Verratti, le seul et unique baromètre du PSG

On peut le dire facilement, surtout après les évènements du soir : si Paris est dépendant d’un joueur, c’est de Marco Verratti. Les années passent, les stars défilent mais le constat reste identique : le Petit Hibou est unique et, sans lui - comme cela arrive malheureusement trop souvent -, Paris ne scintille jamais vraiment complètement. Absent depuis le début du mois de septembre sur blessure, l’Italien avait vu ses copains gagner mais sans réellement impressionner en championnat. Et, en C1, la copie de Bruges ressemblait à un brouillon illisible.
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Avec Verratti, tout est rentré dans l’ordre mardi face à Manchester City (2-0) et chacun a retrouvé sa fonction première : Gueye a pu s’amuser à martyriser les milieux adverses par sa couverture tout terrain, Neymar et Messi ont pu recevoir la gonfle plus haut sans avoir à redescendre constamment et Marquinhos et Kimpembe ont pu s’appuyer sur une sentinelle exceptionnelle de vista à la relance. Bref, Verratti fut immense avant de plonger physiquement et ce rôle de sentinelle lui va comme un gant. De quoi tomber "amoureux", comme Pep Guardiola.
Quand Pochettino est arrivé, c’est dans un rôle de numéro 10 qu’il avait tenu à installer l’Italien, avec un résultat intéressant, notamment au Camp Nou. Messi ayant débarqué cet été, il lui a donné un rôle taillé pour lui ce mardi : celui de regista. Pour tout ce qu’il apporte et pour toutes les énergies qu’il libère, ce serait dommage de lui en attribuer un autre.

Verratti sentinelle, la trouvaille de Pochettino qui change tout

Un onze incontestable et des modifications à la marge

Mauricio Pochettino avait tout changé à la mi-temps face à Bruges (1-1), remplaçant Leandro Paredes et Georginio Wijnaldum dès la fin du premier acte. Ce mardi, il a carrément hésité à ne rien modifier jusqu’au coup de sifflet final avant de finalement faire souffler un Verratti (sorti à la 78e) qui en avait bien besoin et un Gueye qui méritait son ovation (remplacé à la 90e). Des changements qui disent déjà beaucoup du gouffre qui se crée entre un onze quasiment indiscutable et des remplaçants qui auront du mal à se défaire de cette étiquette.
L’utilisation de Verratti en sentinelle et les débuts de saison "canon" de Gueye et Herrera ont changé les équilibres. Difficile d’imaginer un Paredes s’inviter à la fête si l’Italien reste dans cette position. Difficile de substituer un Wijnaldum franchement neutre depuis son arrivée à l’Espagnol, précieux, discret et souvent décisif.
Derrière, le constat s’applique presque partout et on souhaite bien du courage à Sergio Ramos pour aller chiper la place d’un Presnel Kimpembe ultra-complémentaire de Marquinhos et précieux par son impact physique. Malgré un match timoré, Nuno Mendes est amené à rester le propriétaire du poste, surtout si Juan Bernat ne revient pas réellement.
Et devant, le trio est intouchable et va continuer de le rester s'il continue sa montée en puissance. La vraie question sera surtout de faire une place à Angel Di Maria, présent face à l’OL. Mais pour enlever qui ? Personne. Face à City, les absents ont eu plus que jamais tort…

"L’association la plus alléchante devant, c’est Mbappé-Messi"

Donnarumma a tout d’un numéro un en puissance

On a menti : plutôt qu’un onze, c’est un dix qui se dégage. Parce que le PSG a décidé de faire les choses autrement - sans qu’il en subisse les conséquences jusqu’à présent - deux gardiens de très haut niveau se livrent un duel au couteau. Dans ce match à distance, Donnarumma a marqué des points sur sa première affiche de C1.
Interventions décisives, carrure imposante dans les airs et anticipations bien senties auront rythmé une prestation de patron qui ne dit pas son nom. "Il a été sensationnel, a résumé Guardiola après coup. On est entré dans les trente derniers mètres pour marquer. On n'a pas réussi à cause de lui". Son jeu au pied est encore à parfaire ? Ca tombe bien, c’est aussi le principal défaut de Keylor Navas. Mais l'un a 22 ans, l’autre en a 34.
On ne saurait donner de ligne de conduite définitive tant Pochettino manie l’ambiguïté sur ce dossier. Mais ce mardi, Donnarumma a prouvé qu’il était bien sur la lancée de son Euro ahurissant. Et c'est bien Navas qui pourrait finir par être soufflé.

Gianluigi Donnarumma face à Raheem Sterling lors de PSG-Manchester City

Crédit: Getty Images

Le jeu de transition : quand tout sera réglé…

C’était déjà l’arme fatale du PSG l’an passé et ni le Barça ni le Bayern n’avaient su trouver la clé. Et il n’y a pas de raison pour que cela change, surtout avec Messi dans les parages. Sur les transitions offensives rapides, Paris n’a aucun équivalent en Europe. Parce que la vitesse de Mbappé combinée à la virtuosité de Neymar et la finition de l’Argentin ressemble à une arme de dissuasion nucléaire.
C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué Pep Guardiola après coup, estimant que le plus important était d’empêcher le PSG de toucher Mbappé en contre. C’est pourtant arrivé. Et Paris a connu du déchet, soit par imprécision technique soit par mauvais choix qui s’expliquent par un faible temps de jeu commun.
Alors, quand tout sera réglé… Si les différences avec la MSN sont réelles, la MNM jouit d’un pouvoir presque aussi dévastateur sur ces attaques rapides où les qualités intrinsèques des stars parisiennes collent parfaitement aux nécessités de telles actions. Pour Pochettino, c’est un travail à ne pas négliger : rendre le trio clinique sur ces phases de jeu, c’est s’assurer des scenarios de match bien plus tranquilles.

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