La méthode Klopp (9 victoires contre Guardiola)

La philosophie : S’il fallait désigner une bête noire au technicien catalan, ce serait lui. Au-delà d’être un formidable meneur d’hommes, Jürgen Klopp a réussi la prouesse d’imposer son jeu tout en intensité à Guardiola à de nombreuses reprises et de devenir le modèle tactique des dernières saisons en Europe. Des courses infernales, un harcèlement de tous les instants, de la vitesse sur les côtés, des joueurs à l’intelligence tactique supérieure à la moyenne et une envie à déplacer des montagnes : voilà comment le Liverpool de Klopp a fini par prendre le dessus sur City.

Ligue des champions
Guardiola, le piège du trop-penser
15/08/2020 À 18:40

Le concept-clé : Le "gegen-pressing", le fameux contre-pressing. L'idée motrice est simple : défendre en avançant avec un gros bloc au milieu qu’il faut contourner, des latéraux qui montent en flèche dès lors que l’équipe adverse relance sur les côtés et les ailiers qui harcèlent le porteur. Conséquence directe : des pertes de balles fréquentes chez l’adversaire au début de sa phase de possession, une récupération haute de Liverpool et donc des occasions facilement créées.

L’OL a-t-il les moyens de le faire ? Soyons direct, non ! Outre la qualité intrinsèque du groupe de Klopp, la dimension athlétique des Anglais est peut-être la plus impressionnante d’Europe avec des joueurs capables d’enchaîner des courses de très haute intensité à plusieurs reprises. Etant donné le contexte et le goût relatif de certains offensifs Lyonnais pour aller au pressing, il serait suicidaire de tenter de reproduire le schéma pour les homme de Rudi Garcia.

Josep Guardiola et Jurgen Klopp

Crédit: Getty Images

La méthode Mourinho (6 victoires contre Guardiola)

La philosophie : Jouer la carte de l’antithèse. S’il a perdu de sa verve et de son aura ces dernières années, José Mourinho reste un des plus grands tacticiens de sa génération, capable de faire bien jouer ses équipes (si si) mais surtout de faire déjouer les autres en s’adaptant à leur jeu. "Qu’ils gardent le ballon, nous on va en finale", avait-il lâché en 2010 après la qualification de son Inter. Tout y est résumé là : un bloc équipe soudé, des contres meurtriers, du duel, du combat mais surtout une bonne dose de confiance en soi. Et, parfois, cela suffi. Même en étant mené, comme en avril 2018 avec ce renversement de Manchester United grâce à Pogba (mené 2-0 à la pause, victoire 2-3 au final).

Le concept-clé : L’agressivité. C’est réducteur mais bien primordial. Avant un derby de Manchester, Mourinho avait expressément demander à ses joueurs "d’intimider" les Citizens. Sans aller aussi loin, chaque contact devra être tranchant car la moindre intervention en dilettante sera sanctionnée presque automatiquement. Mais, mentalement, être présent dans les premiers duels pourrait rassurer l’équipe lyonnaise.

L’OL a-t-il les moyens de le faire ? Être agressif, peut-être. Encore faut-il l'être dans le bon tempo. Et là c’est une autre musique. Au milieu, le trident Bruno Guimarães - Maxence Caqueret – Houssem Aouar est plus connu pour sa qualité balle au pied que pour son impact physique. Les faire jouer contre-nature reviendrait à nier la seule chance de l’OL de construire des offensives tranchantes.

José Mourinho, Pep Guardiola

Crédit: Getty Images

La méthode Conte (2 victoires contre Guardiola)

La philosophie : L’Italien avait vu rouge lorsque des journalistes anglais avaient utilisé l'expression "bus devant les buts" pour parler de sa mise en place tactique contre le City de Guardiola. Mais l’ancien entraîneur de Chelsea a posé d’énormes problèmes au Catalan lors de son arrivée en Premier League, le battant ainsi deux fois lors de cette saison 2016-2017. La clé ? Une rigueur à toute épreuve, un balisage du terrain pour mieux contrer les forces de City, de l’intensité au duel, du jeu direct de qualité avec le duo Fabregas-Costa et des contres assassins. Le tout dans un 3-4-3 immuable qui se rapproche de certaines particularités du système tactique de l’OL.

Le concept-clé : Bloquer les "demi-espaces". Notion abstraite mais dont City tire sa puissance offensive avec cette délimitation des espaces entre les lignes de touche et le couloir central. C'est dans cette zone que De Bruyne, Silva ou Gündogan prennent un malin plaisir à se faufiler pour faire disjoncter le bloc adverse. Mais avec son 3-4-3 à tendance 5-4-1 en phase défensive, Conte avait réussi à réduire l’influence des meneurs techniques de City dans l’axe, bien aidé par le profil de N’Golo Kanté, certes.

L’OL a-t-il les moyens de le faire ? Oui et non. Sur le papier, le 5-3-2 lyonnais ressemble presque au schéma de Conte avec des principes forts : une grosse présence dans l’axe, de la vitesse sur les côtés et des attaquants rapides pour les contres. Mais toutes les équipes affrontant City essayent fatalement de réduire l’influence d’un De Bruyne, sans jamais y parvenir. Tout le monde n’a pas Kanté dans son effectif…

Antonio Conte (Chelsea) et Josep Guardiola (Manchester City)

Crédit: Panoramic

La méthode Genesio (1 victoire contre Guardiola)

La philosophie : "Il y a eu une sorte de bourrage de crâne" ; "Notre idée première dans la préparation : éviter de se résoudre à la défaite ou se dire qu'on allait limiter la casse". Voilà comment l’OL avait abordé sa confrontation face à Manchester City en 2018 des dires de Bruno Genesio dans L’Equipe. Ici, pas de grand concept tactique mais de l’humain, de la psychologie de guerre et la stratégie des petits pas. Finalement, cela a fini par payer (2-1). Critiqués, amorphes en L1 et irréguliers, les Lyonnais avaient accordé leur violon pour regarder dans les yeux le City de Guardiola et réciter une symphonie jusqu’alors inconnue aux supporters lyonnais.

Le concept-clé : La verticalité. Autrement dit, faire mal à City à chaque incursion, aller au bout de ses idées et de ses actions. Là encore, rien de révolutionnaire mais pourtant nécessaire. Face à la Juve, l’OL n’a jamais vraiment été un danger pour la défense turinoise. Il faudra faire beaucoup plus pour embêter un City bien plus sûr de sa force collective.

L’OL a-t-il les moyens de le faire ? L’avantage, c’est que certains l’ont déjà fait. C’est aussi ce que soulignait Bruno Genesio dans son interview. Mais il va falloir le refaire et ne surtout pas céder à l’envie de baisser la tête et laisser passer l’orage. Car, avec City, la foudre ne s’arrête jamais. "Tu ne dois pas avoir peur de prendre des risques sinon tu es mort car il faut sortir de leur pression", expliquait ainsi l’entraîneur des Gones. Sinon…

Nabil Fekir (OL) face à Manchester City

Crédit: Getty Images

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