"Si tu m'amènes 100 millions d'euros, il part." Voilà la phrase adressée à Jorge Mendes que doit ressasser Florentino Perez. Le président du Real Madrid a laissé filer à la Juve Cristiano Ronaldo en 2018 et voilà que moins de trois ans plus tard, la rumeur d'un (impossible) retour a pris de l'épaisseur. Parce que ni les uns ni les autres ne sont sortis victorieux d'un mouvement qui a fragilisé les deux parties. De quoi vous filer un sacré cafard. Depuis le départ de son talisman, et avant cette saison, le Real n'a plus dépassé les 8es de finale de la Ligue des champions, et Ronaldo, loin de la machine madrilène, n'a plus vu le dernier carré de la compétition en trois tentatives.

Qui veut encore de Ronaldo ?

Ronaldo a pris de l'âge mais ses stats baignent dans l'eau de jouvence. Le Real a conquis un titre en Liga mais il fait nettement moins peur sur la scène continentale où d'autres puissances (Liverpool hier, le Bayern Munich voire le PSG aujourd'hui) lui font de l'ombre désormais. Un déclassement continental certain que seuls une fin de saison spectaculaire et/ou, plus sûrement, un été spectaculaire sur le marché des transferts pourrait stopper. Car depuis le départ de Ronaldo, les stratégies et les hommes choisis pour faire oublier le Portugais n'ont jamais donné satisfaction et alimentent la mélancolie des belles années aux côtés du Portugais.
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Les échecs Neymar et Mbappé, les espoirs Rodrygo et Vinicius

A l'été 2018, Madrid avait trois cibles pour le remplacer : Neymar, Kylian Mbappé et Eden Hazard, dans cet ordre de priorité. Face à l'intransigeance du PSG et de Chelsea, et refroidi par les pertes colossales suite aux opérations Gareth Bale et James Rodriguez, le Real s'est engagé sur une voie qui ne lui ressemble pas : s'écarter des stars d'aujourd'hui, trop onéreuses, et chercher celles de demain.
La quête du nouveau Ronaldo a coûté cher : 45 millions d'euros pour Vinicius (2018) autant pour Rodrygo (2019), 30 pour Reinier (2019), 63 pour Luka Jovic (2019). Les deux premiers, auteurs de quelques coups d'éclat, ont surtout brillé par leur inconstance au très haut niveau, le deuxième est encore trop tendre alors qu'avec Jovic, déjà reparti en prêt, on frise l'accident industriel.

"Au Real, Cristiano Ronaldo a remis le club à sa place, c'est-à-dire sur le toit de l'Europe"

Un rajeunissement de l'effectif, qui s'étend aux autres secteurs du terrain, qui n'a pas porté ses fruits dans un club qui n'est pas réputé pour sa patience. L’arrivée en masse de ces jeunes pousses rend leur intégration difficile et leur coût colossal augmente l'exigence. A l'issue d'une saison 2018/2019 ratée, le Real a vite compris qu'il fallait revenir aux bases. Zidane a repris les commandes et Perez a lâché 100 millions d'euros sur un Galactique, Eden Hazard.

Zidane change le cap, Hazard plombe le club

Il existe depuis une vraie frontière entre une direction qui pousse pour mettre ses jeunes en valeur, et faire augmenter leur prix, et un Zinédine Zidane qui ne les estime pas prêts et maintient sa confiance totale en ses vieux soldats (Ramos, Varane, Casemiro, Modric, Kroos, Benzema). Deux visions inconciliables qui ont fragilisé le géant espagnol. Si bien que le Real d'aujourd'hui ressemble encore beaucoup au Real d'hier à une exception près : Ronaldo, son ancien leader, meilleur joueur et meilleur buteur.

Eden Hazard

Crédit: Getty Images

Hazard aurait dû reprendre le costume. Mais son aventure à Madrid est, jusqu'ici, un immense fiasco, l'un des plus gros crashes de son histoire. Le voilà de nouveau forfait pour le 8e de finale retour face à l'Atalanta. Une absence, une de plus, pour celui qui a raté plus de matches avec Madrid (51) qu'il n'en a joués (33). Et quand il a pu se présenter sur la pelouse, il ne fut que l'ombre du génial dribbleur de Chelsea. Depuis leurs arrivées à Madrid aux étés 2018 et 2019, Hazard, Vinicius, Rodrygo et Jovic au Real n'ont marqué que 27 fois sous le maillot du Real. Contre 95 pour le seul Ronaldo avec Turin.
Voilà pourquoi, même à 36 ans, Ronaldo est indispensable au Real. A moins que cet été l'opération Erling Haaland – Kylian Mbappé donne un autre sens au lifting du Real Madrid. En attendant, le fantasme Ronaldo agite le souvenir de la splendeur passée d'un Real devenu plus nostalgique que jamais. Et on le comprend.
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