Il a été magnifique. Dans cette constellation de stars exposée sur la pelouse de Santiago-Bernabeu, Karim Benzema était de loin la plus brillante. Assez pour battre par deux fois un Keylor Navas pourtant en état de grâce devant son ancien public. Mais tellement plus que ça en réalité. Son doublé, c'était seulement la cerise sur le gâteau. Benzema n'a cessé de régaler face au PSG. Il a servi cette recette à laquelle les aficionados merengue sont désormais habitués. Ils ont bien de la chance.
Madrid est verni de pouvoir se délecter d'une telle féérie. Il sort toujours un peu plus de magie sur chacune des prises de balle de Benzema. Même avant. Le Français fait partie de cette classe de joueurs brillants sans le ballon. C'est quand il lui parvient qu'on mesure l'intelligence du déplacement précédent. Mais c'est bien quand il le touche que le talent se concrétise. Cette première touche de balle, c'est sa marque. Celle qui distingue les bons joueurs des grands joueurs. La qualité qui magnifie le jeu. Chez Benzema, elle a toujours crevé les yeux.
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Le plus frappant, c'est son humilité

Mais c'est encore plus criant quand il est au sommet de son art. Quand il combine la classe, l'efficacité et la régularité, parce que ça dure depuis un moment. Il fallait probablement que Cristiano Ronaldo quitte la Maison Blanche pour que Benzema puisse prendre un tel éclat. Un rayonnement qui dépasse sa propre personne pour rejaillir sur tout le Real. Le Français en est le général autant qu'un simple soldat. Il met tout son jeu, dans sa justesse et son volume, au service de son équipe. Le plus remarquable, finalement, c'est que son dévouement est à la hauteur de son talent.

Karim Benzema et Keylor Navas, acteurs majeurs de Real-PSG

Crédit: Getty Images

L'état d'esprit n'a jamais été présenté comme la première qualité de Benzema. Plutôt comme un défaut qu'il a su corriger au fur et à mesure que sa carrière avançait pour en faire un atout. Le Français s'est donné les moyens de devenir un gagneur. Il a désormais une aura qui lui permet de communiquer cette mentalité à l'ensemble de ses coéquipiers. Mais le plus frappant, c'est qu'il le fait en toute humilité. Une autre qualité qu'il a su développer pour devenir un joueur encore plus performant.

Deschamps a forcément raison

Les buts ne sont qu'une conséquence. Mais Benzema a tellement été critiqué pour ne pas marquer assez souvent par le passé que certains chiffres doivent être mentionnés. Ses 64 buts en Ligue des champions qui font de lui le quatrième meilleur buteur de l'histoire de la compétition. Ses 10 réalisations qui lui permettent de trôner en tête du classement des meilleurs buteurs de la Liga. Il assume parfaitement ce rôle de finisseur qui lui a été dévolu après le départ de CR7. Il n'en néglige pas celui de passeur avec six passes décisives au compteur.
Les statistiques, c'est un plus. Un argument supplémentaire pour nourrir le paradoxe. Une raison de remuer une nouvelle fois le couteau dans la plaie. Un joueur de la dimension de Benzema serait titulaire dans n'importe quelle sélection. Il n'est même pas dans le groupe de l'équipe de France. Ça peut choquer la planète entière sans que cela puisse vraiment être reproché à Didier Deschamps. Les résultats parlent pour le sélectionneur. Quand celui-ci est vice-champion d'Europe et champion du monde en titre, il a raison.

Savoir que c'est possible sans avoir le droit d'en profiter

La question n'est pas tant de savoir ce que la France de 2016 et de 2018 aurait fait avec le buteur du Real à la pointe de son attaque. Pas plus que d'imaginer l'hypothèse d'aborder l'Euro 2020 avec un trio Mbappé-Benzema-Griezmann. Sur le papier, ça fait rêver. Mais cela relève seulement du fantasme. La question est réglée depuis longtemps. Benzema paiera jusqu'au bout ses erreurs passées. Il restera toujours la désagréable impression qu'il était mal entouré. Mais il est condamné à assumer cette responsabilité.
C'est bien dommage. Pour lui, pour ses supporters inconditionnels, pour les amoureux des Bleus… Mais surtout pour le football. Quand un joueur est aussi beau à regarder jouer, il ne peut générer que le désir d'en voir encore plus. Dans son cas, il ne reste que la frustration de savoir que c'est possible sans avoir le droit d'en profiter. C'est bien là le véritable crève-cœur que sa masterclass face au PSG n'a fait que raviver.
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