Mauricio Pochettino n'est pas (encore) très bavard. Aux commandes du Paris Saint-Germain depuis un peu plus d'un mois, le technicien argentin apparaît encore sur la retenue face à la presse. Probablement que la barrière de la langue joue en sa défaveur, lui qui a avoué avoir gardé peu de souvenirs linguistiques de son premier passage en France, il y a vingt ans. Il excellait pourtant dans cet exercice en Angleterre. Le voir se livrer un peu plus ne semble donc être qu'une question de temps. Mais finalement, voir un Pochettino droit dans ses bottes dans l'exercice de la "conf" ce n'est pas le problème du moment. Le problème, c'est que tout a été fait pour que cela soit le cas.
Alors qu'il n'a pas commencé, ce Barcelone - PSG a déjà fait un gros pas dans la polémique. En Espagne, la plupart des médias catalans et espagnols n'ont pas eu le temps de poser leurs questions. Seul le biographe de Pochettino et deux autres confrères ont pu le faire. C'est peu et ça n'a pas plu, surtout que des questions sur Lionel Messi allaient être posées. Pour El Mundo Deportivo, cette manoeuvre venait du département communication du PSG et elle n'a fait qu'accentuer le fossé philosophique entre les deux clubs, ravivé par les rumeurs d'arrivée de Messi la saison prochaine. Le potentiel départ du "diez" argentin fait peur à Barcelone et tous veulent savoir quel est ce plan parisien qu'ils redoutent tant. Paris a fait ravaler la "Remontada" au Barça en coulisses en lui chipant Neymar avec son chéquier. Ils savent que la saison 2 peut se produire.

Pochettino pas étonné de la montée en puissance du Barça

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A la veille de ce 8e de finale de Ligue des champions entre le FC Barcelone et le PSG, le nouveau "Mister" parisien, à défaut d'évoquer la "Pulga" du Barça, a quand même passé un message principal : celui d'oublier le passé et le 6-1 encaissé au Camp Nou en mars 2017. A l'époque aux commandes de Tottenham, Pochettino est logiquement un élément extérieur à ce drame sportif. Passé chez le voisin honni, l'Espanyol, en tant que joueur et entraîneur, il connaît mieux que personne l'appréhension de jouer cet ogre qu'est le Barça. Pour lui, le traumatisme vécu par certains joueurs de son groupe il y a quatre ans doit être rangé dans un placard avec un cadenas. A problème majeur, une solution radicale.
"Je suis bien par rapport à ça. L'histoire est l'histoire, on ne peut pas la supprimer. L'idée est de construire un futur meilleur. Pour tout le monde, le club, le staff, les joueurs, il faut aller de l'avant", a martelé Pochettino dans sa langue natale. Passé devant les micros et écrans juste avant lui, Leandro Paredes, lui aussi extérieur à l'épisode de la "Remontada", a pensé la même chose. "Je me souviens seulement du résultat, ça fait très longtemps je ne me souviens pas de ce match, le plus important c'est le match de demain." Clair, net et précis les Argentins. Ne leur parlez pas du passé mais de demain.
Concernant le Barça, Pochettino, qui s'est par ailleurs dit être un fan de la première heure de son homologue, a réaffirmé que la montée en régime du club catalan cette saison était quelque chose de logique. "Ils ont eu un nouvel entraîneur, Ronald Koeman. Cela prend du temps de mettre en marche le projet, de donner la direction que vous souhaitez à l'équipe au niveau travail. Le Barça est avec lui depuis sept ou huit mois et ils ont eu les problèmes qu'on a tous vécus : il y a eu le Covid, les blessures. Mais maintenant, tout est différent. C'est normal qu'avec un nouveau coach, une équipe ait besoin de temps. Maintenant, l'équipe est beaucoup plus solide. Ce n'est pas une surprise pour moi de les voir traverser une bonne période."

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Pochettino et le principe de passion - obsession

Pour Pochettino, la priorité du moment est de forger une identité de jeu à son groupe. Ancien joueur du club, et élève doué de l'amoureux du club qu'est Luis Fernandez, Pochettino sait qu'il doit créer un tampon estampillé "PSG" dans les mois à venir, et cela passera par cette double confrontation contre les Blaugrana. "L'équipe suit nos instructions et elle veut construire ensemble une idée et une identité. Avec les joueurs, le président, le directeur sportif, notre idée est de créer une identité, montrant ce qu'est le Paris Saint-Germain. Il n'est pas question d'imposer notre vision de ce que doit être le PSG, mais nos idées sur le jeu et ce que nous croyons être le meilleur pour le club, comme on l'a déjà fait ailleurs. Une identité unique car chaque club est différent avec une culture et une identité différente. En arrivant, nous avons trouvé une équipe merveilleuse, qui s'entend bien. Ils sont tous amis et ils aiment s'entraîner. Nous sommes contents du bon courant humain qu'il y a entre nous et eux."
Il a aussi été question de passion et d'obsession. Comprenez : de l'amour du football. A la toute fin de son point presse, à la fois décevant et intéressant, Pochettino a ouvert son livre de philosophie. C'est ici qu'on a vu la marque Marcelo Bielsa qui existe en lui. "Quand nous avons la chance d'appartenir à ce milieu, on parle de passion, mais maintenant nous sommes passés à l'obsession. De temps en temps, nous nous retrouvons au milieu de la passion - obsession. Et parfois on ne sait pas comment décrire le sentiment qui nous anime. On aime tellement ce sport qu'on passe 24h à y penser. On ne peut pas arrêter de penser au foot. Donc, quand je parle d'obsession, c'est de façon positive. Car c'est un pas au-delà de la passion. Il y a tellement de passion autour de notre club, que parfois elle nous échappe, nous tous, les fans et les joueurs. Je parle d'une passion démesurée, jamais je ne parlerai de ça de façon négative." Reste à transmettre cette passion sur la pelouse du Camp Nou, et s'éviter la sinistrose de 2017.

Mauricio Pochettino avec Mauro Icardi et Kylian Mbappé la veille de Barcelone - PSG / Ligue des champions

Crédit: Getty Images

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