C'est ce qui fait le charme du football. Tout va très vite sur la planète du ballon rond. Tout juste installé sur le toit du monde après son sacre au Mondial des clubs, le Bayern Munich a ainsi toutes les raisons de bomber le torse après son année historique avec six titres ramenés, comme le FC Barcelone en 2009 (triplé coupe-championnat-Ligue des champions, supercoupes d'Allemagne et d'Europe et Mondial des clubs). Mais alors que le géant bavarois va débuter les huitièmes de finale de la Ligue des champions avec l'envie de conserver son bien européen, il y a des doutes sur le mastodonte allemand. Et c'est notamment lié à sa défense. Car le colosse n'est plus aussi solide sur ses bases.
Dès ses premiers mois sur le banc bavarois et même si le Bayern a continué de concéder des occasions, Hans-Dieter Flick avait pourtant trouvé comment solidifier une arrière-garde trop perméable sous les ordres de Niko Kovac. Avec un pressing efficace, une défense haute et des joueurs en forme bien installés (Neuer, Davies, Alaba, Boateng, Pavard…), le Bayern avait fermé les vannes jusqu'à encaisser seulement trois petits buts (dont deux lors du fameux 8-2 face au Barça…) lors de ses cinq matches de la phase finale de la C1. Lyon (0-3) et le PSG (0-1) pourraient notamment en témoigner après s'être cassés les dents sur Neuer and co. Mais depuis la musique a bien changé.

Jerome Boateng

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Une défense qui tangue et ça ne date pas d'hier

Les dernières sorties illustrent déjà cette tendance coupable. En une semaine, le Bayern vient d'encaisser cinq buts en Bundesliga (3-3 contre Bielefeld lundi, 2-1 contre Francfort samedi). Mais il ne faut pas s'y tromper, ce n'est pas l'histoire d'un relâchement post-sacre mondial de quelques jours. En fin d'année, le club munichois a déjà enregistré 11 matches de rang en championnat sans réussir à signer le moindre clean-sheet. Et l'impression est la même en C1.
Malgré ses cinq victoires et un nul en poules, le Bayern a dû compter sur un grand Manuel Neuer pour limiter la casse derrière (5 buts encaissés sur ses 5 derniers matches). Une stat pour le démontrer ? L'international allemand est le gardien qui a réalisé le plus de parades lors de la phase de groupes (27)…

Niklas Süle

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Les raisons à ces failles

Alors que se passe-t-il ? Les raisons de cette fragilité défensive sont multiples. Face aux absences (blessures, Covid), Hans-Dieter Flick doit régulièrement tenter quelques expériences derrière, comme le positionnement du rugueux Niklas Sule dans le couloir droit. Or l'Allemand, pur central, ne s'y illustre pas vraiment et c'est un doux euphémisme. C'est aussi une question de forme. Comme beaucoup d'équipes qui ont été loin durant le Final 8 à Lisbonne, le Bayern ne semble pas forcément dans une forme physique optimale cette saison. Sans grande surprise.
Entre le titre en C1 et le début de cet exercice 2020-2021, le champion d'Europe n'a pas eu énormément de temps pour se préparer et travailler le foncier. Or avec sa défense qui joue haut et laisse de l'espace dans son dos, il faut être au meilleur niveau physique pour compenser. Ce n'est pas forcément le cas des Bavarois cette année. Cela se voit et explique pourquoi Flick demande maintenant à son arrière-garde d'évoluer un peu moins haut par rapport à la saison passée… Mais si le collectif tangue, c'est aussi lié comme souvent aux cas individuels.

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Un mal qui peut coûter cher

Alors que le milieu bavarois a également perdu en densité avec le départ notamment de Thiago Alcantara ce qui expose plus la défense, David Alaba, qui s'est brillamment installé la saison dernière en charnière centrale, n'a ainsi pas forcément le même rendement. L'Autrichien si fiable depuis tant d'années à de nombreux postes (latéral, milieu, central…) ne présente pas actuellement son meilleur profil, peut-être a-t-il déjà la tête ailleurs après avoir annoncé qu'il quitterait la Bavière à la fin de saison. Pour ne rien arranger, son compère de l'axe, Jérôme Boateng, n'évolue pas non plus au niveau de l'année passée.
Les maux sont ciblés. Reste à trouver comment les soigner. Sinon, l'équipe qui domine actuellement le football mondial pourrait tomber de haut en Europe. Car si le Bayern peut toujours compter sur son attaque de feu emmenée par Robert Lewandowski, le géant allemand sait qu'il a besoin de retrouver les recettes pour fermer les vannes afin d’espérer poursuivre sa razzia de trophées hors des frontières allemandes.
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