Une soirée complètement folle. Et une élimination qui l'est tout autant. Malgré sa victoire contre le FC Porto (3-2, a.p), ce mardi soir, en huitième de finale retour de la Ligue des champions, la Juventus Turin fait déjà ses adieux à la plus prestigieuse des compétitions européennes. Encore une fois de manière prématurée. Après l'Ajax Amsterdam en 2019, puis l'OL en 2020, c'est donc cette fois le club portugais qui éjecte la Vieille Dame de la scène européenne. Le tout au terme d'un scénario insensé, qui a vu cette dernière en supériorité numérique pendant plus de soixante minutes. Mais rien n'y a fait. Le rêve s'est de nouveau brisé. Pas le plafond de verre.
Nous avons commis quatre erreurs en deux matches
"C'est dur, on a joué à onze contre dix pendant quasiment tout le match, expliquait un Matthijs De Ligt très déçu après la rencontre. On a mal commencé, ils ont marqué et après on a commencé à jouer, mais trop tard. En seconde mi-temps, on a mieux joué, et marqué deux buts, mais il a manqué le troisième. Cette élimination change beaucoup de choses. Sortir en mars, c'est trop tôt pour nous." Mais malheureusement, la Juve commence à en prendre la fâcheuse habitude. Comme obnibulée par une compétition qui s'est transformée, au fil des années, en un véritable tabou. Ou malédiction, selon les préférences. Et ce depuis vingt-cinq ans maintenant.
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"Nous avons commis quatre erreurs en deux matches, c'est beaucoup trop pour espérer une qualification, regrettait Andrea Pirlo au micro de Sky Italia. On avait bien commencé ce soir (...) Après le penalty, un autre match a commencé. En deuxième mi-temps, on a fait le match qu'on devait faire. Nous étions plus ordonnés, mais cela n'a pas suffi." Interrogé sur le deuxième but (fatal) encaissé en prolongation sur un coup franc lointain, l'entraîneur bianconero a regretté un mur qui s'est effrité aussi vite qu'il s'est construit.

Le mur, une erreur "fatale"

"C'est nous qui choisissons qui va dedans, a-t-il expliqué (...) C'est la première fois que les joueurs se retournent, comme s'ils avaient peur du ballon. Peut-être qu'ils pensaient que le joueur était trop loin pour marquer. C'est une erreur. D'habitude, cela n'arrive pas. C'était fatal". Toujours aussi impassible, Pirlo n'a laissé transparaître aucune émotion devant les caméras. "C'est ma première grosse déception sur un banc, mais c'est le métier", a toutefois concédé l'ancien milieu de terrain.
Interrogé sur son avenir à court terme, il s'est voulu plutôt tranquille, se considérant partie prenante d'un "projet" initié par ses dirigeants et programmé "sur plusieurs années". Même si ce même revers avait coûté le poste à son prédecesseur Maurizio Sarri ? "Je ne sais pas s'il avait été viré pour ça", a-t-il rétorqué innocemment. Au fond, lui-même connaît la réponse.
Une nouvelle fois le meilleur des siens, Federico Chiesa, lui, n'a pas caché toute sa "tristesse" et son "amertume". "Mais nous n'avons aucune excuse (...) On va se retrousser les manches et continuer à travailler, la Juve ne lâche jamais". Reléguée à dix points de l'Inter Milan en Serie A (avec un match en moins, NDLR), la Vieille Dame va toutefois devoir cravacher pour rattraper son retard et viser son dixième scudetto consécutif. Autant dire un mirage à cet instant de la saison. La finale de la Coupe d'Italie, prévue face à l'Atalanta Bergame, pourrait quant à elle servir de lot de consolation. Mais encore faudra-t-il l'emporter. Et pour l'heure, la Juve n'a pas vraiment la tête à ça.

Andrea Pirlo

Crédit: Getty Images

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