Il ne manquait plus rien. Quelques minutes, pas plus. A la 90e minute de son premier quart de finale de Ligue des champions de son histoire, l'Atalanta Bergame était virtuellement qualifiée pour le dernier carré. Un rêve que personne n'avait jamais vraiment osé faire du côté du club lombard. Et pourtant, La "Dea" s'est soudainement retrouvée plongée en plein dedans. Il était même en passe de se réaliser. Mais le PSG n'a eu aucune pitié au moment le briser. D'abord Marquinhos (90e) puis Choupo-Moting (90+3), et le ciel est littéralement tombé sur la tête de Gasperini et ses hommes. Du rêve, ils sont passés au cauchemar. Le paradis pour Paris, l'enfer pour Bergame.

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18/09/2020 À 17:31

Au lendemain de cette soirée qui restera quand même gravée dans l'histoire de l'Atalanta, la pilule est particulièrement difficile à avaler pour la bande au "Gasp". Pas tant pour l'élimination face à une équipe du calibre du PSG, mais plus pour la manière dont elle est arrivée. "Il y a beaucoup de regrets. Nous sommes fiers de ces gars, de ce qu'ils ont montré pendant toute cette saison vraiment différente des autres (...) Nous rentrons à la maison avec des regrets, mais conscients d'avoir rendu heureuse toute la population", a expliqué à Sky Sport le directeur général de l'Atalanta, Luca Percassi, peu après le coup de sifflet final. De son côté, Gian Piero Gasperini n'avait pas caché sa "déception".

Mais malgré ça, les deux hommes avaient le sourire. Pour leur club, cette réalité est toute nouvelle. Tenir tête au PSG en quart de finale de C1, ce n'est pas rien. Encore plus au vu de la "différence technique" des deux équipes, comme l'avait rappelé le coach italien avant la rencontre. De plus, ce dernier a dû composer avec de nombreux absents, dont le gardien titulaire (Gollini) et le meilleur joueur de la saison (Ilicic), en plus des blessures du Papu Gomez (60e) et Freuler en toute fin de match. Pas des excuses pour la Dea, simplement des regrets. "On a tout donné", expliquait le buteur Mario Pasalic après l'élimination. Pour Gasperini, toujours au micro de Sky Italia, une équipe comme la sienne ne "peut pas perdre ce match", mais elle "ne peut qu'apprendre et en tirer des leçons pour grandir". Des propos récurrents chez le technicien bergamasque.

S'inviter à la table des grands

Il y a encore quelques années, personne ne connaissait vraiment l'Atalanta. Pas même un ancien sélectionneur de l'équipe de France, soudainement devenu spécialiste du sujet. Aujourd'hui, la voilà connue et reconnue pour son jeu spectaculaire, son collectif, son pressing à l'incroyable mécanisme, la qualité de son marquage individuel, ses 98 buts en championnat cette saison ou encore ses individualités. Du Papu Gomez à Josip Ilicic, de Robin Gosens à Martin De Roon. Et bien évidemment Gasperini, qui a connu mercredi soir la plus grande soirée de sa carrière. Du moins pour le standing. Un avènement pour l'ancien formateur de la Juve. Son but, désormais, est d'installer régulièrement son équipe en C1. Et pourquoi pas, comme en cette saison si particulière, s'inviter à la table des grands.

Les joueurs de l'Atalanta après le but

Crédit: Getty Images

Pour y parvenir, le patron du club Antonio Percassi a d'ores et déjà prévenu qu'il n'y aurait pas "de grands départs cet été". "On veut renforcer l'équipe et garder tous nos meilleurs joueurs, sauf offres inimaginables", a-t-il prévenu ce jeudi. "Notre projet est de donner de la continuité et de se renforcer où il y a besoin", a-t-il ajouté. Si l'Atalanta n'oublie pas d'où elle vient, son ambition est en droit d'évoluer. Depuis deux saisons, elle s'est installée sur le podium du championnat italien. Et si l'espace médiatique est toujours occupé par les grands clubs (Juve, Inter, Milan, Lazio, Roma, Napoli etc...), la Dea peut tranquillement être considérée comme une grande équipe de Serie A. L'inquiétude qu'elle procure à ses adversaires avant chaque match ne peut que le témoigner. "Je suis là aussi pour montrer qu’une équipe sans une grande expérience européenne peut arriver en quart de finale de C1. Avec du beau jeu, de l’enthousiasme, des valeurs... On prouve qu’une équipe comme l’Atalanta peut aussi s’asseoir à la table des grands", lâchait Gasperini à la conférence de presse d'avant-match mardi soir. En Italie, c'est chose faite.

Une structure et une politique à conserver

L'un de secrets de l'Atalanta, c'est également sa structure. Parfaitement géré, le club lombard s'appuie sur quatre figures en particulier : le président Antonio Percassi, le directeur général Luca Percassi (son fils), Giovanni Sartori (responsable du secteur technique) et Gian Piero Gasperini (entraîneur). Entre eux, l'harmonie est totale. Leur politique ? Repérer les futurs talents avec une base importante de scouting, flairer les bons coups en Serie A (Zapata, Muriel par exemple), s'appuyer sur le centre de formation et créer une identité importante entre la ville de Bergame et l'Atalanta.

Depuis 2010, le club envoie ainsi un maillot du club et une bouteille de lait à tous les enfants nés dans les environs. En plus de recruter de bons joueurs, l'Atalanta cherche également des personnalités adéquates à sa vision. Si ce n'est pas le cas, les dirigeants n'hésiteraient pas à faire marche arrière sur une éventuelle recrue. L'harmonie du groupe passe avant tout. Arrivé en 2014, Papu Gomez en est le symbole. Aujourd'hui, il est devenu un enfant de la ville et du club.

Alejandro "Papu" Gomez (Atalanta Bergame)

Crédit: Getty Images

Pour la suite de sa belle histoire, la Dea devra également tout faire pour conserver celui sans qui tout ça ne serait devenu possible : Gian Piero Gasperini. Entraîneur au caractère bien trempé, le natif de Grugliasco pourrait désormais faire l'objet de plusieurs convoitises. La rançon de la gloire, probablement. "Mais il ne partira pas. Je n'ai aucun doute", a rassuré Luca Percassi cette semaine dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. L'été dernier, le Gasp avait même refusé... l'AS Rome. "C'était uniquement par amour pour l'Atalanta et Bergame", s'était-il justifié près d'un mois plus tard. C'est bien connu, les histoires d'amour sont souvent les plus belles. Longue vie à celle entre l'Atalanta et Gasperini.

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