Pour Lille ou pour d'autres clubs français, les campagnes européennes n'ont pas toujours ressemblé à ce que les chemins empruntés pour y arriver laissaient augurer. Question de culture, de dimension. De modèle, aussi. Parce qu'il n'est pas un habitué de la Ligue des champions, et que la base de son économie repose justement sur des cycles courts, il était difficile d'imaginer retrouver le LOSC là où il est ce mardi soir, après son succès face à Salzbourg (1-0).
Sa défense du titre de champion de France, laborieuse, moribonde et, disons-le franchement, vaine, n'avait pas franchement élargi le champ des possibles. Mais en un exploit à Séville et une sacrée performance à Pierre-Mauroy, les Dogues ont démontré qu'il était aussi possible d'inverser le processus : mobiliser toutes ses forces en Ligue des champions, quitte à sacrifier un peu du pain quotidien.

La joie des Lillois après le but de Jonathan David face à Salzbourg, le 23 novembre 2021

Crédit: Getty Images

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Face à une équipe autrichienne fougueuse et insouciante comme en Andalousie avant la trêve internationale, les hommes de Jocelyn Gourvennec ont encore su trouver tout ce qu'ils n'ont pas toujours eu en championnat : de la cohérence, de la solidité et beaucoup d'intelligence dans leur gestion des temps forts et des temps faibles. Ces Dogues ne sont pas aussi flamboyants que la saison dernière, certaines de leurs individualités sont encore très loin de leur meilleur niveau.
Ce n'est pas sans conséquence
Mais dans ce qu'exige la C1 de chacune des équipes qui y participe, les Lillois ont rehaussé le curseur. "On s'est mis ce soir en mode Ligue des champions, avec de l'intensité, de l'engagement, a justement confié Gourvennec sur RMC Sport après le match. […] On avait dit avant le début de la compétition qu'on jouerait la Ligue des champions à 300%. Et c'est ce qu'on montre."
Alors, tant pis si l'une des contreparties est d'avancer à tout petits pas en L1 et d'occuper le milieu de tableau avant l'hiver. Lille n'avait jamais gagné à Pierre-Mauroy en C1, en neuf tentatives. Et son dernier succès "à domicile" remonte au 17 octobre 2006 ; les Dogues s'étaient imposés (3-1) face à l'AEK Athènes… à Bollaert. Un autre temps. "Ce n'est pas sans conséquence parce qu'on lâche des points en championnat aussi, a admis le technicien lillois. De cette manière, on fait honneur à la C1, et à la Ligue 1."
On a tendance à croire, aussi, que si les Dogues réussissent à aller au bout de leur idée, ils finiront par s'y retrouver, surtout financièrement - un ticket pour les huitièmes rapporterait un peu plus de dix millions d'euros. Économiquement, Lille en a bien besoin. Sportivement, il aurait tort de s'en priver. Ce serait du gâchis.
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