LE JEU : Chelsea n’a rien laissé

Bouger Chelsea n’est (vraiment) pas donné à tout le monde. Parfaitement organisés dans leur habituel 3-4-3 (ou 3-5-2), les Blues n’ont presque jamais cédé de terrain au Real et joué leurs attaques avec panache. Le ticket allemand Havertz-Werner s’est mis en évidence sur l’ouverture du score (28e) avant une cascade d’occasions manquées par le club londonien, de Havertz (47e, 59e) à Mount (53e) en passant par Kanté (66e). Buteur au match aller, Pulisic a lui apporté son sang froid après son entrée en jeu, en servant Mount sur le but du break (85e).
En face, seul Benzema a véritablement inquiété le solide Mendy (26e, 35e). Seul Benzema. Le résumé parfait de la prestation madrilène, et même de la double confrontation des Merengue, en manque cruel d’inspiration. Zinedine Zidane avait choisi de reconduire une défense à cinq, avec Vinicius comme piston droit, et son équipe n’a jamais su quoi faire du ballon. Un triste spectacle de la part du champion d’Espagne.
Ligue des champions
Une finale à l'accent anglais : Chelsea étouffe le Real pour rejoindre City
05/05/2021 À 20:54

La joie de Chelsea

Crédit: Getty Images

LES JOUEURS : Kanté intenable, Ramos dépassé

En gros manque de confiance ces derniers temps, Werner a retrouvé le chemin des filets, en opportuniste, certes devant le but vide. Son association avec Havertz a fonctionné tandis que Kanté s’est baladé avec brio entre les lignes madrilènes, passant même tout proche de marquer. Derrière le roc Rüdiger, Mendy a sorti les parades qu’il fallait, surtout face à un Benzema qui était, cette fois, beaucoup trop isolé. De retour de blessure et en l’absence de Varane, Sergio Ramos manquait cruellement de rythme et a vécu un calvaire, étant presque toujours pris… ou trop loin sur les duels. Titulaire dans une position axiale, Hazard n’a pas existé, à l’exception d’une frappe en angle fermé.

"Il doit y avoir une révolution au Real et Zidane n'y échappera pas"

LE FACTEUR X : Mendy a évité le doute

Ses deux parades face à Benzema en première période sont intervenues à des moments-clés. La première, sur une frappe enroulée qui prenait la direction du petit filet, a précédé l’ouverture du score de… deux minutes. La seconde, sur une tête puissante, a empêché le Real d’égaliser quatre minutes après ce premier but. Peu sollicité pour le reste, à l’exception d’une tentative de Hazard en angle fermé, l’ancien Rennais a réalisé un match de grand gardien. Et empêché les Merengue de semer le doute dans cette rencontre.

LA STAT : Tuchel, première

Après avoir emmené Paris à Lisbonne la saison dernière, Thomas Tuchel va donc remettre ça. Mais avec Chelsea, club qu’il a récupéré en cours de saison… après avoir été remercié par le PSG. Le technicien allemand devient ainsi le premier entraîneur de l’histoire à se qualifier pour deux finales de Ligue des champions de rang avec deux clubs différents.

LE TWEET d’un ex-finaliste (et vainqueur)

LA DECLA : Zinedine Zidane (entraîneur du Real Madrid)

Ils ont été supérieurs, ils méritent de gagner, ils ont été plus efficaces. Sur l’ensemble des deux matches, ils ont mérité leur qualification.

LA QUESTION : La victoire de Tuchel, la défaite de Zidane ?

Thomas Tuchel est arrivé dans un Chelsea qui patinait, fin janvier. 24 matches officiels plus tard, le chantier a avancé à vitesse grand V et les Blues, au-delà d’être finalistes de Ligue des champions et revenus dans le top 4 en Premier League, sont devenus extrêmement cohérents collectivement. Et ça, c’est indéniablement la patte du technicien allemand. Encore au placard il y a quelques mois, Azpilicueta mais surtout Rüdiger ont été excellents lors de cette double confrontation. Son système à trois défenseurs centraux, lui aussi installé dès le départ, a complètement étouffé les Merengue sur ces deux rencontres.

César Azpilicueta (Chelsea)

Crédit: Getty Images

Malgré ses ratés, Werner a conservé la confiance de son coach et a fini par le remercier, soutenu par un Havertz sur le banc à l’aller et décisif au retour. À l’inverse, Pulisic avait démarré et marqué mardi dernier, avant son entrée gagnante mercredi. Une gestion tactique et humaine parfaite, donc. En face, ce fut beaucoup plus compliqué pour Zinedine Zidane. Le premier – et principal – reproche qui sera fait au technicien français sera son choix de conserver au retour une défense à cinq (ou à trois, selon les phases) qui n’avait pas donné satisfaction à l’aller. En voulant calquer son système sur celui de son adversaire, la différence entre les deux formations n’en fut que plus criante.
Conséquence directe du choix du système, celui des hommes fut aussi discutable. Vinicius était tout sauf à sa place comme piston droit alors qu’Hazard, positionné dans l’axe, a trop souvent joué dos au but, étant privé de son couloir gauche. Mais le Belge, pas encore au point physiquement, aurait-il pu faire les efforts défensifs nécessaires à gauche d’un 4-3-3 ? C’est toute la question, qui nous amène directement vers les circonstances atténuantes dont bénéficie « ZZ ». Privé de recrues et de plusieurs cadres – Ramos à l’aller, Varane au retour -, le champion du monde a bricolé. Mais cette fois, il n’a pas trouvé les clés pour sortir cette équipe de Chelsea de son confort. Et ses cadres, notamment au milieu de terrain, ne l’ont pas sorti du pétrin.
Liga
Le Real Madrid et le FC Barcelone brocardent l'accord Liga-CVC
IL Y A UNE HEURE
Liga
Le Real peut s’inquiéter : Kroos souffre d'une pubalgie et pourrait être absent plusieurs mois
03/08/2021 À 20:19