Peu d'entraîneurs oseraient se passer de Sergio Agüero et Gabriel Jesus. Mais, on le sait depuis longtemps désormais, Pep Guardiola ne fait presque rien comme les autres. Cette saison, l'entraîneur de Manchester City a remis le faux numéro 9, qu'il plébiscitait à Barcelone, au goût du jour. Lors de la demi-finale aller de C1 face au PSG, l'avant-centre bleu ciel se nommait Kevin De Bruyne. Il est fort à parier que l'expérience sera reconduite mardi, pour le retour. Autant par idéologie qu'en raison des circonstances de la saison des Citizens.
Il faut dire que Guardiola n'a pas vraiment eu le choix. Ses attaquants ont beau s'appeler Agüero et Jesus, ils connaissent tous les deux une saison plutôt difficile. L'Argentin de 32 ans, qui quittera le club en fin de saison, a été longtemps blessé puis touché par le Covid-19, et n'a participé qu'à seize rencontres cette saison, pour quatre buts. Le Brésilien, lui, n'est pas vraiment à la hauteur des attentes. Ses treize buts toutes compétitions confondues pèsent peu face à ses nombreux ratés, et surtout à ses difficultés dans le jeu.

Gabriel Jesus of Manchester City

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Une demi-douzaine de faux 9 dans l'effectif

Une aubaine pour Guardiola, qui a pu en profiter pour réutiliser une de ses armes favorites : le faux numéro 9. Le Catalan avait pu parfaire ce dogme au Barça, évidemment car il disposait du joueur parfait pour remplir ce rôle. En 2011, lors de la dernière victoire de "Pep" en Ligue des champions, Lionel Messi occupait le rôle d'avant-centre. David Villa, buteur redoutable, était placé à droite. Et les deux avaient marqué en finale, contre Manchester United (3-1). L'Argentin, dans ce rôle particulier, avait d'ailleurs cumulé 53 buts en 55 matches cette saison.
Au Bayern, ensuite (2013-2016), Guardiola avait légèrement mis de côté l'idée du faux 9, au profit des faux latéraux comme Philipp Lahm - concept réutilisé à City avec Cancelo, notamment. Mario Götze avait toutefois occupé ce rôle par intermittence, pour suppléer Mario Mandzukic puis Robert Lewandowski. Avant cette saison, à City, le concept était également périodique : De Bruyne s'y était déjà collé, contre le Barça en C1 en 2016, ou bien début 2020, lors d'un match de Carabao Cup contre le rival United.

Tentative de Kevin De Bruyne (Manchester City) sur la pelouse du Paris Saint-Germain, en demi-finale aller de la Ligue des champions - 28/04/2021

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Mais les circonstances, et surtout la construction de l'effectif citizen, ont permis au double vainqueur de la C1 de revenir à ses principes barcelonais. Car, si Guardiola ne compte pas Messi dans ses rangs à l'Etihad, il dispose en revanche d'une pléthore de joueurs capables d'occuper le poste d'avant-centre, dans sa définition "guardiolesque". Outre Kevin De Bruyne, qui l'a occupé face au PSG, contre le Real lors de la campagne de Ligue des champions, ou lors de la victoire convaincante à Stamford Bridge contre Chelsea (1-3), ils sont presque une demi-douzaine à s'y être essayés cette saison !
En Premier League, Phil Foden était aligné comme avant-centre lors du net succès à Liverpool (1-4), et Ilkay Gündogan avait rempli le rôle lors de la démonstration contre Tottenham en février (3-0) - il avait d'ailleurs inscrit un doublé. Raheem Sterling, Riyad Mahrez et Bernardo Silva ont également défilé à la pointe du dispositif de Guardiola. En C1, Ferran Torres a également utilisé à ce poste en phase de groupes, notamment contre l'OM, où il avait marqué à l'aller et au retour.

La patte Guardiola : dogme et adaptation

Même si les Skyblues ont évolué sans finisseur-né pendant une bonne partie de la saison, ils restent la meilleure attaque de Premier League. Le crédit en revient certes à Guardiola, qui a poussé son idéologie de contrôle du milieu de terrain plus loin que jamais : avec un faux 9, des meneurs de jeu comme Mahrez ou Silva sur les côtés, et les latéraux Cancelo et Walker qui rentrent dans le coeur du jeu pour évoluer comme relayeurs, Manchester City a parfois évolué avec sept "milieux" cette saison, et aucun réel buteur - même si Raheem Sterling, qui manque parfois de fiabilité dans le domaine, a progressé.
Mais le Catalan a aussi bénéficié de la forme exceptionnelle de certains de ses joueurs, qui ont validé son dispositif. Le meilleur buteur citizen cette saison s'appelle Ilkay Gündogan, avec seize réalisations toutes compétitions confondues. Foden a marqué quatorze fois, Sterling treize, Mahrez douze, Torres dix, De Bruyne neuf. Le danger vient de partout, et City sait le transformer : avec 70,49 expected goals pour 71 buts inscrits en Premier League, les Citizens, sans surperformer, ont affiché une réussite constante cette saison.
Ce choix de Guardiola résume finalement bien son idéologie : même s'il est dogmatique, et tient à ses principes, le Catalan a toujours su s'adapter - comme s'il réutilisait ses vieux pots pour, à chaque fois, améliorer sa confiture. Et les résultats, cette saison, valident ses choix. Même si Sergio Agüero a inscrit son premier but en championnat depuis janvier ce week-end face à Crystal Palace, même si Gabriel Jesus postule, il ne serait ainsi pas étonnant que "Pep" aligne un faux 9 face au PSG. Reste à savoir qui il choisira.

Ilkay Gündogan von Manchester City (r.) und Timo Werner vom FC Chelsea

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