C’est le souci quand vous touchez les étoiles dès vos débuts : la suite de votre carrière ne peut être analysée qu’à travers ce prisme. Il en va ainsi pour les joueurs mais aussi pour les entraîneurs. Et Pep Guardiola est celui qui illustre le mieux ce mal. Son FC Barcelone a tutoyé la perfection dès ses débuts. 2009 et ce mythique sextuplé. Puis est venue 2011, la symphonie ultime, face à Manchester United. "C'est la meilleure équipe d'Europe, ça ne se discute pas, avait lâché, ébloui, Sir Alex Ferguson à Wembley cette nuit-là. Dans ma carrière de manager, je n'avais jamais défié une équipe aussi forte. Tout le monde le reconnait et je l'accepte : pas facile de faire autrement quand on est battu comme ça. Personne ne nous avait donné une raclée comme celle-là".
Architecte de cette réussite, Guardiola récoltait les lauriers, logiquement. Ce devait être le début d’une longue domination, marquée de son sceau. Ce fut une longue disparition. Si le technicien a largement alimenté l’actualité de la décennie passée, son nom n’est plus réapparu sur la feuille de match d’une finale de Ligue des champions. Dix ans rythmés par des titres nationaux incontestables et magnifiques, à Munich puis à City. Mais aussi par des échecs européens cuisants donnant à ses détracteurs une formidable excuse pour lui tomber dessus. Et écornant fatalement son image de tacticien divin.
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Alors, ce vendredi, Guardiola préférait savourer dans l’auditorium de Porto. "Bien sûr que je me souviens de cette dernière finale, a-t-il souri. Ce genre de matches, cette performance, surtout contre le Manchester United de Sir Alex Ferguson… Je me souviens surtout de la manière dont on a joué, je m’en souviens très bien, c’est un super souvenir. Mais dix ans, c’est vraiment loin maintenant".

Pep Guardiola porté aux nues après le sacre européen du Barça en 2011

Crédit: Imago

De Bruyne l’assure, Guardiola est plus détendu

La place est au présent : avec ses Citizens, Guardiola veut régner. Et régaler, comme à son habitude. "Je suis l’homme le plus heureux du monde d'être là, c’est un privilège, a-t-il glissé, ravi. On va faire de notre mieux et on espère faire une bonne publicité au football". "Je sais exactement la façon dont on veut jouer, avec qui on va jouer, a-t-il expliqué avant de prendre son rôle de coach expérimenté à cœur. Je sais exactement ce que je vais leur dire. Les gars qui seront anxieux ou nerveux, je leur dirai que c'est normal. Il faut gérer ça. Ce n'est pas une mauvaise chose, ça arrive. Et les gars qui sont plus calmes et détendus, c'est bien aussi".
Ainsi est devenu Guardiola : chill et flexible. "Cette saison, on a moins fait de séances purement tactiques, moins de réunions, c’est sûrement dû au fait qu’on avait beaucoup de matches mais il nous a donné plus d’espaces pour respirer, a d’ailleurs révélé Kevin de Bruyne, de passage après son coach. Il a vu que ça fonctionnait comme ça, que l’équipe lui répondait, était mobilisée et je pense que ça a joué dans le fait qu’il soit plus relax".
Alors, métamorphosé Pep ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Comme toujours, le Catalan a un plan. Mais il n’aura cette fois-ci plus peur d’en changer. "Tout le monde veut gagner mais pour gagner il faut jouer, a-t-il rappelé en préambule. Et parfois on veut jouer d'une façon, mais le football et l'adversaire vous imposent autre chose et il faut s'adapter aux circonstances (...) Je suis assez convaincu qu'on va devoir souffrir pour gagner la finale. Dire qu'il faut y aller pour prendre du plaisir, c'est bien, mais parfois ce n'est pas possible. La plupart du temps il faut souffrir, il faut faire preuve de résilience, s'adapter dans les mauvais moments du match qui vont arriver".

"City veut créer une hégémonie, comme le Barça ou le Real à l’époque"

Sur le long terme à City

Cette capacité d’adaptation, nouvelle chez ces Skyblues, a payé plus que de raison jusqu’ici avec un parcours létal mais presque moins emballant. Mais seule la victoire est belle paraît-il. Alors, Guardiola visera samedi de devenir l’égal de Bob Paisley, Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane au nombre de titres remportés en C1. Avant de plier bagages et retenter une expérience, ailleurs ? Sûrement pas. "Peu importe ce qu’il se passe samedi, je vais rester à Manchester City", a-t-il expliqué, comme une évidence, alors que le retour de Joan Laporta à la tête du FC Barcelone a fait tourner la tête à certains médias catalans.
En Angleterre, Guardiola a trouvé la terre promise pour son management. "Ici, on doit au manager tout ce dont il a besoin, a-t-il expliqué en comparant avec ses expériences passées. Des investissements, bien sûr, je ne peux pas le nier mais pas uniquement. J’ai des amis dans la hiérarchie au-dessus de moi et les joueurs me considèrent aussi parce que j’ai le soutien de ceux au-dessus de moi. Je me sens à l’aise avec mon staff, j’ai tout ce dont j’ai besoin. Je ne peux pas demander plus pour faire mon travail du mieux que je peux, c’est aussi simple que ça". La plénitude au boulot en somme. Ça valait presque le coup d’attendre dix ans…

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