C'est un pied nez de l'histoire qui pourrait avoir de terribles répercussions. La Juventus et Liverpool rêvaient d'une Super Ligue pour réduire l'aléa sportif. Et s'assurer surtout des rentes régulières afin de s'éviter des périodes plus délicates. Finalement, le cauchemar qu'ils ne voulaient plus envisager pourrait se réaliser quelques mois après avoir vu leur projet de ligue fermée dissidente être rangé aux oubliettes juste après l'annonce de sa création. Et s'ils ne parviennent pas à inverser la tendance dans les prochaines journées pour attraper un strapontin pour la C1, les Reds et les Bianconeri vont voir les nuages s'accumuler. Les conséquences pourraient même être dramatiques.
Liverpool n'est pour le moment que sixième de Premier League à sept points de Chelsea, quatrième. Le club de la Mersey dispose de deux rencontres de moins sur les Blues dont son match retard à jouer - contre Manchester United, jeudi - mais sa mission C1 s'annonce délicate. De son côté, la Juventus est cinquième en Serie A, à un point de Naples (4e) alors qu'il ne reste que deux journées à disputer. Et les Turinois vont devoir croiser le fer ce week-end avec l'Inter Milan. Là aussi, ce n'est pas gagné. Ne pas aller en Ligue des champions serait pourtant un désastre sportif. Mais surtout pour les finances des deux clubs.

Jürgen Klopp à Liverpool

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30/05/2021 À 11:33
Ne pas jouer la Ligue des champions est une donnée clef
Touchés de plein fouet par la crise liée à la pandémie de Covid-19, comme nombre de formations en Europe, la Juventus et Liverpool sont dans le rouge. Le géant anglais vient d'annoncer une perte de 53 millions d'euros pour son exercice 2019-2020. Et la Juventus, qui a vu ses bilans passés en négatif depuis l'arrivée de Cristiano Ronaldo, a fait encore pire en présentant un déficit de plus de 110 millions d'euros au premier semestre de son exercice 2020-21. Ne pas pouvoir compter sur la lucrative C1 l'année prochaine serait clairement un vrai casse-tête pour les comptables des clubs.
Pour se rendre compte de l'impact d'un tel raté, il suffit de regarder la distribution des dotations de la Ligue des champions pour l'exercice 2019-2020 : l'UEFA a versé pas moins de 80 millions d'euros aux Reds et 84 millions à la Juve pour leur participation. Imaginez le trou dans les comptes sans ces gains colossaux. "Ne pas jouer la Ligue des champions est évidemment une donnée clef, surtout d'un point de vue financier. C'est vraiment important", a d'ailleurs reconnu Jurgen Klopp il y a quelques jours. "Mais je ne pense pas que cela va changer grand-chose".

Cristiano Ronaldo, Fiorentina-Juventus, Serie A 2020-21, Getty Images

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Liverpool bénéficie de la force de la Premier League

Le coach des Reds se montre optimiste. Un peu trop ? Peut-être bien. Le club de la Mersey aura forcément moins d'arguments en ratant la C1. Pour attirer de nouveaux joueurs. Mais aussi pour les conserver, comme Mo Salah par exemple, dont le futur intrigue dans le Nord de l'Angleterre. Mais le technicien allemand n'a pas totalement tort non plus. Surtout si on compare la situation du champion d'Angleterre 2020 à celle de son homologue italien. Liverpool, qui avait enregistré un bénéfice de 48,3 millions d’euros avant le Covid, a l'avantage de posséder des bases solides avec 558,6 millions d'euros de revenus, selon le rapport du cabinet d'audit anglais Deloitte en janvier dernier.
Même sans C1, l'hôte d'Anfield continuera surtout de recevoir les revenus liés aux droits TV de Premier League, qui lui avaient permis d'empocher 172 millions d'euros en 2019. Même avec une diminution liée à la crise, cela laisse de quoi affronter l'avenir plus sereinement. Liverpool, qui retrouvera ses piliers défensifs Virgil van Dijk et Joe Gomez, devrait certes faire des concessions et revoir un peu son train de vie. Mais moins que la Juventus, où un changement de stratégie risque de s'imposer.

Pour la Juve, il faudrait revoir beaucoup de choses

La Juve, qui est aussi sous la menace d'une suspension de l'UEFA pour son obstination avec la Super Ligue, a en effet de quoi trembler. Car ses finances ne sont pas saines. Le transfert de Cristiano Ronaldo en 2018 a mis à mal l'économie du club turinois, qui vit au-dessus de ses moyens. Avec son salaire estimé à 31 millions d'euros net (contre 12 millions par exemple pour Mo Salah, le plus haut à Liverpool), la masse salariale des Bianconeri a explosé. Selon la Gazzetta dello Sport, elle est aujourd'hui estimée à 236 millions d'euros. Soit plus que celle des Reds (220 millions d'euros) alors que la Juve génère moins de revenus (397 millions d'euros, selon l'étude de Deloitte).
Sans la manne de la Ligue des champions, la Vieille Dame pourrait se retrouver face à une catastrophe industrielle. Le club turinois pourra alors difficilement continuer de payer les émoluments colossaux de CR7. Même des joueurs comme Aaron Ramsey ou Adrien Rabiot, dont les revenus sont estimés à 7 millions d'euros net, pourraient être amenés à faire leur valise. En Italie, on s'interroge même sur le cas Matthijs de Ligt, le deuxième plus haut revenu du club, qui représente une valeur marchande intéressante. Les répercussions pourraient bien être terribles pour la Juve. C'est même un tremblement de terre qui pourrait arriver dans le Piémont. Et après, il faudra réussir à s'en relever. Mais ça, c'est une autre histoire.
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