A l'heure où leur rêve le plus cher (au propre comme au figuré) est de fermer la Ligue des champions pour en faire un entre-soi mondain du milieu de semaine, de multiplier les matches comme d'autres multipliaient les pains, la saison en cours est en train de leur rappeler que le sport, tant qu'il a encore son mot à dire (jusqu'en 2024 possiblement), traîne dans son sillage une part plus ou moindre grande d'incertitude. Eux, ce sont les puissants du Vieux Continent. Et la saison actuelle, dont les repères ont été balayés par la crise du COVID, pourrait bien leur jouer un sale tour, sportif et économique. Drôle d'ironie.
C'est assez rare pour être signalé mais, alors que le printemps s'installe tant bien que mal en Europe, quelques (très) puissants sont menacés de ne pas participer à la prochaine Ligue des champions. Ce qui, pour beaucoup d'entre eux, n'était pas arrivé depuis belle lurette.
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La Juventus Turin est le cas le plus symbolique de tous. Le club piémontais, qui entretient une relation d'amour-haine avec la C1, court après un troisième sacre depuis un quart de siècle. Les hommes d'Andrea Agnelli, défenseur en chef de l'inéquité sportive, n'ont plus manqué le rendez-vous des géants depuis… 2011/2012. A cette heure, la Vieille Dame, qui a empilé les titres de champion comme des perles (9 de suite), est en ballottage pour une participation à la prochaine C1. Actuelle troisième du championnat d'Italie après sa victoire de mercredi face à Naples, la Juve possède trois points d'avance sur les joueurs de Campanie (5e). Un matelas très léger quand on connait l'inconstance piémontaise cette saison.
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Un fauteuil pour trois

En Angleterre, le Big Four est toujours trop petit pour la masse de prétendants. Mais il a rarement été aussi gêné aux entournures que cette année. Derrière les deux clubs de Manchester pointent deux incongrus : Leicester et West Ham. Si les Foxes ont été sacrés en 2016, il y a peu de monde qui imaginait retrouver Rodgers et sa bande mettre les deux pieds sur le podium, avec… les Hammers dans leur sillage. A cette heure, trois victimes de choix ne seraient pas de la fête l'an prochain en C1 : Chelsea (5e, 51 points), Tottenham (6e, 49 points) et Liverpool (7e, 49 points). Parmi ceux-là, il y aura forcément un malheureux. Voire deux, tant Leicester possède de la marge (3e, 56 points). Reste West Ham (4e, 52 points). Le printemps sera chaud.
La Bundesliga n'est pas loin d'avoir rendu ses verdicts. Pour le titre de champion, ça s'est décanté le week-end dernier : le Bayern a pris ses aises en battant Leipzig. Pour la Ligue des champions, ça paraît réglé également aux dépens de… Dortmund. Saison bizarre, ratée (hormis en C1…) et le Borussia, 5e à sept unités de Francfort, solide 4e, peut oublier le top 4. Et sans doute faire une croix sur Erling Haaland, qui n'a sans doute pas envie de passer une année à jouer la Ligue Europa, voire la nouvelle coupe d'Europe des petits, la Ligue Europa Conference. L'effet papillon à son paroxysme.
En Espagne, après un démarrage diesel du Barça notamment, tout est rentré dans l'ordre des choses. Atlético, Real Madrid et FC Barcelone en seront. Reste à savoir qui sera champion.

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Reste le cas de la France, avec pour la première fois depuis l'arrivée de QSI il y a une décennie, une menace comptable au-dessus des têtes parisiennes. Après la défaite concédée face à Lille (la 8e de la saison), le Paris Saint-Germain se retrouve plus proche d'un strapontin pour la Ligue Europa (deux points d'avance sur l'OL, 4e) que d'une dixième couronne nationale (trois unités de retard sur le LOSC). Évidemment, il n'y a pas le feu au lac mais la situation est suffisamment exceptionnelle pour être soulignée, liée aux insuffisances parisiennes tout autant qu'à l'émergence d'un top 4.
La saison où Paris avait vu Monaco décrocher la timbale (2016/2017), le club de la capitale comptait 17 points d'avance sur Lyon (4e) au même stade de la compétition. Depuis l'arrivée de QSI, jamais la question d'une non-qualification du PSG en C1 via la L1 ne s'était posée. C'est le cas cette saison où, dans la capitale, les milieux de semaine sont plus réjouissants que les week-ends.

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