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Klopp-Ancelotti, heavy-metal, pain et saucisson

Klopp-Ancelotti, heavy-metal, pain et saucisson
Par AFP

Le 16/09/2019 à 22:15

LIGUE DES CHAMPIONS - Un simple sourcil qui se soulève jusqu'à des hauteurs insoupçonnées d'un côté, de l'autre de grands moulinets de bras et des poings battant l'air : Carlo Ancelotti et Jürgen Klopp, deux géants du banc de touche aux styles opposés, se retrouvent mardi en Ligue des Champions pour Napoli - Liverpool.

A l'époque du Borussia Dortmund, Jürgen Klopp parlait de "football heavy-metal" pour décrire le jeu de ses équipes. Carlo Ancelotti, lui, a souvent été classé en Italie parmi les entraîneurs "pain et saucisson", travailleurs tranquilles et débonnaires. Mais même s'ils ont emprunté des chemins différents, la Ligue des champions était inscrit dans le destin des deux hommes.

Pour Ancelotti, qui l'avait déjà remportée en tant que joueur, elle a été en 2003 le premier grand succès d'une carrière de coach débutée par une série de deuxièmes places qui commençait à dessiner une image de perdant. En triomphant la saison dernière avec Liverpool, Klopp a de son côté couronné son parcours et son histoire d'amour avec les Reds, tout en confirmant son statut de grand entraîneur.

Dans une poule ultra-relevée qui accueillait aussi le PSG, Klopp et Ancelotti s'étaient d'ailleurs déjà affrontés l'an dernier pour deux duels conclus par deux victoires 1-0 à domicile et par une qualification in extremis de Liverpool, au nombre de buts marqués, Naples restant sur le carreau.

Electrique

Mardi au stade San Paolo, leur route va encore se croiser et le contraste sera à nouveau frappant entre la dépense d'énergie de l'Allemand et la concentration contenue de l'Italien. Courses de dératé le long de la ligne de touche, sourires hallucinés et grimaces expressives : Klopp "est électrique", a résumé le milieu de terrain brésilien Fabinho dans un entretien à L'Equipe en janvier.

Jurgen Klopp (Liverpool) le 19 juillet 2019

Jurgen Klopp (Liverpool) le 19 juillet 2019Getty Images

"Quand j'avais 17 ou 18 ans et que je ne donnais pas 100% à l'entraînement, il courait vers moi, collait son visage au mien et me hurlait dessus (...) +tu dois mettre plus de passion ! Il faut tout donner, p....!", s'était aussi souvenu l'attaquant Mario Götze dans un texte publié sur The Player's Tribune. "Après l'entraînement, il était à nouveau complètement calme et il me prenait à part "Mario, comment ça va ? Parlons de ta vie. Comment ça va en ce moment ?", avait-il ajouté.

"C'est une figure paternelle pour nous. Avec ses blagues et son langage corporel, il enlève de la pression", assure aussi le milieu néerlandais Georginio Wijnaldum.

Comme Maigret

Ce côté protecteur a aussi accompagné toute la carrière d'Ancelotti, décrit par tous comme un technicien proche de ses joueurs et de son environnement de travail. Comme un bon vivant, aussi. "Ancelotti est comme le commissaire Maigret qui résout les enquêtes au restaurant. Ancelotti résout les problèmes en coupant des tranches de saucisson", a ainsi résumé le journaliste italien Fabio Caressa.

Carlo Ancelotti

Carlo AncelottiGetty Images

L'ancien coach du Bayern Munich et de Chelsea ne tarit d'ailleurs pas d'éloges sur Naples, la Campanie et la gastronomie locale depuis son arrivée, lui l'homme du Nord. Le grand amour n'est pourtant pas totalement partagé et Naples, nostalgique de Maurizio Sarri, n'a pas encore pleinement adopté Ancelotti, recruté pour gagner et qui n'y est pas encore parvenu.

Dans un communiqué, "Carletto" s'est dit "consterné" et "indigné". Klopp l'a rassuré. "Je suis sûr qu'on aura un endroit pour se changer et prendre une douche. Tant qu'il y a le terrain et le reste, on joue".

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