De notre envoyé spécial à Madrid
On a cru qu'ils avaient appris, qu'ils avaient mûri. On pensait qu'on ne les y reprendrait plus. Naïfs que nous avons été de croire que le PSG était soigné. Que cette fois-ci, à force de passer tout près et d'amasser toutes les plus grandes stars de ce jeu, il finirait par y arriver. Que tel était après tout le destin d'un club finaliste puis demi-finaliste lors des deux dernières saisons. Mais Paris s'est fait rattraper par la réalité d'une compétition qui ne supporte aucune baisse de tension et couronne ceux qui savent souffrir ensemble. Le PSG ne sait pas souffrir et n'a jamais été ensemble. Il s'est nourri d'illusions dans le sillage d'un Kylian Mbappé qui n'a jamais été aussi fort. Mais quand il ne suffit plus, comme mercredi à Santiago Bernabeu, et que les lacunes apparaissent au grand jour, la sanction est immédiate.
Ligue 1
Que donnerait la défense du PSG avec Skriniar ?
IL Y A 5 HEURES
Voilà donc le club de la capitale rattrapé par ses démons. Ceux de 2017 bien sûr. Comme au Camp Nou, le PSG s'est sabordé alors que la situation ne pouvait pas lui échapper. Pour la quatrième fois depuis 2011, il est éliminé après avoir remporté la manche aller. Aucun club européen ne possède un bilan aussi accablant en Ligue des champions. Ce n'est plus un accident, c'est un syndrome. Imagine-t-on seulement un instant les autres prétendants à la victoire finale comme le Bayern, Liverpool, Manchester City ou... le Real sombrer de la sorte sans que rien ne l'y prépare ?
Mercredi, alors même que ni l'égalisation du Real ni le deuxième but de Benzema ne l'éliminaient de la course, Paris s'est décomposé inéluctablement. Comment expliquer un tel black-out ? Parce que face à la vague merengue, porté par 62 000 personnes, le PSG n'a opposé aucune solution collective et que chacun a disparu dans son coin. L'effondrement, déclenché par la légèreté de Gianluigi Donnarumma, est, lui en revanche, collégial.

Y avait-il faute sur Donnarumma ? "Ça peut se siffler mais ça n'explique pas le trou noir du PSG"

Messi, Ramos et l'échec du pari galactique

De la direction au coach, des joueurs à l'environnement d'un club qui n'a jamais su placer l'institution au-dessus des individus. Tout le monde a sa part de responsabilité. En 16 minutes chrono, l'équipe s'est auto-détruite. Parce que d'équipe, justement, il n'en est que trop rarement question. La direction sportive a pensé qu'il suffisait de réunir les meilleurs joueurs du monde pour marcher sur l'Europe, oubliant que c'est la force du collectif qui a couronné Chelsea, le Bayern et Liverpool ces dernières années.
A ce titre, s'il fallait attendre le verdict de la Ligue des champions, puisqu'il n'y a que ça qui compte, pour juger les arrivées de Lionel Messi et Sergio Ramos, le constat est sévère et sans appel. Le premier n'a rien fait de décisif sinon rater un penalty en 180 minutes face au Real quand le second, incapable d'enchainer deux matches depuis son arrivée, a contemplé le désastre des tribunes. Rare satisfaction du dernier mercato, Gianluigi Donnarumma a failli au moment le plus critique. Responsable de la politique sportive, Leonardo aura des comptes à rendre surtout s'il ne parvient pas à retenir le seul joueur à la hauteur de l'évènement, celui qui porte cette équipe depuis des mois, Kylian Mbappé.

"Moins spectaculaire que la remontada de 2017 mais la déflagration est peut-être aussi importante"

Pochettino, Leonardo, QSI : Tous coupables

Ce fiasco ne condamne pas Mauricio Pochettino, dont le sort semblait déjà réglé quelque soit l'issue de ce 8e de finale. Incapable de donner une direction et une cohésion collective à son groupe, l'Argentin, qui s'est caché derrière l'arbitrage mercredi, paie ses nombreux errements : sa volonté de ne pas dégager de hiérarchie claire dans le but, son incapacité à prendre le dessus sur son vestiaire, sa passivité constante. Dès que le vent s'est levé au Bernabeu, son château de cartes s'est écroulé précisément parce qu'à force de bâcler les affaires courantes en L1, il manquait de fondation.
Il finit son aventure sur un retentissant échec mais il n'est pas certain qu'il regrette Paris, lui qui semblait lassé depuis bien longtemps par les évènements. Car pouvait-il au moins avoir la main sur un groupe qu'il n'a pas choisi, sur des individualités qui lui ont été imposées ? QSI n'a jamais mis ses entraîneurs dans les conditions nécessaires à leur réussite et il ne faut pas s'étonner aujourd'hui qu'aucun d'entre eux n'ait laissé une trace alors même que Thomas Tuchel, rappelons-le, reste le dernier coach à avoir soulevé la Ligue des champions.

Mauricio Pochettino

Crédit: Getty Images

Et si Paris arrêtait de rêver plus grand ?

Il est temps désormais de trouver un nouveau mantra alors que les déconvenues successives n'en finissent plus de ringardiser le "Dream bigger" parisien. Et si le PSG arrêtait une bonne fois pour toute de rêver ? Et s'il changeait de logiciel ? Et s'il commençait par tirer les leçons de ses échecs ? Et s'il acceptait la réalité et s'engageait sur un nouveau modèle sans doute moins clinquant mais peut-être mieux adapté à l'exigence de la Ligue des champions ? Ce n'est pas son ADN certes. Mais celle-ci continue de la condamner en Europe alors, autant en changer.
Ligue 1
Le PSG et Pochettino auraient (enfin) trouvé un accord pour se séparer
HIER À 17:47
Ligue 1
Pochettino et le PSG, ça coince au niveau des primes de la saison... prochaine
28/06/2022 À 06:15