C’est l’histoire d’un vernis qui n’en finit plus de craqueler. Et de révéler, match après match, de quel bois est fait Thomas Tuchel. Arrivé en grande pompe en 2018 avec l’ambition de relever Paris et de le relancer tactiquement, l’Allemand semble avoir fait le tour de la question. Sans pour autant avoir trouvé une réponse durable.

Mardi, après la victoire minimaliste à domicile face à Leipzig (1-0), l’Allemand était sur la défensive. Comme souvent ces dernières semaines. Déjà tendu au micro de RMC Sport après la rencontre, l’entraîneur parisien n’a pas supporté de nouvelles questions en conférence de presse : "Je suis fatigué de répondre toujours à vos questions, a-t-il expliqué, visiblement lassé. Si vous avez le courage, des couilles, allez demander aux joueurs dans le vestiaire. Les gars sont morts... ils ont joué avec du coeur". Une sortie surprenante qui traduit l’exaspération réelle mais aussi son manque d’autocritique et de contrôle de soi dans l’affaire.

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Le miracle de Lisbonne, le mirage de Paris

Tuchel a raison de pointer les blessures et la fatigue dans ce calendrier complètement dément qui a été imposé au PSG depuis le Final 8. De tous les clubs européens, le dernier finaliste de C1 est sans doute celui qui a le moins pu souffler entre sa finale lisboète et ses affaires hexagonales. Et l’un de ceux qui est le plus touché par ces éléments hors terrain. C’est à travers ce prisme que doit se lire cette saison sans queue ni tête parisienne. Mais, dans l’histoire, le coach parisien a la mémoire courte.

Car les limites de son PSG, blessures ou pas, existent depuis de nombreux mois. Au fond, qui peut garantir que l’Allemand serait encore aux commandes du bateau parisien sans ce miracle à la sauce Choupo-Moting à Lisbonne ? Personne. Car le crédit de Tuchel au PSG ne tient plus qu’à un fil, ou plutôt à un chèque, celui du coût de son licenciement. Son Final 8 n’aura confirmé qu’une chose : l’ultra dépendance de son plan de jeu à ses stars, notamment Neymar, et une identité tactique proche du néant au milieu de terrain sans Verratti.

Mais Tuchel est bien là, soutenu par un vestiaire qu’il continue de protéger et conforté, malgré tout, par des résultats qui ne disent pas grand-chose du niveau réel parisien. Où va Paris ? On ne sait pas vraiment. Pour l’Allemand, en revanche, la réponse se dessine bien plus nettement. Et peut expliquer, en partie, cette fatigue face aux éléments extérieurs contraires.

Ce PSG a-t-il un avenir en C1 ?

Le Tuchel connu en Allemagne

Fragilisé depuis le retour au pouvoir de Leonardo, Tuchel a perdu dans son combat d’influence avec le Brésilien. Sa sortie alarmante à quelques jours de la fin du mercato a mis de l’huile sur un feu qui ne demandait pas à être ravivé. En interne, cette prise de position a été mal vécue, par Leonardo en premier lieu. Depuis, Tuchel se sait condamné. Et lâche ses coups, comme un boxeur qui n’a plus rien à perdre.

Son attitude rappelle ainsi ses départs agités du côté de Mayence mais également de Dortmund où, en désaccord avec sa direction, il n’avait cessé de jouer la rupture, avec un style parfois hautain et cassant. De quoi rappeler le Tuchel entrevu au Parc des Princes. Pas forcément de bon augure. Pour le PSG d’abord. Mais pour lui aussi s’il souhaite rebondir, un jour, dans un club au standing proche du champion de France. Pas sûr que ce genre d’écart verbal soit bien vu en Bavière, par exemple

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