gueule d’équipe, pour de vrai.
Face à ça, l’histoire n'a qu’à bien se tenir. C’est d’ailleurs comme ça qu’il faut lire les déclarations de Thomas Tuchel en conférence de presse : "On ne parle pas de choses historiques comme ça, a répondu le coach parisien quant à l’état d’esprit de son groupe. On vit le moment présent, on a mérité d'être ici, car on a fait une C1 extraordinaire, une saison extraordinaire. On a déjà réalisé des choses historiques, et on continue maintenant. On ne peut pas créer une ambiance particulière autour d'une demi-finale. On doit l'avoir pendant toute l'année. Le groupe est calme, heureux d'être ensemble. Sur le terrain, nous sommes très forts. Nous sommes prêts, on a la faim, et nous sommes là pour gagner, pour profiter de travailler, et après, on va regarder le résultat".

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Oui, cette demi-finale est historique pour le club de la capitale mais elle ne doit surtout pas être une fin en soi. Surtout face à Leipzig. Surtout après Dortmund, après Bergame. Depuis l’arrivée de QSI en 2011, le PSG a dépensé plus d’un milliard d’euros (1,2) pour se construire un effectif XXL, composé de stars mondiales, de phénomènes marketing et de footballeurs de talents. Mais ce qui ressemblait à une troupe montée à l’envers s’est remis à l’endroit par une force de caractère qu’on ne lui connaissait pas. Cette équipe en porcelaine, friable et cassable quand elle était secouée, a fini par s’offrir une forme de solidité.

Convaincus de leur destin

Tout n’est pas parfait, loin de là. Mais, au moins, Paris a vécu des choses à même de le faire basculer dans une forme de certitude propre aux équipes convaincues de leur bonne étoile. Demandez aux Bleus de 2018 s’ils n’ont pas vu dans la victoire face à l’Argentine un signe divin pour se persuader que le destin avait basculé. Alors, Dortmund puis Bergame… Le clin d’œil des Dieux du hasard semble bien appuyé.

"Le PSG 2020 suit les traces des Bleus 2018"

Voilà comment analyser toute cette musique médiatique autour ce groupe, ce pacte d’aller au bout, ensemble, même si quelques-uns sont partis en chemin. Ça ne garantit rien, certes. Une défaite mardi causerait, à coup presque sûr, un tremblement de terre et une énième révolution. On ne change pas son ADN. Mais on peut influer sur son destin. Paris l’a compris. Alors, avant d’envisager une finale à même d’offrir enfin à QSI ce qu’il était venu chercher, ce PSG ne doit pas se rater, s’assumer et enfin croire en son étoile. Ce serait si bête de tout gâcher…
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