Le rendez-vous est donné à 14h30 au Legends, un bar de Manhattan situé au pied de l’impressionnant Empire State Building. Ici, nous sommes très loin du climat frigorifique et neigeux de Munich puisque le thermostat affiche 18 degrés sous un beau soleil printanier. En cette après-midi du 7 avril (décalage horaire oblige), les membres du PSG Club New York se rejoignent comme à leur habitude dans la "Football Factory", une grande salle au sous-sol du Legends recouverte de maillots, d’écharpes et d’écrans qui diffusent les matches des plus grandes équipes d’Europe en continu.
"Je suis un ancien abonné du Parc des Princes, qui a grandi entre la France et les États-Unis", explique Julian Stein, fondateur du PSG Club New York en 2006. Le groupe a grandi petit à petit au point de devenir important. On vient de fêter nos 15 ans d’existence en février". 14 mois après le début de la pandémie, la vie a repris à New York sous l’impulsion d’une campagne agressive de vaccination (34% des New-Yorkais ont déjà reçu au moins une dose au 7 avril). Les bars ont pu rouvrir à 50% de leur capacité d’accueil depuis le 19 mars, une bonne nouvelle qui permet aux supporters parisiens expatriés de pouvoir de nouveau se retrouver.

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Une ambiance comme au stade

La salle de la Football Factory est coupée en deux à l’occasion de ces matches allers des quarts de finale de la Ligue des champions. Il y a du côté gauche quelques supporters de Chelsea venus encourager leur équipe face à Porto, et à droite une quarantaine de supporters parisiens debouts derrière un immense drapeau aux couleurs du club. "Allez Paris ! Allez Paris ! Allez Paris Paris Paris !", se mettent à chanter en chœur une dizaine d’entre eux au coup d’envoi. Il s’agit des Panam Hell Fighters, un groupe d’amis qui constitue le noyau dur du PSG Club New York. "Nous nous occupons ensemble de la gestion de l’association, de l’organisation des événements et des animations pendant les matches", raconte Julian Stein.
Parmi eux Fabien Bourdon, 43 ans, qui a dû "poser une demi-journée de congé pour venir", Youri Vaisse, qui a "la chance d’avoir un super boss qui me (lui) laisse du temps libre", et Pierre Watiez, un quinquagénaire travaillant à son compte dans la finance, qui débarque tout juste du bureau en costume cravate. "Je suis un éternel optimiste. Même si on n’est pas bien en ce moment, je vois une victoire 3-2 de Paris", lâche-t-il assez sûr de lui.
Ces fans du PSG de la première heure ont à peine eu le temps de gouter à leur première bière que Mbappe donne déjà l’avantage à son équipe au bout de trois minutes du jeu. Pierre Watiez, qui a ajouté une écharpe du PSG sur ses épaules, s’improvise capo cette après-midi (le chef de kop qui lance les chants dans les stades). "Ici c’est…. PA-RIS !", chante-t-il, repris ensuite par tout le monde : "ici c’est…. PA-RIS !". L’ambiance monte encore d’un cran quand Draxler croit doubler la mise sur un service de Neymar à la 12ème minute, avant d’être signalé hors-jeu. Mais ce n’est que partie remise puisque le Legends se transforme en véritable Parc des Princes au moment du deuxième but de Marquinhos à la 28ème minute. "Maro-quinhos, on t’aime !", peut-on entendre au milieu des cris de joie.

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Des supporters américains et brésiliens du PSG

Certains supporters au fond de la salle semblent également apprécier le spectacle, bien qu’ils ne chantent pas. La raison est toute simple : ils ne sont pas Français. Saul Fuentes, 23 ans, est originaire du Bronx. Il est devenu un grand fan du PSG depuis le passage d’Ibrahimovic dans la capitale française entre 2012 et 2016 : "Je regarde tous leurs matches, surtout en Ligue des champions. J’aime beaucoup Neymar et Mbappé".
Le jeune homme, serveur dans un restaurant, explique que le PSG est de plus en plus populaire à New York : "J’ai plusieurs amis qui sont fans de Paris. Ça a vraiment commencé après la Coupe du monde 2018, où tout le monde parlait de Mbappé, et ensuite avec la finale de Ligue des champions l’année dernière contre le Bayern". Devant lui est assis est un autre fan étranger du PSG, Caique Bruscargin. Ce jeune Brésilien expatrié à New York ne rate jamais un match de son équipe préférée, énumérant fièrement en anglais les récentes rencontres de Ligue 1 qu’il a regardées. "J’ai vu contre Lille, Lyon, Nantes et même Angers !".

