Jusqu’ici, le malaise était discret. Visible mais forcément audible. Jusqu’ici, le Parc se montrait patient et clément envers l'homme aux sept Ballons d’Or. Pourtant, jusqu’ici, il n’y avait pas de quoi être rassuré. Certes, Lionel Messi avait déjà marqué avec le PSG. Mais pour combien de prestations anonymes, de coups de rein anodins et soupirs timides dans les travées parisiennes ? Jusqu'ici, il y avait un doute Messi. Ce mardi, il n’est pas complètement balayé mais disons que Paris sait un peu plus sur quel pied danser. Oui, il reste bien quelque chose du génie de Barcelone.
Aligné comme faux numéro 9 mais avec beaucoup de libertés, "Leo" a démarré timidement, sur la lancée de ses prestations passées. Comment prendre la lumière quand l’éclair Mbappé magnétise la nuit parisienne ? En se mettant dans son sillage, sans doute. Sitôt son doublé en poche, le Français n’a semblé obsédé que par une idée : faire marquer Messi.
Mais le sort s’en est mêlé. Aux alentours de la demi-heure de jeu, on a senti Messi monter en puissance. Mais baisser en précision. Le gardien adverse, la jambe d’un défenseur ou simplement un mauvais ajustement de jambes au moment de déclencher : on a bien cru que Messi terminerait ce match sans marquer. Et puis…
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La magie est revenue, au moins brièvement

Et puis Messi est redevenu Messi, celui dont on dessine à l’avance le mouvement, celui dont on devine en amont la destination. Servi par… Mbappé, l’Argentin a sorti sa spéciale pour se remettre sur les rails : une fausse piste avec Hakimi sur sa droite, une mise en orbite parfaite et un délice d’enroulé pour faire chavirer le public parisien (3-0, 38e). Niveau sonore, pas sûr qu’une réalisation en C1 cette saison puisse rivaliser avec l’irruption de joie descendue des tribunes. Ou plutôt de soulagement, comme si le Parc attendait ça depuis trop longtemps.
Ce fut le début d’un quart d’heure où Messi aura retrouvé le génie qu’on lui connaît, avec des galettes à gogo (cette ouverture pour Mbappé juste avant la mi-temps, humm). Ce fut le retour des sourires et sans doute la prestation la plus aboutie offensivement depuis un certain temps. Ce n’était que Bruges mais au moins a-t-on vu un semblant de progrès et de ligne directrice.
Au final, c’est auteur d’un doublé que l'Argentin a quitté la pelouse, tout sourire. Interrogé après coup sur son insistance quant à faire marquer Messi, le détonateur Mbappé n’a pas hésité à confirmer que tout Paris poussait dans le même sens pour voir briller son Ballon d’Or. "On va avoir besoin de lui quand les matches vont compter, donc c’est bien qu’il arrive dans les meilleures dispositions pour ces rencontres, a-t-il avancé au micro de RMC Sports. Marquer deux buts va encore l'aider à s'adapter au mieux à notre équipe. Je suis sûr qu'il va nous aider au maximum dans les prochaines semaines."

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Une avancée sur l’animation ?

Les prochaines semaines, justement. Elles seront finalement peu nombreuses tant février arrivera vite. Mais mardi, si Messi a réussi à faire ce qu’il ne faisait pas jusque-là, c’est aussi qu’autour, tout allait mieux. Dans un 4-3-3 classique avec Verratti en sentinelle, c’est un trident offensif ultra-libre qui a pu officier, avec un Messi complètement libéré par les énergies de Mbappé et Di Maria à ses côtés. "Nous en avions parlé avant le match, ils devaient se sentir libres, ainsi révélé Mauricio Pochettino après coup au micro de Canal +. Avec le talent qu'on a dans cette équipe, il faut profiter et s'amuser. Je pense toujours qu'on travaille dur, qu'on essaye de créer un lien entre ces joueurs. C'est juste une question de temps avant que ce lien n'apparaisse".
Au point d'utiliser le mot de "déclic" en conférence de presse, preuve que la soirée fut belle pour celui qui se creuse la tête depuis août pour intégrer pleinement son compatriote à ses schémas offensifs. Ce mardi, on a entrevu le maître à jouer barcelonais, à défaut de l’avoir pleinement retrouvé. Sa connexion avec Mbappé est prometteuse, son entente avec Verratti évidente et sa complicité avec Di Maria naturelle. Son déficit défensif fut, un temps, couvert par ses deux compères. Bref, ce fut plus fluide. Donc ce fut bien mieux. Quand on fait allégeance au roi…

La joie de Lionel Messi face à Bruges

Crédit: Getty Images

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