Le jeu : PSG, jour et nuit noire

Aucune surprise sur le terrain. Pep Guardiola avait choisi un onze sans attaquant de pointe quand Paris proposait un 4-4-2 avec deux lignes denses et très resserrées à la récupération. La suite fut d'une simplicité enfantine. Une première période dominée par le milieu parisien grâce à sa maîtrise technique mais surtout à son activité folle. La baisse d'intensité en seconde période a complètement renversé le rapport de force alors que City a confisqué le ballon et remonté sa ligne de récupération.
Manchester City a mis en place son rouleau compresseur. Paris regrettera de n'avoir pas su enfoncer le clou dans ses temps forts lors d'un premier acte qui restera un modèle du genre. Rarement une équipe de Guardiola s'est montrée aussi fébrile et en proie au doute. Et si elle a remis le pied sur le ballon et de l'ordre dans ses idées en seconde période, ce ne fut pas non plus un festival d'occasions manquées par les Citizens. Ses buts sont intervenus sur deux coups du sort : un centre fuyant de De Bruyne et un mur qui se disloque sur un coup franc de Mahrez. Paris a manqué de constance et de continuité face à un Manchester loin d'être intouchable. C'est sans doute ce qui lui laissera le plus de regrets.
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L'ajustement de Guardiola, la disparition de Verratti et Neymar : comment Paris a sombré

Les joueurs : Neymar-Mbappé transparents, Di Maria constant

Les défaillances individuelles sont nombreuses côté parisien. A l'image d'un Idrissa Gueye étincelant en première période puis en souffrance jusqu'à sa logique expulsion, le PSG a complètement plongé. Seul Angel Di Maria, passeur décisif et insatiable travailleur, s'est montré constant des deux côtés du terrain. Évidemment, la timidité de Neymar et Kylian Mbappé a fortement diminué le pouvoir de nuisance du PSG. Eux qu'on avait vu si inspirés face au Bayern n'ont jamais pesé sur les débats et si Paris a cadré sa dernière frappe à la 28e minute, ils en sont les deux premiers responsables.

"Le piège Neymar-Mbappé s'est refermé sur le PSG"

Les contres parisiens devaient être leur arme fatale, ils n'ont jamais été une menace. Keylor Navas, l'autre homme fort de la saison, a vécu une soirée difficile en se faisant surprendre par De Bruyne et Mahrez qui ont eu de la réussite. Et Mitchel Bakker n'a pas encore le niveau pour ce genre de rencontre. Reste Marquinhos, buteur des grands soirs. Mais ce mardi, cela n'a pas suffi.
A Manchester City, dans un jeu de miroir inversé, Kevin De Bruyne est monté en puissance au fil de la rencontre jusqu'à jouer dans un fauteuil. Phil Foden a suivi la même trajectoire même si ce fut moins spectaculaire que le milieu belge. Kyle Walker et Ruben Dias ont parfaitement contrôlé la force de frappe du PSG en éteignant littéralement Mbappé et Neymar. Cancelo a, en revanche, vécu un cauchemar face à Di Maria.

Le facteur x : Si seulement Verratti…

Alors que Manchester City commence sa corrida en début de seconde période, Paris profite du seul éclair du soir de Mbappé (56e). Le champion du monde fixe toute la défense, centre parfaitement pour Marco Verratti… Il manque cinq centimètres à l'Italien pour terrasser City dans son temps fort. Paris a laissé passer sa chance. Huit minutes plus tard, De Bruyne égalisera et Paris s'effondrera.

La stat : 2,6

C'est le nombre de buts marqués à l'extérieur par le PSG cette saison. Dont trois à Manchester United, quatre à Barcelone et trois à Munich. De quoi ne pas enterrer tout de suite les chances de qualification des Parisiens…

Le tweet chat noir

La décla : Pep Guardiola, entraîneur de Manchester City

À la mi-temps on a dit aux joueurs : jouez au foot. Si on perd, on perd, mais on doit jouer et être nous-mêmes.

La question : Mais quelle mouche a piqué le PSG ?

Comment le PSG a-t-il pu offrir deux visages aussi opposés ? Comment a-t-il pu autant suffoquer en seconde période ? Comment a-t-il pu signer 45 premières minutes références et 45 dernières minutes si infâmes ? Paris s'est effondré physiquement dans des proportions démentielles, il a explosé en morceaux. A l'image d'un Marco Verratti à bout de souffle ou d'un Gueye subitement dépassé par les évènements. Peut-être parce que l'intensité proposée avant la pause a fini par lui coûter du jus et de la lucidité.

PSG - Manchester City

Crédit: Getty Images

L'absence de relation entre Neymar et Kylian Mbappé est un autre élément de réponse. Parce que Paris s'attendait à subir mais, avec ses deux flèches, il semblait avoir la réponse à la domination attendue des hommes de Pep Guardiola. Avec un duo complètement éteint, Paris ne s'est procuré qu'une occasion après la pause, n'a pas su ressortir les ballons et en a perdu plus que de raison. Les deux hommes n'ont pas su offrir le relai nécessaire à la fois pour faire remonter le bloc mais aussi pour soulager leurs milieux, sur les rotules dès l'heure de jeu.
Mauricio Pochettino a aussi sa part de responsabilité en tardant à faire des changements alors que son équipe sombrait sous ses yeux. Il a manqué de souplesse et d'imagination. En laissant Neymar et Mbappé sur le terrain plutôt que Di Maria, son meilleur joueur du soir, il a cédé aux statuts. Son attentisme a fini par être fatal.

"Manchester City a pris une belle option en vue du triplé"

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