Les fans du PSG à New York (crédit : PSG Club New York)

Crédit: Eurosport

Les sourires se crispent ensuite coup sur coup, quand Marquinhos doit sortir à la 30ème minute après une blessure, puis quand l’ancien Parisien Choupo-Moting marque de la tête pour ramener le Bayern à 2-1 à la 37ème minute. Mais Pierre Watiez, infatigable, relance la machine avec le chant "Debout sur la tribune", repris encore une fois par tout le monde.
L’arbitre siffle finalement la mi-temps sur le score de 2-1 pour Paris. C’est le moment de la pause cigarettes, le bar se vide pendant 15 minutes le temps de fumer et de revoir la lumière du jour sur la Cinquième Avenue. "Le Legends est l’endroit parfait pour se rejoindre, car c’est très central avec de nombreuses lignes de métros accessibles, explique Julian Stein. On a commencé au Nevada Smiths il y a 15 ans, un pub irlandais d’East Village qu’on partageait avec les supporters de l’OM. C’était chaud au moment des classiques", se souvient le Franco-américain dans un sourire.
Les Marseillais de New York disposent également de leur propre groupe de supporters, l’OM New York, dont le QG se trouve désormais à quelques blocs seulement du Legends. "Plus sérieusement, je garde des supers souvenirs de ces matches contre l’OM au Nevada Smiths, avec plus de 300 expats, tous une bière à la main à trinquer ensemble, confie le Parisien de 36 ans. Avant le Covid, on organisait aussi pas mal de déplacements pour voir les matches du PSG lors de leur tournée américaine, et également des voyages en France pour aller au Parc des Princes".

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Des accolades et des bières

La deuxième mi-temps reprend comme la première, à base de chants et d’écharpes agitées frénétiquement. "Il ne nous manque que notre tambour, mais on n’a pas le droit de l’utiliser en ce moment. Soi-disant que ça fait trop de bruit", plaisante Pierre Watiez. "On a eu pas mal de chance en première mi-temps, mais je reste confiant. Ça va se finir à 3-2 pour Paris", ajoute Julian Stein, qui comme Pierre Watiez aurait dû parier sur le score de la rencontre.
Les Munichois font l’assaut du but parisien en début de seconde période, avec des tentatives successives d’Alaba (53ème) et de Pavard (54ème) avant que Muller n’égalise de la tête à la 60ème. Le silence se fait tout à coup pesant au Legends, le temps pour les Panam Hell Fighters d’engloutir déjà leur quatrième ou cinquième bière chacun, malgré l’horaire (16h15). Puis c’est finalement l’explosion de joie huit minutes plus tard, quand Mbappé s’en va inscrire son deuxième but de la soirée pour le 3-2. À ce moment-là, la distanciation sociale se transforme en accolades et en câlins, les tables faisant office de tambour.
"Everyone has a beer ? Cheers !" (Tout le monde a une bière ? Santé !), crie Pierre Watiez au reste de la salle en levant son verre. L’après-midi se termine sur une victoire assez inespérée du PSG accompagnée du chant "Merci Paris". Caique Bruscargin en profite pour quitter sa chaise et aller serrer dans ses bras chacun des Panam Hell Fighters : "Vous avez entendu ? J’ai essayé de chanter comme vous tout le long du match !".
Cinq minutes à peine après la fin de la rencontre, le bar est déjà presque vide, les clients étant soudainement rappelés à leurs obligations professionnelles ou familiales. Le temps pour Julian Stein et les Panam Hell Fighters de vendre quelques t-shirts et écharpes aux couleurs du PSG. "Ça fait partie des manières de faire rentrer un peu d’argent dans les caisses de l’association, en plus d’une cotisation annuelle de 20$ pour en faire partie, explique son fondateur. On a des bonnes relations avec le Paris Saint-Germain. Ils ont compris que c’était positif pour eux d’avoir un réseau de fans aux États-Unis et à New York", ajoute-t-il en nous montrant un maillot dédicacé du PSG datant de 2015 encadré sur un mur du bar.
Le rendez-vous du prochain match est déjà fixé. Ce sera samedi matin à 11 heures contre Strasbourg avec encore Pierre Watiez en chef d’orchestre : "Je n’ai plus de voix, mais je vais me faire une tisane et ça repartira samedi".
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