Le jeu : Paris par KO

Le PSG a donné l'impression de pouvoir maîtriser le match en imposant son jeu avant d'ouvrir le score. Mais ce premier quart d'heure de rêve était un leurre. Les Parisiens n'ont plus tenu le ballon par la suite, reculant inexorablement vers leur but avant de se faire rejoindre. Manchester United a pris le dessus. Les Mancuniens auraient dû valider leur domination en prenant l'avantage en seconde période. Ils n'ont pas porté l'estocade alors que Paris était au bord de la rupture. Et Paris a asséné le coup fatal avant de mettre des Red Devils réduits à dix KO sur un contre en fin de match. Avec une performance collective encore discutable et un brin de réussite. Mais aussi un caractère indéniable.

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Les joueurs : Marquinhos, encore lui !

Sa prestation était déjà remarquable en défense. Mais Marquinhos ne s'empêche jamais de dépasser ses fonctions. Il est venu arracher ce but si capital pour devenir l'homme providentiel du PSG. En Ligue des champions, ce n'est pas la première fois. Mais sa performance n'aurait pas suffi sans Neymar. Le Brésilien a connu des creux physiques, mais il a été ultra-décisif avec ce doublé qui change totalement le destin des Parisiens. Il a assumé son statut de leader. A Manchester, Marcus Rashford et Edinson Cavani ont fait vivre un calvaire à la défense parisienne. Et Fred a définitivement plombé les siens avec un carton rouge largement mérité pour l'ensemble de son œuvre.

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Le facteur X : Ce n'était pas le soir de Martial

Manchester United a eu deux balles de match. Les deux pour Anthony Martial, dans ce premier quart d'heure de la seconde période où Paris aurait pu perdre pied définitivement. Sur la première, le Français a vendangé l'offrande de Marcus Rashford en expédiant le ballon au-dessus alors qu'il était en position idéale. Sur la deuxième, après un premier tir d'Edinson Cavani renvoyé par la barre, il n'a pas su exploiter la passe subtile de Bruno Fernandes en butant sur un retour tonitruant de Marquinhos. Le mérite en revient en partie au Brésilien. Mais si un homme a incarné le manque de réalisme des Red Devils, c'est bien Martial.

La stat : 4

C'est tout le paradoxe des confrontations entre le PSG et Manchester United. Il y en a eu quatre et l'équipe qui recevait a systématiquement perdu. Paris avait remporté le premier opus à Old Trafford (0-2) avant de s'incliner au Parc (1-3) et de se faire éliminer en 8e des finales de la Ligue des champions 2018-19. Il avait une nouvelle fois été battu par MU à domicile (1-2) avant donc de prendre sa revanche au retour en Angleterre (1-3). Un tel cas de figure ne s'était jamais produit dans la compétition.

La décla : Marquinhos (capitaine du PSG)

On a eu des bons moments, des moments plus compliqués. Contre une grande équipe comme ça, il faut profiter des bons moments et essayer de contrôler dans les moments difficiles.

La question : Quel est le style de ce PSG ?

La performance du PSG est paradoxale. Son entame était exceptionnelle, et son incapacité à afficher le même niveau sur la durée est forcément un brin décevante. C'est un peu ce qui caractérise Paris cette saison. Sur le plan collectif, il manque de maîtrise et ce match a permis de le vérifier. Mais remporter un match décisif de Ligue des champions à Old Trafford face à Manchester United ressemble rarement à un long fleuve tranquille. Paris a été balloté. Paris a été bord de chavirer. Mais Paris a tenu bon. Et la devise de la ville, "Fluctuat nec mergitur" ("il est battu par les flots mais ne sombre pas"), a pris tout son sens dans ce combat.

Le PSG a dû lutter contre des éléments contraires. Il n'a pas vraiment été gâté par l'arbitrage, notamment dans une première période où Fred a miraculeusement échappé à l'expulsion… par deux fois. Il n'a pas été spécialement chanceux sur le but égalisateur de Manchester United quand le malheureux Danilo a détourné la frappe de Rashford dans ses propres filets. Son destin semblait le conduire vers une nouvelle désillusion seulement retardée par la maladresse de Mancuniens dominateurs en seconde période.

Et puis il y a eu ces 21 dernières minutes. Ce coaching improbable de Thomas Tuchel qui sort un attaquant, Moise Kean, pour Mitchel Bakker, un défenseur. Et le passage à un système inhabituel en 3-5-2 qui s'en est suivi. Cela pouvait ressembler au sabordage ultime. Mais le pari s'est avéré gagnant. Parce que, dans la souffrance, ce PSG n'a jamais rien lâché. Il a fait le dos rond à défaut de bomber le torse. Ce n'est pas forcément son style. Mais, mine de rien, ça lui réussit. C'est bien comme ça qu'il a battu Leipzig la semaine dernière. Et qu'il a son destin en main aujourd'hui.

Marquinhos buteur face à Manchester United

Crédit: Getty Images

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