Paris a dit non. Ce projet si lucratif de Super Ligue européenne, le champion de France en titre s'y est opposé. Il a décidé de ne pas faire sécession. De rester dans le giron de l'UEFA et de cette Ligue des champions qu'il rêve tellement de remporter. De ne pas suivre ces clubs auxquels il aspire à ressembler. Le PSG a eu le choix. Comme le Bayern, il a été invité à se couper du reste de l'Europe du football au départ. Et comme le Bayern, il a refusé cette invitation, même si Florentino Pérez a prétendu l'inverse lundi tout en laissant la porte ouverte. Un peu à la surprise générale, tant ce projet dans lequel il était d'ailleurs longtemps impliqué avait de quoi séduire le richissime club de la capitale, au même titre que son homologue bavarois.
La décision du PSG a été saluée. Par le président Emmanuel Macron, dans un communiqué diffusé par le gouvernement pour s'opposer à ce projet. Par l'UEFA, soulagée de voir le vice-champion d'Europe en titre rester fidèle à l'instance européenne. Par tout le monde, de manière générale. Il lui a suffi de dire non à cette Super Ligue pour redorer en un instant son image, pourtant largement écornée par sa folie dépensière sur le marché des transferts depuis l'arrivée de QSI dans la capitale en 2011.

Marcher main dans la main avec l'UEFA

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Paris a surfé sur cette vague au moment de communiquer sur les raisons de son choix. Il a mis en avant sa volonté de se tenir à "la tradition de l'UEFA" et au "football pour toutes les équipes." C'est légitime. Mais c'est surtout pour des questions d'argent que le PSG a repoussé ce projet. Que Nasser Al-Khelaifi soit aussi à la tête de BeIN Media Group, diffuseur de la Ligue des champions dans plusieurs pays, a joué un rôle dans la décision du président parisien. Il a des intérêts financiers communs avec l'instance européenne pour maintenir un minimum d'attractivité à cette Ligue des champions.

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Il y a aussi des raisons politiques avec la perspective de la Coupe du monde au Qatar. Les propriétaires du PSG pouvaient difficilement se permettre d'entrer en conflit avec l'UEFA et la FIFA avant cette échéance. Elle s'accompagne déjà de suffisamment d'incertitudes depuis qu'Aleksandr Ceferin, le patron de l'UEFA, a répété son intention de ne pas laisser les internationaux évoluant dans les clubs de la Super Ligue à participer au tournoi. Dans ces conditions, Paris n'avait pas vraiment d'autre choix que de continuer à marcher main dans la main avec les instances dirigeantes du football.
D'ailleurs, c'est un vibrant hommage qu'a rendu Ceferin à NAK mardi. "Nasser, merci du fond du cœur, tu montres que tu es un grand homme et que tu respectes le football", a soufflé le président de l'UEFA à l'adresse du patron du PSG.

Un timing crucial

La question, c'est pour combien de temps. Si le PSG bénéficie de gros moyens financiers, il n'échappe pas à la crise pour autant. Et la perspective de voir les 12 clubs fondateurs de la Super Ligue, qui pèsent ensemble 40 titres de champions d'Europe, quitter le plateau de la Ligue des champions diminuera fatalement les retombées économiques pour les clubs participants à la C1. Ce qui pourrait, le cas échéant, pousser le club de la capitale à céder aux sirènes de la très lucrative ligue fermée, financée par JPMorgan à hauteur de 4 à 6 milliards d'euros selon L'Equipe.

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Le timing de la mise en place de cette Super Ligue est également crucial pour le PSG. Sur le plan sportif et économique, Paris dépend beaucoup de ses deux stars, Neymar et Kylian Mbappé. Deux joueurs liés au club parisien jusqu'en 2022 et qui n'ont toujours pas prolongé leur contrat dans la capitale. La création de cette ligue fermée pourrait impacter les négociations avec les deux joueurs. Ils pourraient être davantage attirés par cette compétition regroupant la plupart des clubs les plus prestigieux en Europe. Surtout s'ils viennent à disposer de moyens plus importants pour répondre à leurs exigences salariales.

La porte reste ouverte

La perspective de voir les joueurs des clubs de Super Ligue privés de sélection peut éventuellement jouer en faveur du PSG dans cette optique, tant Neymar est attaché au Brésil et Mbappé à la France. Mais Paris ne s'est pas moins mis dans une position délicate en refusant d'adhérer à ce projet qu'il peut toujours rejoindre. Selon l'AFP, deux clubs français devraient y participer chaque année. Si cela se confirme, il est difficile d'imaginer que le PSG ne soit pas dans le lot. Selon Der Spiegel, le club de la capitale aurait même encore deux semaines pour revenir sur sa décision et intégrer le cercle des membres fondateurs de la Super Ligue.
La tentation existe. Mais si le PSG a été salué en s'opposant à ce projet, changer d'avis pour faire partie de cette ligue fermée serait vraisemblablement catastrophique pour son image. Le dilemme est de taille et il traduit finalement assez bien l'incertitude totale qui s'est emparée du football européen. C'est finalement le plus dommageable pour un PSG qui surfait sur l'euphorie de sa qualification pour les demi-finales de la Ligue des champions. C'était la semaine dernière. Mais cela paraît déjà bien loin…

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